equateur25042016

Le tremblement de terre du 16 avril dernier qui a secoué l’Équateur a fait, selon un dernier bilan des autorités, 655 morts, 12 494 blessés et 130 disparus, au cœur de ce malheur 130 personnes ont pu être sauvées des décombres et à ce jour 26 091 personnes restent logées dans des centres d’hébergement provisoires, des informations délivrées par le président Rafael Correa.

Le président a présenté un rapport sur le terrible tremblement de terre qui a frappé le pays, un séisme dévastateur de 7,8 sur l’échelle ouverte de Richter qui a atteint une partie de la zone côtière de l’Équateur.
Le rapport de l’exécutif a révélé que les zones les plus touchées sont Pedernales, San Vicente, Jama, Muisne, Tosagua, Atacames, Chone, Sucre, Portoviejo, Manta et Flavio Alfaro.
Dans les provinces de Manabi, Esmeraldas, Santo Domingo et Pichincha 71 abris ont été ouverts pour accueillir les sinistrés où ils reçoivent 5 896 familles, a-t-il ajouté.
Parmi les victimes, il y avait 29 étrangers, dont dix provenaient de Colombie, six de Cuba, deux de la République Dominicaine, deux du Canada, deux d’Angleterre, l’une d’Irlande, l’une d’Italie, l’une de France, l’une d’Allemagne, et trois dont la nationalité n’a pas été précisée. Ce triste bilan humain fait de cette catastrophe l’une des plus meurtrières enregistrées en Amérique Latine au cours de ces dernières années, le nombre de décès a seulement été plus élevé lors des tremblements de terre survenus au Salvador en 2001 (1142), au Pérou en 2007 et à Haïti (entre 200 000 et 250 000) en 2010.

A Pedernales (Manabí), le terrain de football a été transformé en morgue improvisée, les cercueils sont empilés près des tentes où les blessés reçoivent des soins.

Plus les jours passent, plus l’angoisse des survivants augmente concernant des proches portés disparus au vu de la faible probabilité de les retrouver en vie, par ailleurs la pénurie de nourriture et d’eau potable devient également une sérieuse source de préoccupation pour les rescapés.

Dans ce port de pêche, comme presque tout au long de la côte du Pacifique équatorienne, le mauvais état des routes (ce qui entrave la distribution), la peur du pillage et l’instabilité des bâtiments ont conduit à fermer les portes de nombreux magasins et les forces de sécurité veillent pour éviter tout pillage, les bâtiments détruits, les routes endommagées, l’absence de produits de première nécessité confèrent aux lieux des allures de zone de guerre.

Selon l’UNICEF, environ 150 000 enfants ont été impactés par le séisme, plus de 900 secouristes, pompiers, médecins et spécialistes de 20 pays, dont la Colombie, le Chili, le Mexique, le Venezuela et l’Espagne ont fait le déplacement pour apporter leur aide.

Le séisme a provoqué l’effondrement de 800 bâtiments, 600 bâtiments ont été partiellement touchés, et de nombreux dommages sont à déplorer dans les zones touristiques, des dégâts que le président Correa estime à 3 000 millions de dollars, soit l’équivalent de « deux ou trois points du PIB », une nouvelle épreuve pour ce pays déjà durement touché par la chute des prix du pétrole.

Selon les chiffres de l’agence de l’ONU, au moins 720 000 personnes ont besoin d’une aide humanitaire, plus de 25 000 personnes vivent actuellement dans des abris temporaires. Le premier avion envoyé par l’UNICEF vers l’Équateur a atterri à Quito, jeudi dernier, et il est prévu de commencer la distribution de l’aide humanitaire aux zones les plus touchées.
« Nous avons besoin que cette aide parvienne aux enfants le plus rapidement possible », a déclaré le Représentant de l’UNICEF en Équateur, Grant M. Leaity, « plus les enfants passeront du temps sans-abri, sans logement, sans eau potable et sans une protection complète, plus les risques sur leur bien-être et leur santé pèseront », a-t-il averti.
L’UNICEF a effectué ce samedi un appel aux dons, environ 23 millions de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins des 250000 enfants équatoriens qui ont tout perdu lors de ce séisme de forte amplitude. Une partie importante de cette somme, soit environ 14 millions, sera allouée à l’approvisionnement en eau, l’assainissement de base et d’hygiène dans les abris temporaires et centres de santé. Les fonds restants couvriront les besoins en éducation et en santé des enfants.

L’Institut de géophysique a enregistré jusqu’à hier dimanche 839 répliques, certaines d’une puissance proche de 5 sur l’échelle de Richter, les répliques sont un phénomène naturel qui suivent un puissant séisme. Le pays a déjà activé des crédits pour un montant de 600 millions de dollars avec la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement. Le Fonds monétaire international (FMI) a également offert son aide au pays, même si l’organisme n’a pas précisé le montant proposé. Le président a averti que la reconstruction sera longue et coûteuse mercredi dernier et a annoncé des mesures économiques drastiques, y compris une hausse de la TVA de 12 % à 14 % pendant un an et des cotisations sociales obligatoires, entre autres contributions.

Le président Rafael Correa a annoncé par décret le 23 avril une période de deuil national de huit jours et a remercié tous ceux qui ont manifesté de la solidarité envers son peuple après la tragédie.

Le séisme dont l’épicentre se situait à proximité de la ville balnéaire de Pedernales dans la province de Manabi, à quelque 180 km au nord du port de Manta, a fait des dommages considérables dans cette paisible cité touristique. Ce tremblement de terre est le pire que le pays ait connu depuis 1979.