mexique07042016

En raison de la forte pollution de l’air qui frappe la vallée de Mexico, le gouvernement a décrété une alerte de santé préventive pour pallier les effets nocifs sur les habitants, en particulier au niveau respiratoire. Depuis hier, mercredi 6 avril, un système de monitoring de santé a été mis en place au sein de sept hôpitaux de la capitale afin que les gens qui se sentent incommodés puissent se faire examiner.

Lors d’une conférence de presse, le chef de gouvernement du District fédéral , Miguel Ángel Mancera, a évoqué de nouvelles restrictions établies dans la capitale du pays pour limiter l’émission de polluants atmosphériques. Il a rappelé que la pollution provoque, non seulement une irritation des yeux et de la gorge, mais qu’elle peut aussi aggraver la condition de personnes souffrant de maladies respiratoires et cardiaques, et si la qualité de l’air n’est pas améliorée, le taux de mortalité en ville pourrait augmenter de 19 %. Par conséquent, il a rapporté que les autorités sanitaires se joindront au plan d’urgence avec la mise en place d’un réseau « sentinelle » pour aider la population touchée à tout moment et ce quel que soit le système de santé auquel ils sont affiliés.

En cinq ans seulement, à savoir entre 2005 et 2010, 38 000 décès du cancer du poumon ont été enregistrés au Mexique, or les maladies cardio-pulmonaires et les infections respiratoires sont favorisées par la pollution atmosphérique.

La présidente de la Commission sur les changements climatiques de la Chambre des Députés, Maria de los Angeles Rodriguez Aguirre, a ajouté que, conformément à la stratégie nationale sur l’énergie, en 2010 l’émission d’effet de serre a été estimée à 748 millions de tonnes de CO2, ce qui représente une augmentation de 33 % par rapport aux émissions de l’année 1990. L’Organisation mondiale de la santé , a signalé qu’une réduction de la pollution aux particules de 70 à 20 microgrammes par mètre cube permettrait de réduire d’environ 15% les décès liés à la qualité de l’air.

Les enfants exposés aux particules en suspension (PM10, PM2,5) peuvent voir leur capacité pulmonaire diminuée et le développement de leur système respiratoire affecté.

« La vérité c’est que les maladies peuvent être très graves, c’est ce que disent experts, et c’est pourquoi nous prenons ces mesures, nous parlons d’emphysème pulmonaire, de pneumonie, d’accident vasculaire cérébral, de cancers et, bien sûr chez les enfants, d’un risque d’insuffisance pondérale à la naissance » .
Les enfants de moins de six ans, les femmes enceintes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux particules en suspension (PM10, PM2,5), il est recommandé aux habitants de limiter les activités à l’extérieur pendant le pic de pollution et d’éviter tout effort physique.

Agustin Garcia, chercheur au Département de physique-chimie atmosphérique CCA, souligne que les polluants primaires qui existent dans l’atmosphère sont le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote et dioxyde de soufre.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de décès dus à la pollution de l’air a atteint jusqu’à 5,5 millions de décès prématurés en 2013 dans le monde.

Les autorités estiment que chaque année, il y a 22 000 décès prématurés et 23 000 hospitalisations associées à des problèmes de qualité de l’air au Mexique, cette saison l’ozone est plus concentré en raison du rayonnement solaire élevé, de la chaleur, de la stabilité atmosphérique intense (absence de vent) et d’une faible humidité dans l’environnement.

En raison de ses conditions atmosphériques exceptionnelles qui devraient perdurer jusqu’à la fin de semaine au moins, la Came a décrété des mesures exceptionnelles parmi lesquelles l’obligation pour les industries chimiques, pharmaceutiques, d’hydrocarbures de réduire leurs émissions polluantes de 30 à 40 % dans la Zone métropolitaine de la Vallée de Mexico. Par ailleurs 40 % du parc automobile de la ville de Mexico doit rester au parking, près de cinq millions de véhicules circulent au quotidien dans cette ville tentaculaire.