perou15022016

Quand ce qui était supposé être une simple légende devient réalité… Voilà ce que relate le géoscientifique  Andrés Ruzo dans son livre « The Boiling River » dont la sortie est prévue mardi 16 février, il évoque avec fascination sa découverte du río Shanay-Timpishka situé en Amazonie péruvienne et surnommé « la rivière bouillonnante » (« el río hirviente » en espagnol).

Le scientifique amoureux de l’histoire péruvienne et de la période coloniale que lui enseignait son grand-père à Lima, a été bercé durant sa jeunesse des récits des conquistadors espagnols et du mythe d‘El Dorado (ville prénommée Paititi, « totalement faite d’or) », les années passant et le scepticisme directement lié à sa formation doctorante lui ont donné envie de se pencher plus particulièrement sur la présumée existence du « río hirviente », une rivière fumante localisée au cœur de la selva, que les membres de sa famille disaient bien réelle (consultez le site http://www.riohirviente.org/)

C’est sous le patronage du National Geographic qu’Andrés Ruzo s’en est allé à la recherche de cette supposée merveille naturelle, et il n’a pas été déçu, il affirme au sujet de sa découverte :

« J’aimerai conduire tous les enfants du monde pour qu’ils puissent voir comme notre planète est merveilleuse », une confidence faite à BBC Mundo pendant une longue interview.

Ne s’approche pas de ce lieu qui veut, et c’est avec l’approbation d’un chaman qu’il a pu étudier ce cours d’eau « Sincèrement, je n’ai pas découvert ce río. Les habitants locaux (ethnies indigènes comme les Shipibos, Ashaninkas et Conibos) et de nombreux éco-touristes du monde entier connaissent son existence, mais personne se s’est jamais intéressé aux origines de ces hautes températures », a affirmé le scientifique qui se penche sur le sujet depuis 2011.

Selon le chercheur de 26 ans, parmi les causes qui s’inscriraient dans un ordre logique, ce serait l’existence d’un système volcanique ou magmatique qui pourrait engendrer une température de l’eau de la rivière élevée. Mais tout n’est pas si simple, puisque le seul volcan actif le plus proche se situe à 700 km de là, fausse piste !

Selon les données de ses recherches, il semble que l’existence d’un « système hydrothermal » soit à l’origine de la température élevée de l’eau, par ailleurs des conditions géologiques particulières à la région permettent d’enregistrer des températures comprises entre 90 et 95 degrés Celsius tout au long de la rivière (sur environ 6,24 km). Pour les natifs de la région, l’explication est tout autre, pour ses habitants les eaux deviennent bouillantes sous l’action de Yucumama, l’esprit de la « mère-eau » qui est représenté par un rocher à la tête de serpent. Le nom indigène de la rivière signifie pour les indigènes « Brûlante par la chaleur du soleil ».

Pour le chaman, c’est un lieu sacré comme le confie l’expert en précisant « pour moi, en tant que géoscientifique, c’est un phénomène géothermique unique ». Durant son travail sur le terrain, il a découvert de nouvelles espèces d’extrémophiles, un type de micro-organisme capable de vivre dans des conditions extrêmes, à la fois dans la rivière et dans la forêt tropicale aux alentours.

« Fondamentalement, l’eau pourrait provenir des glaciers des Andes, à la suite de son infiltration dans les profondeurs de la Terre, l’eau s’écoulerait comme de l’eau bouillante, chauffée par le gradient géothermique, tout cela grâce à sa situation géologique unique », a expliqué à la presse le jeune homme.

Andrés Ruzo évoque un lieu extraordinaire et hallucinant « une rivière immense qui fume comme une tasse de café ».