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Face aux cas de personnes atteintes par le virus Zika en Amérique latine et aux Caraïbes et en particulier en Colombie, les États-Unis ont émis un bulletin d’alerte recommandant aux femmes enceintes de ne pas se rendre dans 14 pays menacés par le moustique porteur de maladie, à savoir la Colombie, le Brésil, le Salvador, la Guyane française, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, Haïti, la Martinique, le Paraguay, le Panamá, le Suriname, le Venezuela et Puerto Rico.

Lyle Petersen, directeur du CDC américain pour le contrôle et la prévention des maladies a déclaré « le virus s’est rependu assez rapidement à travers l’Amérique latine. Nous pensons qu’il est important de prévenir les personnes le plus tôt possible » en ajoutant que les femmes enceintes étaient particulièrement vulnérables « les femmes enceintes, peu importe, l’avancée de leur grossesse doivent reporter leur voyage dans les zones où la transmission du virus est importante », des informations données lors d’une conférence de presse par le représentant du CDC. Les femmes enceintes, en raison de leur température plus élevée, seraient plus enclines à attirer les moustiques et à être piquées.

En Colombie, plus de 11 000 cas de Zika ont été répertoriés en particulier dans la zone caraïbe, la majorité des malades se trouvent à Carthagène et Santa Marta selon l’Institut National de la santé, et 2000 cas sont considérés comme suspects.

Depuis le mois d’octobre 2015 jusqu’à la première semaine de l’année 2016, le pays a confirmé « la présence du virus en laboratoire sur 776 cas, 10837 cas ont été confirmés en clinique et 1918 personnes sont en cours d’examen ». Parmi les porteurs du virus Zika, 459 sont des femmes enceintes, or la maladie peut avoir des conséquences graves sur le fœtus en provoquant des manifestations congénitales et même la mort.

Au Brésil plus de 3500 cas de microcéphalie ont été enregistrés sur des nouveau-nés ces cinq derniers mois, cela correspond avec la propagation du virus Zika, de fortes suspicions de causalité sont envisagées.

L’Organisation mondiale de la Santé met en garde contre la possibilité que le virus soit associé à une augmentation significative des cas de microcéphalie chez les nouveau-nés.

« Les récentes épidémies de Zika dans diverses régions du monde démontrent le potentiel de ce virus à se propager à travers les territoires où l’Aedes aegypti est présent », a affirmé l’OMS.

Le virus Zika peut causer des éruptions sur la peau, des céphalées et des douleurs aux articulations, il est transmis par le moustique Aedes aegypti, celui-là même qui par ses piqûres, peut transmettre la dengue et le chikungunya.

Le virus a été répertorié pour la première fois en Ouganda en 1947, bien que le premier cas observé chez une personne ait eu lieu cinq ans plus tard, « une étude récente a révélé qu’il existe une relation entre ce virus et les anomalies congénitales et les complications neurologiques et auto-immunes ».

Néanmoins le virus n’a jamais été mortel sur un adulte « aucun cas dans le monde, lors des épidémies, n’a été l’origine d’un décès. La grande majorité des cas ont récupéré sans aucun problème. Par exemple, lors de l’épidémie qui a eu lieu en 2013 en Polynésie française, avec 29 000 cas, seulement 73 patients ont présenté une complication neurologique », une information donnée par le directeur de l’épidémiologie et de la démographie du ministère de la Santé et de la Protection sociale de la Colombie, Martha Lucia Ospina.

Ce virus a été diagnostiqué majoritairement sur des femmes (60,9 % des cas), âgées entre 25 et 29 ans, a précisé l’INS.

Le CDC recommande également aux femmes souhaitant tomber enceintes de ne pas voyager dans un pays à risque dans l’attente de compléments d’information sur ses conséquences.

Dimanche, un cas de malformation cérébrale a été diagnostiqué chez un nouveau-né à l’hôpital d’Oahu, dans l’État d’Hawa, il était porteur du virus Zika.

Au mois du juin dernier, le ministre colombien de la Santé confiait au sujet de la propagation du virus Zika sur le continent : « on n’a de moyen d’action contre la maladie, mais contre le vecteur. Le but est d’essayer de contrôler et de prévenir la piqûre du moustique. Cependant, la grande infestation d’Aedes aegypti en Amérique ne rend pas ces actions efficaces. La propagation ne peut pas être évitée, mais on peut l’atténuer. Tout d’abord, il ne faut pas céder à la panique. Et en second lieu, il faut maintenir les mesures de contrôle des moustiques. Il ne faut pas d’endroits avec des dépôts d’eau douce dans les foyers, aucun vase contenant des fleurs et les réservoirs d’eau doivent être nettoyés ».

« Cependant, le Zika est plus inoffensif que le chikungunya et la dengue, car « il ne laisse pas de séquelle, ne provoque pas d’hémorragie et la durée des symptômes est moindre », a affirmé l’infectiologue José Oñate.

On peut lire sur le site français du ministère des Affaires étrangères :

« Autres maladies transmises par les piqûres de moustiques : D’autres maladies (notamment virales) peuvent être transmises par les piqûres de moustiques. Des cas de virus Zika ont été signalés par les autorités sanitaires colombiennes depuis le mois d’octobre 2015 dans les départements de Bolivar, César, Córdoba, Norte de Santander et Sucre, ainsi que sur l’ile de San Andrés. Il convient donc de respecter les mesures habituelles de protection (vêtements longs, produits anti-moustiques à utiliser sur la peau et sur les vêtements) et ce y compris la journée. En particulier pendant les saisons des pluies, des épidémies de dengue sont susceptibles de se déclarer dans les zones de basse altitude. Il est conseillé de se renseigner auprès de l’ambassade pour en connaître les évolutions.
En savoir plus : consulter la fiche sur la maladie à virus Zika du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des droits des femmes.
Il est vivement recommandé de consulter un médecin en cas de fièvre pendant le voyage ou dans les semaines qui suivent le retour en France ».