guatemala07092015

Lors du premier tour des élections présidentielles au Guatemala, qui a eu lieu dimanche 6 septembre 2015, c’est l’acteur et présentateur Jimmy Morales (il anime le programme “Moralejas” aux côtés de son frère Sammy), candidat du parti Frente Convergencia Nacional (FCN) qui est arrivé en tête avec 26,64 % des suffrages.

Son plus proche rival du parti Libertad Democrática Renovada, Manuel Baldizón, homme d’affaires millionnaire, a obtenu 17,88 % des voix, suivi de près par l’ancienne première dame, Sandra Torres, la représentante du parti Unidad Nacional de la Esperanza a récolté 16,88 % des voix. Des chiffres qui doivent être affinés au cours des prochaines heures par le Tribunal Suprême électoral et qui permettront de désigner le candidat qui affrontera Jimmy Morales.

En effet, dans l’histoire du Guatemala aucun candidat n’a atteint une majorité suffisante pour être élu au premier tour (à savoir plus de 50 % des suffrages) et les électeurs (7,5 millions d’électeurs dans ce pays d’Amérique Centrale) devront se rendre aux urnes pour un second tour le 25 octobre, ils devront alors choisir entre les deux candidats arrivés en tête lors du premier tour.
Les bureaux de vote ont fermé hier à 18 h, heure locale, les Guatémaltèques étaient appelés à choisir leur président, mais aussi vice-président, 158 députés au Congrès, 20 représentants du parlement centre-américain et 338 corporations municipales.

Le Tribunal suprême électoral a souligné le civisme qui a caractérisé cette journée de mobilisation électorale, le président doit être élu pour quatre ans et prendra ses fonctions le 14 janvier prochain. Toutefois, des plaintes pour irrégularités ont d’ores et déjà été déposées, elles seront étudiées par les autorités compétentes du pays. Le procureur des Droits de l’homme, a qualifié cette journée d’extraordinaire « La participation nous a surpris. Beaucoup d’affluence », a-t-il souligné.
Selon le TSE, ces élections célébrées depuis le retour de la démocratie en 1986 ont mobilisé 79% des électeurs, la participation la plus haute enregistrée depuis 2011. Morales, qui était pratiquement inconnu il y a quelques mois du milieu politique, a réussi à capitaliser la frustration du public contre la politique traditionnelle après une série de scandales entachés de corruption qui ont conduit à la chute du président Otto Perez Molina et plongé le pays dans sa pire crise politique depuis des décennies.

« Pendant 20 ans je vous ai fait rire, je vous promets que si je deviens président, je ne vais pas vous faire pleurer », a déclaré Jimmy Morales.

L’acteur de 46 ans a fait sienne la devise « ni corrompu, ni voleur », et a fait de la lutte anti-corruption son principal champ de bataille pour remporter les élections présidentielles, il a également affirmé qu’il était prêt à faire des alliances pour sortir victorieux des urnes au mois d’octobre.

Dans l’attente des résultats, Baldizón avait appelé les électeurs au calme en s’exprimant sur Twitter « Le Guatemala a fait preuve de civisme. Le Guatemala a changé, je vous demande d’être patients en attendant les résultats définitifs ». La campagne du député de centre-droit de 45 ans, qui au début de l’année était présenté comme le favori dans les sondages pour succéder au président Pérez Molina, a été victime des accusations de corruption à l’encontre de son acolyte Edgar Barquín, pressenti à la vice-présidence. L’ancienne première dame, Sandra Torres, ex-épouse d’Álvaro Colom s’est aussi exprimé sur les réseaux sociaux en affirmant « Le peuple a parlé et les politiques doivent entendre leur voix. Nous devons attendre les résultats définitifs dans le calme ».

Sur les 22 départements qui composent le Guatemala, Morales est arrivé en tête de liste à la capitale Guatemala city (avec 35,50 % des suffrages sur 95,86 % des bulletins dépouillés); à Sacatepéquez ( 33,51 % des bulletins) et à Chimaltenango (avec 33,74 % des suffrages).

« Au Guatemala, nous avons l’habitude d’exprimer un vote sanction, donc c’est un vote anti-Baldizon et anti-Sandra, qui représentent la classe politique normale« , a affirmé Sandino Asturia, analyste du Centre d’études du Guatemala.

Le futur chef de l’Etat, qui assumera ses fonctions en début d’année, aura pour lourde tâche de redonner l’espoir à la population guatémaltèque abattue par la corruption, et une pauvreté qui gangrène 54% des 15,8 millions d’habitants qui peuple ce territoire, par ailleurs il lui faudra également lutter contre les bandes criminelles liées au trafic de drogue (avec un taux de 39 homicides pour 100 000 habitants).