colombie12102015

Afin de réduire les dommages que pourrait causer le phénomène El Niño qui s’annonce comme fort en cette fin d’année 2015, une équipe d’experts de l’Office of Foreign Disaster Assistance (OFDA) des États-Unis est arrivée au Pérou pour soutenir les autorités dans leurs démarches de prévention en prévision des intempéries.
Brian A. Nichols, l’ambassadeur américain au Pérou, a expliqué que ces spécialistes étaient déjà intervenus en faveur des habitants touchés par le séisme de 2007 à Ica.
« Ils (membres de l’OFDA) ont travaillé en Haïti après le tremblement de terre et ici au Pérou, en 2007 par le tremblement de terre à Ica », a affirmé l’ambassadeur.
Le diplomate a également déclaré que le gouvernement américain aide financièrement en procurant une assistance technique pour la construction de centres d’évacuation dans les différentes régions du Pérou.
Les experts collaborent par exemple avec l’armée péruvienne à la construction de ponts dans des zones à risque où les glissements de terrain peuvent être dévastateurs.

Le Comité multisectoriel sur l’étude du phénomène El Niño (ENFEN) a indiqué qu’il y avait 55 % de chance pour que le phénomène El Niño soit d’une intensité similaire à celui de 1982-1983 ou encore de 1997-1998, c’est-à-dire d’une intensité forte à très forte.

Les autorités ministérielles craignent que les fortes pluies engendrées par El Niño dans les prochains mois puissent entraîner des maladies comme des « troubles aigus diarrhéiques, des infections respiratoires aiguës, le paludisme, la dengue, le chikungunya, la leptospirose ou encore des maladies infectieuses de la peau, entre autres ».

Durant l’année 1991, le Pérou a subi le fléau du choléra, une épidémie qui a tué environ 3 000 personnes. Actuellement, la maladie est contrôlée, mais, selon le ministère de la Santé (MoH), le risque de voir la maladie réapparaître n’est pas à écarter en cas de pluies intenses, et d’inondations, des intempéries qui peuvent causer de sérieux dégâts sur le réseau d’eau potable dans les villes du nord.

Napanga Omar, responsable au Bureau général de la Défense nationale (OGDN) au Ministère de la Santé, a donné l’avertissement : « El Niño peut produire et modifier le comportement des maladies telles que le choléra, le paludisme et la dengue, en provoquant des changements au sein de l’écosystème ».

Kelly Meza, spécialiste en risques épidémiologique a émis des alertes afin de préparer le ministère de la santé aux éventuelles conséquences sanitaires du Niño, « Les pluies peuvent à l’origine d’un refoulement des eaux d’ égout, il y a alors un risque de contamination pour les habitants. Par ailleurs, cela peut contraindre la population à stocker de l’eau potable dans des récipients et réservoirs, ce qui peut augmenter la prolifération de vecteurs comme le moustique ‘Aedes aegypti’ qui transmet la dengue et le chikungunya ». Parmi les autres maladies risquant de se développer en cas de montée des eaux, on peut mentionner la leptospirose et la peste bubonique transmise par les puces et rongeurs.

Les régions de Tumbes, Piura, Lambayeque, La Libertad, Ancash, Lima, Callao et Ica, Cajamarca, Huánuco, Pasco, Junín, Puno, Cusco, Arequipa, Amazonas, San Martín, Loreto, Ucayali et Madre de Dios vont donc faire l’objet de toutes les attentions.
El Niño est accompagné d’une hausse de la température dans la partie Est de l’océan Pacifique Sud et engendre des pluies torrentielles et des glissements de terrain dans les zones côtières voisines, ce qui provoque souvent des inondations dans les zones urbaines et agricoles. Dans la sierra (zone montagneuse), le Minsa prévoit une hausse des infections respiratoires comme conséquences des variations climatiques.

El Niño est un phénomène météorologique liée au réchauffement de l’océan Pacifique. Tandis qu’en Colombie, il provoque des sécheresses et des températures élevées, dans d’autres pays comme le Pérou il est à l’origine de précipitations dévastatrices.

L’intensité du phénomène météorologique El Niño, qui est à l’origine des sécheresses et d’incendies de forêt en Colombie est d’ailleurs passée de modérée à fort et va encore s’intensifier dans les prochains mois, des déclarations faites par le président Juan Manuel Santos il y a une semaine.
Un cinquième des municipalités du pays sud-américain fait déjà face à des mesures de rationnement de l’eau et cela pourrait se propager à près de la moitié des villes et villages colombiens.

« Nous devons continuer à économiser l’eau et de l’énergie parce que ce phénomène va se prolonger jusqu’au premier trimestre de l’année prochaine et peut atteindre des températures élevées avec des records dans l’histoire du pays », a déclaré le président Santos aux journalistes.
« Nous devons affronter la sécheresse dès maintenant et jusqu’à mars prochain (…) Ce qui nous attend va être très dur », a ajouté Juan Manuel Santos devant des représentants du secteur agricole à La Vega (centre), une des régions de Colombie les plus touchées par le manque d’eau et les incendies depuis plusieurs mois.

Le faible débit des principaux fleuves de Colombie, y compris le Magdalena, le plus important du pays qui se trouve dans une situation « critique », a alerté les autorités sur les effets dévastateurs de la sécheresse provoquée par le phénomène.
Le directeur de l’Institut d’hydrologie, et de météorologie Omar Franco a affirmé que la sécheresse subie par les régions andines et caraïbes est due à une accumulation d’effets indésirables.
Le déficit pluviométrique substantielle « de plus de 50 % durant le mois de septembre, » rejoint le phénomène El Nino qui a causé « une augmentation des températures entre cinq et six degrés dans certaines régions du pays », a déclaré Franco.

La Colombie a enregistré 70 incendies par jour au cours du dernier mois dernier et 3812 au cours de l’année 2015, a déclaré Santos. 60 % d’entre eux ont touché des terres agricoles, a-t-il ajouté. Actuellement, sur les 1100 municipalités en Colombie, 238 souffrent des restrictions d’eau.
Pour contrer la pénurie de précipitations et réduire le gaspillage de 43 %, Santos appelle à économiser l’eau et l’énergie, exhortant la population à prendre des mesures simples au quotidien comme prendre des douches plus courtes et à fermer le robinet au moment du brossage de dents.

Le président a également averti que les conditions météorologiques peuvent déclencher des épidémies de maladies telles que la dengue, le chikungunya et le paludisme, les réserves en eau faites par les particuliers attirant les moustiques porteurs de certaines infections.