colombie08022016

En Colombie, 37 enfants seraient morts d’une intoxication liée à une contamination au mercure dans le département du Chocó, pour vérifier les fortes suspicions des populations, des analyses ont été menées par les autorités accompagnées de représentants de la Defensoría del Pueblo. Le Centre d’Etudes pour la justice sociale Terre Digne (Tierra Digna), avait en effet alerté la Cour institutionnelle sur le présumé décès de 37 enfants par une contamination au mercure.

La présence de mineurs agissant en toute illégalité serait à l’origine de la pollution des cours d’eau et dans ce cas précis, la contamination en particulier des fleuves Atrato, San Juan, Andágueda, Bebaramá, Dagua, et Quito, le ministère public a assuré dans un communiqué de presse que cela prouvait une nouvelle fois « les effets dévastateurs des activités minières illégales dans la région du Chocó ».
La Cour a également ordonné une enquête environnementale sur les activités minières et l’exploitation forestière en zone urbaine et rurale de la municipalité de Quibdó et du bassin du fleuve río Atrato et ses affluents. Le Centre d’Etudes pour la justice sociale Terre Digne qui représentent les communautés indigènes et afros touchées par la pollution des eaux avait dénoncé le cas de 64 intoxications et de 37 décès d’enfants entre 2013 et 2014 dans la région.
La recherche de la Haute Cour, demandant la participation d’experts colombiens et internationaux, vise à « enquêter sur les conditions de la pollution et de l’obstruction de la rivière (Atrato) après la fin de l’exploitation minière et l’exploitation forestière et si elles affectent les droits fondamentaux des communautés ».

La Defensoría del Pueblo, avait lancé un cri d’alarme en 2014 en évoquant une urgence humanitaire et en faisant mention « d’une situation critique des droits de l’Homme dans la région du Chocó en raison de l’impact des activités minières illégales et des affrontements entre groupes criminels ».
La situation de crise environnementale a eu un effet dramatique sur la mort d’enfants indigènes et afro-américains. Au sein des communautés autochtones de Quiparadó et Juinduur, (Bajo Atrato, Riosucio) au cours de l’année 2013, 3 décès d’enfants ont été à déplorer et 64 enfants ont été contaminés par l’ingestion d’eau contaminée. De même, des indigènes d’Embera Katio, qui évoluent dans le bassin de la rivière Andágueda, ont rapporté en 2014 la mort de 34 enfants pour les mêmes raisons, précise Terre Digne.

bocachico
Bocachico

« La situation la plus critique c’est que les poissons sont à la base de l’alimentation de la population, la fait qu’il y ait une pollution et que les bocachicos accumulent ce mercure avant d’être consommés génère des maladies très graves, » a affirmé la porte-parole Ximena González, porte-parole de Tierra Digna. Dans ce pays sud-américain, les activités minières légales représentent environ 2,3 % du PIB (selon des chiffres communiqués en 2012 par le Département national de statistiques), mais plus de la moitié des sites exploités, le sont de façon clandestine par des groupes armés.

Précisément, la Commission indépendante Ombudsman a déclaré que « l’exposition humaine permanente à des produits chimiques utilisés par l’exploitation minière illégale conduit à des situations telles que des diarrhées, des oedèmes pulmonaires, des dermatites, des troubles de la fertilité et des malformations congénitales ».
Des prélèvements ont permis d’établir qu’environ 200 personnes résidant à proximité du río Caquetá ont des niveaux de mercure 20 fois supérieurs au-dessus des normales, il s’agit du fruit d’une étude publiée par l’Université de Carthagène dans le département Amazonas.
« C’est une question très importante pour Caqueta, nous sommes très préoccupés par la question de l’exploitation minière illégale dans le département, les dommages écologiques et environnementaux produits par l’exploitation minière illégale dans la rivière Caquetá, en particulier dans le sud du département. Nous avons vu des études qui montrent que la quantité de mercure se trouve dans la rivière », a affirmé le gouverneur de la région Hugo Alejandro Rincón.

L’étude s’affaire également à enquêter sur la présence de mercure chez les populations de poissons qui peuplent les fleuves du sud de Bolívar, Antioquia, Santander, Putumayo et Guainía, où les activités minières illégales sont nombreuses.
Pour Ximena Gonzalez la situation est d’autant plus préoccupante que l’Atrato est le troisième plus grand fleuve avec 13 affluents, des problèmes de pollution ont été détectés dans six de ces affluents (Río Quito, Río Andágueda, Río Negua, Río Bebaramack, Río Bebarack, Río Cavi), « nous parlons d’une population d’environ 70 000 personnes, principalement des communautés autochtones et afro-colombiennes » en danger.