nicaragua04122015

Le volcan Momotombo, qui a repris son activité dans le nord-ouest du Nicaragua depuis le début de semaine, a enregistré ce jeudi une forte explosion de gaz et de cendres qui a atteint une altitude de 1500 mètres, avec une coulée de lave qui s’est déversée sur son flanc nord-ouest.
Hier, jeudi 3 décembre, le volcan a émis « une forte explosion qui a levé une colonne de 1500 m au-dessus du cratère, qui a produit une onde sonore qui a fait l’effet d’un rugissement », a affirmé le vulcanologue Armando Saballos de l’Instituto Nicaragüense de Estudios Territoriales (Ineter) à Canal 4.

L’activité volcanique, qui a repris après 110 ans de calme relatif, est accompagnée d’expulsion de lave qui s’est répandue par le flanc nord, les habitants de la zone ne sont pas menacés pour le moment par l’agitation du Momotombo (ce qui signifie « sommet ardent » en langue nahualt)
Le volcan Momotombo est situé à 1297 m d’altitude, il est situé dans le département de León, à 40 km au nord de la capitale.
Saballos a affirmé que l’activité du volcan ne représente « aucun danger pour la population », mais recommande aux habitants proches de se protéger des retombées de cendres afin de protéger leur santé.

La porte-parole du gouvernement, la première dame Rosario Murillo, a informé que les brigades de santé rendaient visite à la population aux alentours du volcan pour éventuellement traiter des problèmes dermatologiques ou encore ophtalmologiques comme conséquences de ce processus éruptif. Le Momotombo est entré en éruption 16 fois depuis 1522, au début du XVII siècle, une forte éruption qui a détruit la ville coloniale de León Viejo, l’une des premières positions espagnoles au Nicaragua.

Le codirecteur du système national pour la prévention et la gestion des catastrophes a confirmé que cette reprise d’activité n’occasionnait pas trop de problèmes « l’éruption est considérée comme légère à modérée, elle se caractérise fondamentalement par la chute de cendres, de sable aux alentours du volcan, ainsi qu’une coulée de lave. Pour le moment, la situation ne s’est pas dégradée ».
Les explosions volcaniques surviennent environ toutes les deux secondes, le volcan maintient une activité constante depuis mardi soir. La pluie de cendres et de sable chaud se poursuit dans les communautés voisines de El Papalonal et Momotombo. Cette dernière a été le plus durement touchée par les retombées de cendres et de gaz émanant du volcan, dont la dernière éruption remonte à l’an 1905.
« Le volcan commence un nouveau cycle qui peut durer une dizaine d’années, un cycle éruptif. C’est variable, des journées marquées par des émanations et de la sismicité », selon les experts.
Le Nicaragua se situe sur la ceinture de feu du Pacifique, il s’agit d’un alignement de volcans qui borde l’océan Pacifique sur la majorité de son pourtour, soit environ 40 000 kilomètres.
Le Nicaragua est le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique, il est très vulnérable aux tremblements de terre, aux tsunamis et aux éruptions volcaniques.

Le gouvernement n’a pas émis aucun avertissement, car « Il n’y a aucune alerte exagérée », bien que « nous soyons prêts au cas où il est nécessaire de procéder à une évacuation », a déclaré la première dame, Rosario Murillo.
Les autorités ont recommandé aux habitants de nettoyer le sable volcanique tombé sur les toits de leurs maisons, son accumulation pourrait fragiliser la structure, il faut également être vigilants avec les conteneurs comprenant de la nourriture et de l’eau, et se tenir au courant des recommandations de la SINAPRED.