guatemala05102015

Les autorités guatémaltèques ont confirmé un triste bilan suite au glissement de terrain qui a meurtri jeudi une localité proche de la capitale, la modeste municipalité de Santa Catarina où 131 personnes ont perdu la vie tandis que 300 personnes sont toujours portées disparues.

Trois jours après cette catastrophe nationale, le bilan risque donc de s’alourdir alors que les pompiers, les secouristes s’affairent à retrouver des corps, certaines victimes non identifiables devront subir des tests ADN, alors que l’odeur des cadavres en décomposition encore prisonniers des décombres obligent les équipes de secours à porter des masques. Au fil des heures, la probabilité de retrouver des survivants diminue, « seul un miracle peut les sauver », a lancé le secouriste Inés de León. Le ministre de la Défense, le général Williams Mansilla, a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche la réduction drastique du nombre de volontaires venues apporter leur aide dans la région armés d’outils de fortune comme des pelles, le but étant de laisser les professionnels intervenir avec des machines de déblaiement alors que l’espoir de retrouver des personnes en vie sous les décombres est quasi nul après 72 h.

Des tragédies de l’ampleur de celle de Santa Catarina Pinula ne sont pas rares au Guatemala, un pays où l’extrême pauvreté touche plus de 60 % de la population, des conditions de vie qui contraignent une majorité d’habitants d’improviser des abris misérables dans des zones à risque. Selon les chiffres de la municipalité du Guatemala, rien que dans les zones marginales de la capitale, il y a 586 quartiers de fortune enregistrés. Tous sont classés comme zones à haut risque. Dans tout le pays, ce chiffre peut monter à plus de 900. Le recensement est compliqué par la constante migration de la population rurale vers les villes. Selon des estimations émises pas’ la Asociación de Investigación y Estudios Sociales, rien que dans la zone métropolitaine, 702 000 personnes vivent dans de mauvaises conditions. Le 4 octobre 2005, une catastrophe similaire s’était déjà produite, les victimes avaient été ensevelies sous une coulée de boue et de pierres, conséquences de l’ouragan Stan.
Quelque 125 maisons ont été détruites ou endommagées jeudi soir lors de ce glissement de terrain provoqué par de fortes pluies qui ont détruit le quartier d’El Cambray II dans la ville de Santa Catarina Pinula, situé à environ 15 kilomètres à l’est de la ville de Guatemala.

« Nous avons vu sur les réseaux sociaux que les gens ont indiqué les noms de personnes portées disparues après le glissement de terrain. Nous essayons de suivre ces pistes et de confirmer l’identité des membres de ces familles », a déclaré un porte-parole des pompiers Julio Sanchez Guatemala. Il s’agit de la tragédie la plus grande enregistrée dans ce pays d’Amérique centrale en cette année 2015, le bilan humain est plus lourd que les tremblements de terre de 2012 et 2014, ces deux désastres naturels avaient fait alors 45 morts.

Des centaines de personnes se sont tournées vers les centres de collecte pour donner de la nourriture et des fournitures pour les victimes de cette catastrophe. Alors que des sinistrés cherchent refuge dans des abris, ou encore auprès de leur famille et amis, d’autres disent adieu à leurs proches.
Les organismes de secours, travaillant sans relâche, ont retourné environ 17 000 mètres carrés de terrain dans la zone de l’avalanche, dimanche ce sont plus de 600 personnes et environ 40 véhicules à moteur qui ont œuvré dans la zone.
Le glissement de terrain a eu lieu jeudi soir après la crue de la rivière Pinula River provoquée par les fortes précipitations. La zone avait été déclarée à haut risque par le coordonnateur national de prévention des catastrophes (Conrad), mais malgré cela, les habitants démunis n’ont pas quitté leurs foyers modestes ne sachant où s’installer.

Le Guatemala a pu compter sur le soutien du Mexique qui a envoyé un contingent de 64 sauveteurs disposant de 16 chiens dressés pour épauler les secouristes locaux, de son côté les Nations Unies ont proposé leur aide.

Le Pape François a eu une pensée pour les victimes de cette catastrophe à la fin de sa bénédiction dominicale donnée depuis le Palais apostolique du Vatican. Après la prière de l’angélus du 4 octobre, le Pape a dit prier « pour les victimes du glissement de terrain qui a frappé tout un village au Guatemala et pour celles des inondations survenues sur la Côte d’Azur, en France ».« Nous sommes proches des populations durement touchées, également à travers une solidarité concrète » a affirmé le Saint-Père.