equateur18042016

Une nouvelle catastrophe naturelle vient de meurtrir l’Équateur, un séisme de 7,8 sur l’échelle ouverte de Richter a secoué le pays sud-américain faisant un lourd bilan, 272 victimes et plus de 2500 blessés, un chiffre sans cesse revu à la hausse depuis que la terre a tremblé samedi. Le vice-président de l’Équateur, Jorge Glas, a déclaré que le nombre de morts pourrait encore augmenter au vu des dommages occasionnés dans la zone touchée et a ajouté que la situation est particulièrement « complexe » dans la station balnéaire de Pedernales, lieu le plus proche de l’épicentre où les équipes de sauvetage et d’assistance ont des difficultés à accéder après l’effondrement des routes. « Chers citoyens, nous avons la force de surmonter ce moment de douleur et de tragédie. Nous ne laisserons pas un seul citoyen », a déclaré le vice-président.

Il a ajouté que le tremblement de terre a été le plus puissant enregistré en Équateur depuis 1979. Pour faire face aux conséquences majeures du séisme en terme de pertes humaines et de dégâts matériels, Glas a annoncé le déblocage de 300 millions de dollars de fonds d’urgence et a décidé d’envoyer un contingent de pompiers dans la province de Manabi, et en particulier au sein du canton de Pedernales.

Le Gouvernement équatorien, dirigé par le président Rafael Correa, a déclaré samedi l’état d’urgence après le séisme, le chef de l’État en déplacement au Vatican au moment de la tragédie a émis un message alors qu’il a regagné son pays hier, dimanche  17 avril.

« La tragédie est très grande, la douleur est très grande », a-t-il déclaré visiblement ému. Il a annoncé le déploiement de 10 000 militaires et de 4600 policiers, la communauté internationale a immédiatement annoncé sa solidarité et son soutien à l’Équateur. Certains pays voisins tels que le Venezuela et la Colombie ont été les premiers à envoyer de l’aide. Correa a également salué les appels de Mariano Rajoy et de plusieurs dirigeants latino-américains.

Il était 18.58 (heure locale) lorsque la terre a tremblé dans le nord-ouest du pays, dans la province côtière d’Esmeraldas à la frontière sud avec la Colombie. Le tremblement de terre, le pire enregistré au cours des trois dernières décennies, a été ressenti dans tout le pays. L’épicentre se situait dans l’océan Pacifique à une profondeur de 20 kilomètres, à 28 km seulement de la côte équatorienne ( ce qui explique sa puissance dévastatrice) et à 173 km de la capitale, Quito.

Près de 200 répliques, dont certaines avec une intensité allant jusqu’à 6,1 degrés, ont été enregistrées depuis, d’autres secousses pourraient encore survenir au cours des trois prochains jours. Ceci est l’un des pires tremblements de terre que l’Amérique latine ait subis au cours de la dernière décennie, après celui qui a frappé en 2007 le Pérou (près de 600 morts) et en 2010 le Chili (plus de 150 morts) sans oublier la catastrophe en Haïti la même année, avec plus de 300 000 morts.

Manta, Portoviejo et Pedernales (province de Manabi) sont parmi les zones les plus touchées. Les victimes ont perdu la vie dans ces villes côtières, Manta avec 226 000 habitants (16,5 % de la province), est le deuxième plus grand port du pays et une ville en pleine croissance avec des bâtiments résidentiels sur le bord de la plage qui ont progressivement supplanté les maisons des pêcheurs. Portoviejo est une ville de 280 000 habitants (20 % de Manabi) et est principalement engagée dans le commerce, la troisième ville la plus touchée est Pedernales, qui abrite 55 000 habitants (4 % de la province) et s’avère particulièrement difficile d’accès pour les secouristes.

Le président équatorien s’est déjà rendu dans plusieurs zones touchées par le tremblement de terre, à savoir les villes de Manta, Portoviejo et Tarqui, où il a parlé et écouté les personnes touchées et traumatisées par le drame qui les a frappées. « Je crains que ce chiffre augmente parce que nous sommes encore en train d’enlever les débris », affirmé Correa à Portoviejo, province de Manabi.

Le gouverneur de Manabi a rapporté qu’environ 180 prisonniers de la prison d’État El Rodeo se sont échappés en profitant de la chute de murs qui se sont écroulés comme un château de cartes. Selon les rapports des médias, la police a capturé 20 fugitifs tandis que d’autres détenus sont retournés en prison volontairement.

Le tremblement de terre, qui a valu aux autorités de déclarer pendant quelques heures l’alerte au tsunami, a également été ressenti en Colombie et dans certains quartiers de Cali, capitale de la Valle del Cauca, où il y a eu des coupures d’électricité et les fissures dans les bâtiments, mais rien de sérieux.

Selon l’expert de l’Institut de géophysique (IG) de l’École nationale polytechnique de l’Équateur, Hugo Yepes, l’ampleur du tremblement de terre « représente une très grande énergie sismique libérée » et est liée à la zone de contact entre les plaques de Nazca et Amérique du Sud, où les tremblements de terre se produisent fréquemment.

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a déploré le séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter qui a frappé samedi le nord côtier de l’Équateur et a proposé son soutien à l’Équateur pour récupérer.
« Mes plus sincères condoléances aux victimes du tremblement de terre en Équateur. Les États-Unis sont prêts à aider et à soutenir le peuple équatorien dans cette période difficile », a déclaré Kerry dans un message posté sur son compte officiel sur le réseau social Twitter.

À l’heure actuelle, selon le Secrétariat de la gestion des risques Équateur, 241 professionnels de santé, y compris des ambulanciers, des médecins et la Croix-Rouge équatorienne, ont été déployés. L’organisation a posté sur son profil Twitter que plus de 1200 bénévoles participaient aux opérations de secours. En outre, plus de 4 000 policiers nationaux et 10 000 représentants des forces armées s’activent dans les zones les plus touchées du pays.

La responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a exprimé la solidarité de l’UE et a annoncé l’activation du mécanisme de protection civile pour fournir un soutien.

« Nos pensées sont avec les victimes, leurs familles et leurs amis et envers tous ceux qui ont été touchés », a déclaré Mogherini dans un communiqué.

Mise à jour le 21 avril 2016 : Le dernier bilan humain fait état de 570 morts