argentine02032016

L’Organisation Amnesty international révèle dans son rapport annuel 2015-2016 « sur les droits humains dans le monde », que près de 200 conflits indigènes sont dénombrés sur le territoire argentin, ils sont liés à la gestion des ressources naturelles, à la possession des territoires, des requêtes qui ne devraient pas avoir lieu d’être si l’on en croit la Constitution nationale et la ratification de la convention 169 de l’OIT par le pays sud-américain.

AI dénonce un décalage flagrant entre les lois adoptées et son application dans les faits « cela fait deux ans que nous alertons sur la nécessité de travailler dans le domaine législatif avec des lois liées à la réglementation du droit à la consultation préalable libre et et informée et à la propriété communautaire », a souligné la directrice exécutive de l’organisme international en Argentine, Mariela Belski. On peut lire dans les pages du rapport « bien que la Constitution reconnaisse les droits des peuples indigènes sur leurs terres ancestrales et participer à la gestion des ressources naturelles, ces droits sont rarement respectés ».
Parmi les cas les plus marquants de ces dernières années, le combat mené par le leader de la communauté de La Primavera, Félix Díaz dans la province de Formosa, qui est traîné devant les tribunaux pour occupation illégale de terres, actes de résistance et vol, des charges qui pèsent depuis 2010. Le membre de la communauté mapuche Winkul Newen, dans la province de Neuquén, est accusé de tentative de meurtre sur un auxiliaire de justice.

Le conflit territorial de la communauté La Primavera remonte à 2010, quand les natifs ont été expropriés de 1 300 hectares de terre pour la construction d’une université.

Le rapport précise : « Les peuples autochtones continuent d’être déplacés de force de leurs terres par l’État et des acteurs non étatiques, y compris les entreprises et les propriétaires fonciers au nom du développement économique. » On découvre dans l’étude une carte qui répertorie 16 provinces qui maintiennent des conflits : Buenos Aires (30 cas); Misiones (23); Jujuy (19) y Neuquén (18) son las provincias con mayores conflictos; seguidas por Formosa (17); Chubut (15); Salta (12); Río Negro (12); Córdoba (10); Catamarca (10); Santiago del Estero (10); Tucumán (6); Chaco (4); San Juan (2); La Pampa et Mendoza.
Au mois de décembre, le président argentin Mauricio Macri fraîchement élu a rencontré des membres de la communauté Qom et 30 autres communautés autochtones. La réunion a lieu au Musée du Bicentenaire de la Chambre Gouvernement et la délégation était dirigée par le chef de la communauté Qom, Felix Diaz.

Avec les représentants des peuples autochtones, le chef de l’État a réuni son chef de cabinet, Marcos Peña; le ministre de la Justice Germán Garavano et le secrétaire général de la présidence.
« Nous allons travailler ensemble pour répondre aux besoins des peuples autochtones et atteindre l’objectif de la pauvreté zéro», avait alors twitté le président Macri en ajoutant « Pour ce gouvernement, la reconnaissance des communautés et les politiques envers les peuples autochtones sont des politiques d’État ».

La première rencontre entre Macri et Diaz avait été eu lieu durant la campagne électorale, il s’était entretenu avec le leader Qom le 9 juillet en se distinguant alors de Cristina Kirchner, qui a toujours refusé de rencontrer le chef de cette communauté indigène.
Diaz avait alors révélé : « Macri ne nous a pas demandé de voter pour lui, ou d’appuyer sa candidature », mais « il a fait part de son engagement à faire progresser la pratique des droits des autochtones ».

Le leader indigène a déclaré que la demande la plus urgente des communautés est la sécurité juridique relative aux territoires. La question cruciale des violations des droits territoriaux, mais aussi des exigences liées à la santé, l’accès à l’eau, l’éducation et le travail.

Nilo Cayuqueo, leader vétéran Mapuche de la tribu de Coliqueo a fait savoir que même s’il était satisfait que le nouveau président ait reçu une délégation indigène, il estime que « les choses devraient être faites différemment », car « les autorités font des propositions au nom de tous les peuples autochtones du pays, sans que la majorité soit représentée ».

Il a néanmoins souligné que Felix Diaz a beaucoup de mérite de vouloir faire preuve de résistance en précisant « il ne peut pas décider pour tous les indigènes du pays ».

L’État reconnaît l’existence d’au moins 955 000 personnes de plus de 30 peuples autochtones, mais il n’y a pas d’enquête officielle sur les communautés vivant sur le territoire argentin.