chili19042016

Décidément le Chili connait des phénomènes curieux et même inquiétants dans ses eaux depuis quelques mois, après l’échouage massif de baleines et de calmars, voilà que des milliers de sardines ont échoué dans la localité côtière de Queule, au sud du pays sud-américain.

Selon les dernières estimations, il y aurait environ 500 tonnes de poissons pourris sur la côte, ce qui empêche les pêcheurs de poursuivre leur activité. La forte odeur de putréfaction émanant des milliers de tonnes de sardines échouées sur la plage de ce village dans le sud du Chili est insupportable. « On n’a jamais vu quelque chose d’identique », répètent inlassablement les habitants de Queule, une petite ville à l’embouchure de la rivière du même nom. Les images de ce nouvel échouage massif font le tour du monde et serait lié en partie au phénomène El Niño qui engendre une hausse des températures de l’océan Pacifique.

En cet été austral, les longues côtes du pays sud-américain sont devenues un cimetière pour plusieurs espèces marines. Les baleines, les calmars, les sardines et les méduses ont été balayés sur plus de 5000 kilomètres de côtes en offrant des images apocalyptiques et en suscitant autant la curiosité que l’inquiétude ( vous pouvez consulter pour plus d’informations http://www.actulatino.com/2016/01/20/chili-apres-des-centaines-de-baleines-echouees-c-est-au-tour-des-calmars-de-mourir-en-masse/ et http://www.actulatino.com/2016/03/01/chili-des-biotoxines-marines-probablement-a-l-origine-de-la-mort-massive-de-baleines-en-patagonie/)

Selon les autorités, la présence au niveau superficiel de masses d’eau pauvres en d’oxygène aurait causé la mort des sardines, ce qui aurait coûté la vie à plusieurs milliers de tonnes de poissons.

Au début de l’année, les habitants de l’île de Santa Maria, située au large de la côte de la province d’Arauco, au sud du Chili, se sont également réveillés avec une vision dantesque. Des milliers de calmars géants étaient morts sur les plages de sable noir. Bien que les experts ne soient pas encore en mesure de déterminer précisément les causes de l’incident, les scientifiques pensent à El Niño comme cause probable et probante.

Les pêcheurs exigent que la zone sinistrée soit placée en état d’urgence afin que des moyens suffisants soient déployés pour ramasser et évacuer les sardines en état de décomposition, à l’heure actuelle 120 personnes s’affairent à récupérer les cadavres de poisson en adoptant toutes les mesures de précaution nécessaire d’un point de vue sanitaire. L’odeur putride de poisson en décomposition imprègne la région, depuis vendredi dernier, le gouvernement chilien a déclaré l’état de « zone de risque imminent pour la santé ».

On estime que les opérations de nettoyage pourraient prendre entre six et huit semaines. Cela a été annoncé par le maire de la commune, Guillermo Martinez, qui a ajouté qu’il est « à la recherche de ressources auprès du ministère de l’Intérieur afin d’engager des sociétés privées qui pourraient procéder à ce travail de nettoyage de la rivière Queule, et de raccourcir les délais d’évacuation des sardines ».

« Aujourd’hui, les sardines sont des matières organiques en décomposition , une masse moussante qui émet des odeurs fortes et des émissions dangereuses liées à la concentration élevée de gaz de sulfure d’hydrogène », a déclaré le maire Martinez. Le sulfure d’hydrogène est un élément volatil qui, dans des concentrations élevées, est mortel, au début du mois de mars, trois travailleurs ont perdu la vie en procédant à des opérations de nettoyage dans la fosse septique d’une clinique à Vitacura.

Contrairement à d’autres pays, au Chili, au phénomène El Niño s’ajoutent de puissants déplacements verticaux de masses d’eau profonde à la surface, des eaux froides riches en nutriments, mais en faible teneur oxygène, des conditions spécifiques qui peuvent conduire à des phénomènes exceptionnels comme ses échouages de masse.

Les experts affirment que ces sardines sont une espèce qui vit à des profondeurs ne dépassant pas 50 mètres dans la journée et 15 mètres durant la nuit, et que les premières données d’oxygène et de température dans la baie de Queule révèlent des taux en oxygène amoindris et des températures faibles entre 10 et 15 mètres de profondeur. « Cela représente un précédent qui devrait être considéré comme pertinent ». Les spécialistes en océanographie, qui ont comparé ces données avec celles de 2015 suite à un échouage similaire sur les rives de la région Biobio ( 550 km au sud de Santiago), soulignent « comme l’an dernier sur les rives du Biobío, des bancs de sardines ont été soumis à des conditions défavorables, ce qui représente une cause probable de la mortalité massive ».