continent09032016

En Amérique latine et dans les Caraïbes, « les cas de dengue, maladie transmise par le moustique Aedes aegypti, le même moustique qui propage le Zika, est en augmentation durant la saison des pluies, qui dure de janvier à mai », a déclaré la directrice de l’OMS, Margaret Chan pendant une réunion du comité d’urgence, en affirmant qu’il existe des preuves de plus en plus évidentes de causalité entre le virus Zika et les cas de malformations fœtales et de troubles neurologiques.

Le Zika a été associé au Brésil avec la multiplication des cas de microcéphalie, tandis que dans d’autres pays, il a été lié à un syndrome de Guillain-Barré, un trouble du système nerveux qui peut être grave.
Cependant, Chan a déclaré que, selon les dernières informations, « la microcéphalie est seulement l’une des nombreuses malformations congénitales associées à des infections Zika pendant la grossesse ».

Les conséquences les plus graves qui ont été documentées comprennent la mort du fœtus, l’insuffisance placentaire, un retard de croissance du fœtus et des dommages au système nerveux central. Elle a également révélé que « la recherche suggère que la transmission sexuelle du virus est plus fréquente qu’on ne le pensait ». Le Zika a été associé au Brésil avec la multiplication des cas de microcéphalie, tandis que dans d’autres pays, il a été lié à un syndrome de Guillain-Barré.

Pour la directrice générale de l’OMS « nous ne devons pas attendre jusqu’à ce que nous ayons des preuves scientifiques définitives avant de déconseiller aux femmes enceintes de se rendre dans les zones touchées par Zika » en précisant « la transmission locale a déjà été enregistrée dans 31 pays et territoires en Amérique latine et des Caraïbes ».

Le virus Zika, à l’origine de microcéphalies chez les nouveau-nés et de troubles neurologiques comme le Syndrome de Guillain-Barré, pourrait aussi causer une maladie grave au niveau des quatre membres, appelée myélite aiguë, selon l’étude d’un cas en Guadeloupe. La patiente âgée de 15 ans présentait des traces du virus dans le liquide céphalo-rachidien neuf jours avant les premiers symptômes cliniques. La myélite est une maladie rare qui peut laisser de graves séquelles sur le système locomoteur. La présence d’autres virus tels que la varicelle ou l’herpès peut causer des myélites, mais cette hypothèse a été rejetée parce que les tests sanguins effectués sont négatifs, précise Annie Lannuzel, chercheuse à l’Inserm.

« Ce cas renforce l’hypothèse de caractère neurotoxique du virus Zika. Il met en évidence l’existence de complications neurologiques dans la phase aiguë de l’infection, alors que le syndrome de Guillain-Barré est une complication post-infectieuse », affirme l’experte.
Dans le cas du syndrome de Guillain-Barré, Zika affecte le nerf périphérique, alors que dans la myélite affecte la moelle épinière en ajoutant que le traitement consiste à injecter de fortes doses de cortisone.

Le virus Zika qui se propage rapidement en Amérique latine a causé au moins des centaines de cas de microcéphalie chez les bébés de mères infectées. L’OMS s’attend de voir plus de cas de malades de Zika sur une zone géographique plus étendue.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que le nombre de cas de Zika en Amérique pourrait atteindre 4 millions. La Banque mondiale (BM) a calculé le coût possible de cette maladie: environ 3500 millions de dollars pour l’Amérique latine et les Caraïbes. La Banque mondiale a souligné que les pays dépendants du tourisme seraient économiquement les plus touchés. En ce sens, le Mexique et Cuba devraient être particulièrement impactés. En République dominicaine, les pertes sont d’ores et déjà estimées à 318 millions de millions de dollars.

Au cours d’une visite sur le territoire des États-Unis, Tom Frieden, le directeur de l’U.S. Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a affirmé que l’île de Porto Rico a besoin d’insecticides capables de tuer le moustique porteur du virus Zika alors qu’il se propage de façon inquiétante. Porto Rico traverse une crise en raison du virus Zika, a déclaré mardi l’expert, et a souligné que la population n’utilise pas des mousquetaires aux fenêtres, et les insecticides utilisés sur l’île sont inefficaces contre le moustique Aedes aegypti qui transmet également la dengue et le chikungunya.

Le Dr Tom Frieden a précisé que les fonctionnaires de la CDC aident Porto Rico à trouver de meilleurs insecticides capables d’enrayer ce fléau. Il a déclaré que les responsables de l’agence des États-Unis testent neuf insecticides différents dans cette optique.

Il a précisé que des milliers de femmes enceintes sont susceptibles d’être infectés en raison de la densité de population de l’île. « Il est probable que Zika se développe plus rapidement, de sorte que le timing est essentiel », a précisé le scientifique ajoutant « il pourrait apporter de nombreux problèmes aux familles, à la communauté et à l’île dans les années à venir ».

Porto Rico a recensé 157 cas confirmés de Zika et 6 personnes ont été hospitalisées parmi lesquelles 14 femmes enceintes infectées. Frieden a déclaré que des milliers de femmes enceintes doivent probablement porter le virus à Porto Rico sans forcément s’en rendre compte.

Porto Rico a arrêté tous les dons de sang le mois dernier et a commencé à faire parvenir du sang de la Croix-Rouge pour prévenir la contamination potentielle, en suivant les recommandations de la Food and Drug Administration des États-Unis. Le ministère de la Santé et des Services humains des États-Unis a annoncé lundi qu’elle payait les livraisons de produits sanguins à Porto Rico pour assurer un approvisionnement suffisant.

Les fonctionnaires ont déclaré qu’un investissement de 225 millions $ en fonds fédéraux pour lutter contre la propagation de Zika à Porto Rico.

Par ailleurs, La Banque mondiale a déclaré jeudi que 150 millions de dollars de financement étaient disponibles pour aider à combattre le virus Zika dans les pays touchés en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Le Brésil, le pays le plus touché par le virus, a déclaré que plus de 500 cas confirmés de microcéphalie et considère que la plupart d’entre eux sont liés à des infections chez les mères Zika. Les autorités enquêtent sur 3 900 cas supplémentaires présumés de microcéphalie.

« Notre analyse met en évidence l’importance d’une action urgente pour arrêter la propagation du virus Zika et de protéger la santé et le bien-être des populations des pays touchés », a déclaré dans un communiqué, Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale.