argentine05012016

Les pluies intenses qui s’abattent sur une grande partie de l’Amérique du Sud liées au phénomène El Niño sont à l’origine d’inondations et de crues particulièrement violentes au Paraguay, au Brésil, en Bolivie, en Uruguay et en Argentine. Près de 170 000 personnes ont d’ores et déjà été déplacées en raison de ces intempéries, les conséquences de ce phénomène météorologique connu est l’un des plus violents que la région ait vécu depuis 1950, il pourrait avoir un impact dans ces pays jusqu’au mois de mars 2016, des prévisions inquiétantes données par l’Organisation météorologique mondiale OMM dès le mois de novembre.

Selon les informations divulguées par le Bureau de la météorologie en Australie, les températures de surface de la mer dans l’océan Pacifique sont proche des maximales enregistrées, ce qui laisse entendre que le phénomène sera l’un des plus forts de ces 50 dernières années.

Le Niño se manifeste quand les eaux de l’océan Pacifique sont anormalement chaudes à cette période de l’année, cela induit de fortes sécheresses dans certaines parties du globe, et des précipitations diluviennes dans d’autres.

Au Paraguay, la spectaculaire crue du río Paraguay a provoqué l’évacuation de plusieurs milliers de personnes, quatre personnes ont perdu la vie à cause de chutes d’arbres, dans la capitale de Asunción, 90 000 personnes ont dû être évacuées vers des refuges ou chez des proches pour échapper à la montée des eaux. Le président de la République Horacio Cartes a exprimé son engagement à venir en aide aux sinistrés lors de son allocution de Noël « nous ne pouvons abandonner des milliers de familles qui sont chaque année affectée par les inondations », le gouvernement a prévu de débloquer plus de 3,5 millions de dollars en faveur des sinistrés.

En Uruguay, l’Institut de Météorologie (Inumet) a émis hier lundi 4 janvier, l’alerte jaune en raison des fortes pluies et du vent qui frappent les départements de Artigas, Rivera, Soriano, Colonia y San José, une mesure qui devrait prendre fin demain.

Par ailleurs, les précipitations enregistrées dans les départements d’Artigas, Paysandú, Rivera et Salto (nord de l’Uruguay) ont contraint à l’évacuation de près de 13 000 personnes, une information donnée par le Sistema Nacional de Emergencias (Sinae).

L’Argentine n’a pas été épargnée non plus, 20 000 personnes ont été évacuées dans différentes provinces du nord du pays en raison de la crue du río Uruguay, deux personnes ont malheureusement péri.

La province agro-industrielle de Entre Ríos est la plus affectée avec 10 555 personnes déplacées de leurs foyers, la majorité à Concordia « qui vit la pire inondation depuis 50 années », le niveau du cours d’eau est passé à 17 m.

En Bolivie, deux personnes ont perdu la vie et le pays compte 400 sinistrés dans la communauté amazonienne de Guayaramerín (région de Beni), à la frontière avec le Brésil. La Bolivie est habituée à vivre une saison des pluies d’octobre à mars, mais cette année la présence d’El Niño devrait compliquer un peu plus encore la situation.

Le gouvernement bolivien a approuvé plus tôt ce mois-ci un décret pour lancer le « Plan d’action immédiate El Niño 2015-2016 », qui prévoit un budget de 21,5 millions de dollars.

Les inondations causées par les fortes pluies et les inondations, se produisent par ailleurs au début de l’été dans l’hémisphère sud, ce qui signifie que les populations concernées devront également composer avec la chaleur, mais aussi une prolifération de moustiques et de serpents qui se développent dans des conditions humides. Or, en zones tropicales les moustiques Aedes aegypti sont vecteurs de maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore le virus Zika qui fait son apparition sur le continent. Le virus a été identifié pour la première en 1947 dans la forêt de Zika en Ouganda (Afrique) et a été détecté en Amérique latine en 2014 par les autorités chiliennes sur l’île de Pâques.