colombie07122015

La localisation exacte du trésor le plus recherché et le plus important de l’ère coloniale caribéenne restera un mystère pour tous, à l’exception du gouvernement colombien qui a annoncé la découverte du mythique galion San José, mais qui se réserve le droit de rendre publiques les coordonnées exactes de là où il gît à plusieurs mètres de profondeur.

Le président de ce pays sud-américain a dévoilé qu’une équipe composée par la Armada et l’Institut d’Anthropologie et d’Histoire a trouvé le 27 novembre l’épave appartenant au galion espagnol du 18e siècle échoué à quelques miles de la ville de Carthagène. Quand les plongeurs ont découvert plusieurs canons en bronze avec l’empreinte de dauphins gravés sur le sable, ils ont compris qu’ils étaient en présence de l’un des trésors de l’archéologie sous-marine les plus importants de ces dernières décennies.

Le chef de l’État a dévoilé des images sous-marines sur lesquelles on voit des objets du quotidien comme des bijoux, de la vaisselle et des canons appartenant à l’épave. Il a également précisé que sa localisation « était un secret d’État » : « le président de la République sera l’unique fonctionnaire compétent pour se référer sur ce point », les autorités craignent en effet que des pilleurs œuvrant des les caraïbes puissent s’emparer de ce trésor. Le galion espagnol avait été coulé lors d’une attaque anglaise en 1708 alors qu’il transportait 11 millions de pièces d’or et 600 personnes à bord en partance pour le Panama (quasiment tous morts au moment du naufrage), il est resté immergé plus de 300 ans face aux côtes de Baru, en Colombie, très près des îles de Rosario.

L’épave historique et son contenu millionnaire en or et pierres précieuses ont fait l’objet d’un long conflit entre la Colombie et la compagnie américaine Sea Search qui a finalement été résolu, une dispute légale tranchée dans les tribunaux en faveur de la Colombie sans que les coordonnées exactes de son emplacement ne soient révélées.
Selon les experts, son chargement en or est estimé à 10 millions de dollars, et malgré l’acharnement à retrouver ce patrimoine perdu de la part de chercheurs de trésors, c’est l’État colombien qui a eu l’honneur d’annoncer sa mise au jour.

Le San José équipé de 60 canons pour se prémunir des attaques, transportait l’or, l’argent et les pierres précieuses de la vice-royauté du Pérou et de celle de Nouvelle-Grenade (durant l’époque coloniale), il a a été attaqué par des pirates non loin de Carthagène des Indes, peu de temps après avoir quitté le port, il a été coulé par le navire britannique « Expedition ».
Le galion espagnol était parti du Pérou, véritable El Dorado pour la Couronne espagnole, et a été coulé par les Anglais en 1708 alors qu’il regagnait le Panama chargé à fond d’hommes et de richesses. Depuis 1980, différentes entreprises de chasseurs d’épaves ont tenté de récupérer le trésor de San José, mais en 2011 une Cour de Washington a statué que le galion était la propriété de l’État colombien après une requête de la compagnie Sea Search Armada.

En 1982, Sea Search avait assuré avoir localisé les restes de l’épave, mais aucun droit n’a été accordé à l’entreprise, Ernesto Montenegro, directeur de l’Institut d’Anthropologie colombien et responsable de la découverte, a signalé durant une interview avec l’Associated Press que dès lors « une inscription sur le registre du patrimoine culturel submergé et une carte d’un fond maritime ».

La nouvelle de cette découverte archéologique d’envergure a été annoncée par le président colombien en personne qui n’a pas caché son enthousiasme « Fantastique! Nous avons retrouvé le galion San José. Nous tiendrons dimanche une conférence de presse à Carthagène », a twitté, samedi, Juan Manuel Santos pour qui cette mise au jour constitue le « plus important trésor découvert dans l’histoire de l’humanité ».

Cinq épaves ont été trouvées en étudiant les fonds marins de la zone au moyen de haute technologie. Mais les experts ont eu la preuve définitive que le galion découvert était bien le San José lorsqu’ils ont identifié les canons ornés de dauphins, une singularité qui ne laissait plus de place au doute. Les amoureux d’histoire et les passionnés de trésors perdus ne peuvent que se réjouir de ce monument du passé qui resurgit à la surface après des siècles, la fortune des colonies meurtries par l’exploitation des hommes et des biens était bien cachée…