mexique07012016

La méthode de la spectroscopie Raman va être utilisée par les chercheurs de l’Université Autonome du Mexique pour analyser précisément des artefacts préhispaniques retrouvés sur la zone archéologique de Palenque (Chiapas), le but sera d’obtenir des informations de nature minéralogique et définir la composition des pierres.

Les minéraux en question sont, selon toute vraisemblance, des pierres de jade de couleur verte, elles ont été mises au jour par les experts dans différents contextes, dans des zones cérémonielles dans le cadre de rites funéraires ou encore dans des zones résidentielles.

C’est le laboratoire universitaire (LUCE) du Centre de Sciences appliquées et de développement technologique de la UNAM qui va être en charge de l’analyse en question, l’INAH compte également s’appuyer sur l’Institut de physique pour effectuer des études au carbone 14 pour une série d’ossements de l’énigmatique Reine Rouge (Reina Roja) qui ont été retrouvés dans les vestiges du Temple XIII en 1994.

Aujourd’hui encore l’identité de la Reine rouge n’a pas été confirmée, les recherches suggèrent qu’il pourrait s’agir de Tz’akbu Ajaw, connue aussi aussi sous le nom de Ahpo-Hel, qui était l’épouse de Ahau Pakal “el Grande” (Pakal II).

Les scientifiques de l’Institut de géologie vont également procéder à des analyses sur des morceaux de céramique en utilisant la méthode de pétrographie.

José Manuel Saniger Blesa, directeur du laboratoire, a souligné que les techniques de spectroscopie permettent l’analyse et l’étude de nombreux matériaux, y compris des vestiges archéologiques sans causer le moindre endommagement. Grâce à cette méthode, les experts vont pouvoir récolter des informations sur la composition des pierres et donner des détails sur leur provenance et leur âge. Il s’agira avant tout de confirmer s’il s’agit bien de jade, ou d’autres pierres vertes comme du quart aventurine, dans le cas où la première hypothèse serait scientifiquement validée, le but sera « d’examiner les associations de minéraux et voir si cela correspond à la même offrande ou tombe, et ainsi établir d’éventuelles différences entre les uns et les autres ».

La teinte verte du jade, symbole de vie pour de nombreux peuples préhispanique, comme les Olmèques ou les Mayas, était considérée comme magique. Des bijoux et masques de jade accompagnaient donc les souverains défunts dans leurs tombes, ils avaient une valeur prophylactique.

Le site archéologique de Palenque, situé dans l’État mexicain du Chiapas, est l’un des sites les plus emblématiques de la période classique de l’aire maya, célèbre pour ses vestiges architecturaux et sculpturaux d’une grande rareté et dans un bon état de conservation. Il est classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987.

Le Mexique est le pays d’Amérique avec le plus de sites sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, avec 27 sites culturels, cinq naturels et un mixte, a rappelé le ministère de la Culture hier 6 janvier. Au niveau international, le pays se classe en sixième position.

« Savoir que le monde apprécie et reconnait les beautés culturelles et naturelles de notre pays nous pousse à assumer une plus grande responsabilité et engagement envers ceux qui nous confient la tâche de préserver, protéger, consolider un développement durable de toutes ces réserves et richesses naturelles », a affirmé le président de la République, Enrique Peña Nieto, après avoir reçu le diplôme d’accréditation de l’UNESCO.

Parmi les autres pays d’Amérique latine qui arrivent en tête en ce qui concerne le nombre de biens figurant sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, on retrouve le Brésil avec 19 biens, et le Pérou avec 12 dont le dernier a été validé en 2014, il s’agit du célèbre Chemin de l’Inca appelé ‘Qhapaq Ñan’.