chili01032016

Il y a quelques semaines on apprenait dans la presse chilienne l’échouage massif de près de 350 baleines de l’espèce Sei (pouvant mesurer jusqu’à 16 mètres de long et peser 30 tonnes) constaté par un groupe de scientifiques en avril 2015 dans le Golf de Penas, à environ 1950 km au sud de Santiago. Une énigme pour la communauté scientifique qui, depuis la découverte des cadavres en Patagonie, cherche à connaitre les raisons exactes de la disparition de ces cétacés dans cette zone difficile d’accès « une zone décrite comme apocalyptique » et qui a suscité l’intérêt des spécialistes internationaux.

Depuis plusieurs investigations ont été menées par des groupes de chercheurs du Service national de la Pêche et de l’Agriculture pour expliquer cet échouage et les premières hypothèses ont été émises et les spécialistes évoquent « un phénomène périodique ». Dans un communiqué, le Sernapesca a expliqué « les dépouilles retrouvées indiquent que les baleines sont mortes à des dates différentes, on pourrait être face à un phénomène qui se manifeste à certaines périodes, ou sous certaines conditions, les recherches se poursuivent ».

Parmi les causes les plus probables de décès massif, les scientifiques émettent la probable présence de biotoxines marines (substances toxiques produites par des algues) sur la chaîne trophique (ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème). L’analyse des cadavres n’a pas permis d’identifier des traces de blessures, ce qui laisse à penser que les baleines seraient mortes d’un virus ou d’une marée rouge (augmentation rapide de la concentration de phytoplancton toxique).

Au cours de la dernière expédition, des échantillons de peau ont été prélevés pour procéder à des études génétiques, leur système auditif a également été examiné pour étudier un possible traumatisme acoustique, et une analyse a également eu lieu sur organes internes sans oublier une recherche sur le système digestif, un moyen de détecter la présence de biotoxines marines.

Ulloa a précisé que les conclusions des autopsies devraient être disponibles au cours du mois de mars, mais que la présence de biotoxines dans la chaîne alimentaire reste l’hypothèse privilégiée.
Il a remercié le soutien logistique de la Marine, une institution qui a mis à disposition l’un de ses avions pour procéder à un survol de la région en janvier et qui a permis par la suite l’arrivée sur zone en bateau.
« Le secteur Neumann était le lieu critique pour récolter des squelettes liés à cette mortalité massive et à cet échouage survenu en 2015, mais la première expédition réalisée en mai 2015 n’avait pas rendu cela possible », a affirmé Mauricio Ulloa, responsable des espèces protégées du Sernapesca, dans un communiqué. Les scientifiques ont profité de l’été austral et de meilleures conditions climatiques pour se rendre sur place une première fois en janvier et une seconde fois entre le 10 et 16 février.

Et alors que les recherches se poursuivent sur les cadavres de baleines, les scientifiques viennent de révéler la découverte de plus 100 lions de mer décédés, la plupart des nouveau-nés, leurs dépouilles ont été ramenées sur une petite péninsule du nord du Chili, sur la côte Pacifique. Avec le réchauffement de l’océan en raison de la présence du phénomène climatique El Niño, le phytoplancton se fait plus rare qu’en eau froide, celui-ci constitue la base de l’alimentation des sardines et anchois, or les lions de mer se nourrissent essentiellement de ces poissons, un bouleversement de la chaîne alimentaire qui expliquerait ces décès.

Pour le spécialiste Guerra-Correa, les faits sont moins graves pour les lions de mer que pour les baleines en justifiant ses propos « à la différence d’autres espèces affectées, cette espèce de lions de mer (Arctocephalus australis) est capable de nager beaucoup plus profondément et peuvent trouver des poissons qui ne sont pas présents en eaux peu profondes ».