bolivie16102015

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Ban Ki-moon a promis dimanche dernier dans la ville de Vila Vila, à Cochabamba (en Bolivie) d’éradiquer l’extrême pauvreté et de parvenir à l’égalité entre les sexes, y compris parmi les populations autochtones d’ici 2030 dans le cadre des objectifs pour le Développement durable. Le haut fonctionnaire, qui fait honneur à ses hôtes en portant un poncho traditionnel, a assisté à la deuxième conférence mondiale des peuples sur le changement climatique durant laquelle il a rappelé « que les peuples indigènes ne doivent pas être exclus ».

Ban Ki-moon a affirmé durant sa participation « lorsque nous mettrons en pratique l’agenda 2030 pour le Développement durable, nous devons agir en respectant les cultures et en faisant en sorte qu’il satisfasse les besoins des peuples indigènes et sa conception du bien-être ».

Ce n’est pas un hasard si Ban Ki-moon s’est exprimé sur ce point en Bolivie, en effet 40 % de la population de ce pays d’Amérique du Sud est d’origine indigène, et 36 ethnies sont reconnues dans la Constitution bolivienne.

Dans son discours, Ban Ki-moon a souligné que les populations natives étaient les plus vulnérables et les plus marginales au monde « malgré leur histoire, leurs traditions, leurs langues et leurs connaissances qui intègrent la base même du patrimoine de l’humanité » : « Nous avons beaucoup à apprendre des peuples indigènes en matière de solutions contre le changement climatique et la gestion soutenable des ressources de la Mère Terre », a-t-il ajouté. Il a également regretté le fait que les communautés ne soient pas davantage consultées concernant les projets qui affectent directement leurs territoires et qui représentent des menaces environnementales, par ailleurs il a souligné qu’elles étaient plus menacées par la pauvreté que le reste de la population en pointant du doigt le manque d’accès à l’éducation et aux soins.

En Bolivie, le gouvernement d’Evo Morales a été mêlé à plusieurs controverses relatives à consultation préalable, comme en 2011 lorsque les autorités ont voulu imposer la construction d’une route à travers le Territoire indigène Isiboro (TIPNIS), un projet qui a soulevé un mouvement de révolte et qui a valu au président de reculer sur cette question.

Les Nations Unies promettent l’égalité des genres pour l’année 2030, y compris parmi les peuples indigènes, même si en 2020 « on sera déjà en partie parvenus à cette égalité », a-t-il confié en évoquant l’accès à une éducation de qualité pour tous et à une meilleure qualité de vie dans le respect de la Pachamama.
Il a rappelé qu’en septembre dernier, les dirigeants mondiaux ont souscrit aux objectifs de développement durable des Nations Unies qui cherchent à atteindre dix-sept points, dont l’éradication de l’extrême pauvreté d’ici quinze ans.

« Je vous promets éradiquer l’extrême pauvreté d’ici 2030 », a déclaré M. Ban dans son discours fait aux participants réunis sur place, au Coliseo Ban Ki-moon de Vila Vila (située à 117 km de la ville de Cochabamba). Une enceinte qui a été construite grâce au programme « Bolivia cambia, Evo cumple » et qui a demandé un investissement d’environ trois millions de bolivianos (environ 433 890 dollars ) et permet de réunir 2000 personnes.

« Cette ville est reculée et difficile d’accès, mais je suis heureux que le Président m’ait emmenée ici aujourd’hui. Il se peut que vous soyez loin du reste du monde, mais vous êtes au centre du mandat des Nations Unies en ce qui concerne de nombreux thèmes ». Lors de sa visite, Ban Ki-Moom a symboliquement planté un arbre en compagnie d’un enfant avec le chef de l’État bolivien, un signe de respect envers la terre nourricière.