guatemala28092015

Dans une étude publiée par la Banque Interaméricaine de développement (BID), il est mentionné que le Guatemala est l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique, une situation qui a poussé les autorités à prendre des mesures permettant, entre autres, de réduire l’impact désastreux sur les champs cultivables. Depuis l’année 2000, ce pays d’Amérique Centrale aurait enregistré des pertes agricoles d’un montant estimé à 3 400 millions de dollars comme conséquence directe du changement climatique. En 2013, le président de la République, Otto Perez Molina, a adopté la Loi sur le Changement Climatique, l’objectif principal de cette politique est de « prévenir, de planifier et de répondre à une attention urgente, adéquate et durable aux impacts du changement climatique dans le pays ».

Par ailleurs, la mise en place du Fonds national du changement climatique a également été décidée par le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (MARN), avec, pour but, de mettre sur pied des projets de gestion de risques comme la création de plateformes agrométéorologique dans plusieurs communautés.
Cependant, parmi les 115 municipalités autochtones du Guatemala, les plus pauvres dans le pays, elles sont encore aujourd’hui, les plus touchées par les conséquences du changement climatique, avec des phénomènes météorologiques extrêmes comme des épisodes de sécheresse et des inondations.
L’extrême variabilité du climat a conduit différentes régions du pays à adopter les techniques ancestrales utilisées par les indigènes et qui permettent d’adapter les cultures à chaque saison et au climat dominant.

Pour cette raison, « The Nature Conservancy » (« La conservation de la nature ») a réalisé un catalogue qui comprend quelques idées simples et pratiques, adaptées en partie par les peuples autochtones, telles que le stockage d’eau ou encore une liste de semences indigènes qui s’avèrent plus résistantes aux inondations.
Selon l’organisation Germanwatch, le Guatemala figure parmi les 10 pays les plus vulnérables au changement climatique. Dans une autre classification établie par l’Organisation des Nations Unies, le pays occupe la quatrième place au niveau mondial et la première en Amérique latine.

La publication, intitulée « Les connaissances traditionnelles pour l’adaptation au changement climatique au Guatemala », propose aux Guatémaltèques une série de mesures, qui, alliées à la technologie, peuvent aider à réduire les effets négatifs du changement climatique.
Ces dernières années le Guatemala a subi des épisodes de sécheresse prolongés (en particulier dans le Corredor Seco) , mais aussi de fortes pluies, des conditions qui mettent à mal le secteur agricole, une perte alimentaire qui a impact direct sur 296 817 familles, selon des statistiques émises par le Secrétariat alimentaire et nutritionnel du Ministère de l’Agriculture et le Programme alimentaire mondial. Ce sont un million de personnes, parmi lesquelles 176 182 qui parviennent difficilement manger une fois par jour. Le pays présente l’un des taux de dénutrition infantile les plus élevés au monde, la moitié des enfants souffre de dénutrition chronique selon l’UNICEF.

http://www.usaid-cncg.org/wp-content/uploads/2015/03/Conocimientos_tradicionales_ccl_final.pdf

En 2014, le Corredor Seco qui traverse l’Amérique centrale a connu une sécheresse pendant les mois de juillet, août et septembre. Un moment critique, où le manque d’eau empêche le développement des cultures. On estime que sur les 275 625 familles touchées par la sécheresse, 70 % ont perdu leur première récolte et 80 % n’ont bénéficié d’aucune provision en céréales (PAM, 2014).
Cette année, ce sont quelque 51 000 hectares de maïs, dont dépend la subsistance de 70 000 familles pauvres, qui ont été perdus dans le nord du Guatemala en raison du manque d’eau.
La sécheresse dans la région, chaque année plus sévère en raison du changement climatique, est l’un des facteurs qui aggrave la pauvreté dans laquelle vivent des centaines de milliers de familles.
L’année dernière, 250 000 familles ont été touchées par la sécheresse, selon les données officielles, et cette année, le nombre pourrait être encore plus élevé, selon les projections officielles.
Pour remédier à la situation, le gouvernement va commencer la distribution dans les zones touchées de 4 000 tonnes de haricots et de riz donnés par le Brésil, a annoncé le Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Elevage, José Sebastián Marcucci.
Le ministre a précisé que l’approvisionnement en nourriture d’environ 110 000 familles sera complété et enrichi par de la purée de farine de maïs, une acquisition faite par le gouvernement à hauteur de 6,3 millions $, dont 500 000 $ ont été donnés par Taiwan.
« Nous allons faire deux versements, l’un en août et l’autre en septembre, car nous pensons qu’en octobre, les gens commencent à s’occuper de la récolte du café et de la canne à sucre ».

À la fin de l’année, un autre don de 5000 tonnes de nourriture émanant du Brésil devrait venir au secours de la population guatémaltèque, soit un total de 9000 tonnes qui ont été fournies par le pays sud-américain.

Chaque année des milliers de familles pauvres au Guatemala et dans le reste du pays d’Amérique centrale souffrent de l’absence de pluie, ce qui provoque la perte des cultures de subsistance.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a reçu au printemps 2015 une contribution de 5 millions de dollars par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) afin de soutenir le Honduras et le Guatemala.

Le don sera consacré à l’aide alimentaire de plus de 87 000 personnes dans les pays touchés par la sécheresse l’an dernier, et pour la récupération des effets persistants du phénomène. Le bureau régional pour l’Amérique latine et les Caraïbes du PAM a déclaré que les fonds seront utilisés pour aider les petits agriculteurs et les ouvriers à restaurer leurs moyens de subsistance et  à les renforcer contre les crises futures de ce genre. L’opération d’aide humanitaire impliquera la distribution d’espèces et de coupons pour l’achat de nourriture sur les marchés locaux. L’agence de l’ONU a expliqué que cette stratégie permettra également de renforcer l’économie. La contribution sera divisée en deux, 3 millions pour aider plus de 52 000 personnes au Guatemala, et 2 millions destinés à plus de 34 000 au Honduras.

Les données officielles indiquent que 53 % des 15,8 millions d’habitants du Guatemala vivent dans la pauvreté.