salvador04012016

Le Salvador, petit pays d’Amérique Centrale, a conclu l’année 2015 sur un triste constat, en effet le pays a connu la pire année de violence de son histoire avec une augmentation de 70 % des homicides sur son territoire par rapport à l’année 2014. Les maras, bandes criminelles qui se disputent le contrôle du trafic de drogue sont à l’origine de cette flambée de terreur, ce sont 6650 individus qui ont perdu la vie contre 3912 l’année précédente, le directeur de médecine légale du Salvador, Miguel Fortín Magaña, a déclaré « cette année est, dans l’histoire du Salvador, la plus violente au vu du nombre d’homicides. C’est une véritable pandémie ». Cette année, 62 policiers et 24 militaires ont péri sous le coup d’attaques et d’affrontements avec ses gangs de jeunes sans foi ni loi.

Le taux d’homicides va augmenter à plus de 100 pour 100 000 habitants dans ce pays de 6,4 millions d’habitants, ce qui place le Salvador comme le pays sans guerre le plus violent au monde, selon les Nations unies, « c’est une information totalement alarmante », a souligné Fortín Magaña. Ce chiffre lapidaire nous place au niveau « mondial comme le pays présentant le taux le plus élevé d’assassinats, on dépasse des pays de l’Afrique subsaharienne qui sont régulièrement en haut de la liste », a déclaré à l’AFP Jannette Aguilar, la chercheuse et directrice de l’Institut d’opinion publique de l’Université centraméricaine (UCA).

Les morts violentes, cette année, sont même supérieures à celles enregistrées durant la guerre civile qui a ensanglanté le pays entre 1980 et 1992, 75 000 individus ont perdu la vie sur cette période. « Durant la guerre, on ignore combien de personnes sont décédées, on compte une moyenne de 5000 individus par an », a ajouté Fortín. Les chiffres révélés par l’institut de médecine légale placent le Salvador comme pays latino-américain le plus dangereux avant le Venezuela, et même le Honduras qui détenait jusque-là ce triste record avec une violence également liée à un narcotrafic de grande ampleur. Ce climat d’insécurité pousse les habitants à migrer en particulier vers les États-Unis en transitant par la frontière mexicaine, une situation qui préoccupe les autorités nord-américaines (lire sur ce point http://www.actulatino.com/2015/12/21/mexique-le-flux-de-migrants-mineurs-a-la-frontiere-avec-les-etats-unis-inquiete-les-autorites/).

L’année 2016 n’a guère commencé sous de meilleurs cieux pour la population salvadorienne puisque 39 homicides ont été enregistrés rien que pour la journée du 1er janvier (plus du double du nombre de meurtres quotidiens répertoriés en 2015). 17 morts ont eu lieu avant sept heures du matin, la journée à été marquée par des assassinats multiples, six morts imputés à des hommes de main vêtus en militaires, une méthode utilisée par les maras, et d’autres lors d’un règlement de compte, parmi les victimes une femme et un enfant de 11 ans. La police accuse les maras Barrio 18 et Salvatrucha de cette recrudescence de criminalité.

La trêve entre les gangs que le gouvernement a conduit en 2012 est une aberration qui a engendré ce tourbillon de violence » pour Miguel Fortín Magaña, qui a confié « que la déclaration de guerre » a émané du gouvernement le 5 janvier dernier quand le président Salvador Sánchez Cerén a affirmé que l’on ne pouvait pas « négocier avec les gangs ». Le gouvernement pense que les chefs de gangs emprisonnés ont donné des consignes pour augmenter les crimes et mettre la pression aux autorités.
« Nous sommes vraiment inquiets, c’est une préoccupation bien réelle, car les décès sont une réponse à la même situation d’impunité, le manque de justice et d’inégalité que nous vivons », a déclaré à l’AFP, le coordinateur à la Commission des droits de l’Homme au Salvador (CDHES), Miguel Montenegro.
Le gouvernement du président Salvador Sanchez Ceren, depuis son arrivée au pouvoir en 2014, refuse de négocier avec des gangs violents pour réduire le taux d’homicides, à la différence de son prédécesseur Mauricio Funes, il a mis en place le Plan d’El Salvador Seguro qui se focalise sur la répression.

Dans un message de fin d’année, Sanchez Ceren a affirmé qu’il continuera « d’assurer progressivement la sécurité et la tranquillité des communautés » en déployant davantage de moyens pour renforcer les capacités de la police et des forces armées.

(vidéo du 31/05/2014)

Sur le site du ministère français des Affaires étrangères, on peut lire comme dernière mise à jour ‘ le 9 décembre 2015 – Information toujours valide le : 4 janvier 2016) : 

« Le Salvador connaît, depuis quelques mois, une forte augmentation du nombre des homicides. Bien que les étrangers et les touristes ne soient pas les cibles privilégiées de ces attaques, il est très fortement conseillé, afin de limiter les risques et compte tenu de ces violences, d’observer très strictement les recommandations indiquées dans la fiche de conseil aux voyageurs, rubrique Sécurité ».

Dans la rubrique sécurité, il est notifié « Le Salvador présente un des taux d’homicides les plus élevés au monde (supérieur à env. 100/100 000 hab. en 2015, de source officielle).
Les assassinats sont avant tout la résultante des affrontements entre groupes criminels (maras ou pandillas) ou des opérations d’extorsions (racket) : les étrangers ne sont pas des cibles privilégiées y compris les touristes, surtout s’ils se déplacent en voyages organisés ».