perou28042016

Durant l’époque coloniale, les richesses dont regorgeaient les pays andins ont fait l’objet de toutes les convoitises, l’exploitation des mines a rempli les poches de la Couronne d’Espagne, tandis que les natifs ont souffert de conditions de travail épuisantes dans le cadre du travail obligatoire imposé par les conquérants, « la mita coloniale ». Parmi les mines les plus productives, celle du Cerro de Potosi (Bolivie), le site a en effet joué un rôle majeur dans l’histoire des mines d’argent du Nouveau Monde, durant les XVIe et  XXVI siècles, l’argent de Potosí, vice-royauté du Pérou, a été l’une des principales sources de richesse de l’empire.

Aujourd’hui le Pérou, qui possède le Cerro de Pasco (Cerro de Pasco est un des plus importants gisements d’argent de la planète, sa découverte remonte au début du XVIe siècle) reste le pays possédant les plus grandes réserves d’argent dans le monde, 21 % des réserves mondiales se trouvent sur les terres de l’ancienne civilisation inca selon la SNMPE  (soit 120 0000 tonnes métriques sur près de 570 000 tonnes métriques de ce métal précieux au total).

Derrière le Pérou, on retrouve l’Australie et la Pologne avec 85 000 MT estimées par pays, le Chili avec 77 000 MT, la Chine 43000 MT et le Mexique avec 37 000 MT.
Le Pérou a produit 4102 tonnes sur les 27 300 de tonnes d’argent fournies en 2015 au niveau mondial soit 15 % de la production mondiale, ce qui place le pays comme le deuxième plus grand producteur de ce métal précieux.

Le plus grand producteur au monde d’argent reste le Mexique avec une production de 5 400 tonnes métriques, le pays est suivi de la Chine avec 4100 MT et de l’Australie avec 1 700 MT.
En 2015 la production des mines d’argent du Pérou a augmenté de 8,6 %, durant la période 2011 – 2015 les exportations d’argent du Pérou ont totalisé 1 377 millions de dollars et les principaux marchés de destination sont les États-Unis, le Canada, le Brésil et la Suisse.

Outre l’argent, le Pérou possède 5 % des réserves d’or mondiales (soit 2800 tonnes métriques sur un total estimé de 56 000 MT), ce qui positionne le pays dans les 10 premiers (en 6e position) à posséder les plus grandes réserves de ce métal précieux dans le monde, toujours selon des chiffres divulgués par la Société nationale des mines, du pétrole et de l’énergie (SNMPE ).
PricewaterhouseCoopers indique que le potentiel d’extraction minière au Pérou est parmi les plus importants au monde. Le pays est le premier producteur en Amérique latine de zinc, d’étain, de plomb et d’or et le troisième pour la production de cuivre. En 2014, les exportations minières ont dépassé 20 000 millions.

Si cette richesse du sol apparaît comme un atout certain pour les autorités péruviennes, la présence de métaux et minerais précieux constitue également d’importantes sources de conflits sociaux. Des représentants de l’Observatoire des conflits miniers ont fait remarquer que cette situation est liée au manque de stratégies de prévention par l’état, à l’inefficacité dans la résolution de problèmes et les incitations de l’État pour que les les entreprises investissent et produisent sans prendre en compte les considérations écologiques ou encore les droits de l’homme dans un pays où la législation se doit de tenir compte les droits des natifs sur leurs territoires ancestraux (dont le droit de consultation préalable).

Selon la Banque mondiale, le Pérou devra faire face à un défi encore plus grand au cours des 10 prochaines années en ce qui concerne le climat social et économique. Les troubles sociaux, selon l’organisme, sont parmi les plus élevés, et menacent le développement du pays dans un contexte de ralentissement économique marqué par la baisse du prix des matières premières.
Dans ce contexte, il y a cinq conflits sociaux qui pourraient éclater violemment au cours des prochains mois relatifs à l’exploitation minière, comme celui lié à la pollution environnementale à Espinar (Cusco), ou encore la contamination au plomb dans le district de Bambamarca (Cajamarca) .
Depuis 2011, une soixante de personnes a perdu la vie au Pérou, des morts liées aux différents conflits sociaux en particulier dans la région de Cuzco. Le Pérou est marqué par les conflits miniers, en particulier liés aux préoccupations environnementales et l’approvisionnement en eau. Deux projets majeurs ont été abandonnés en raison de manifestations locales au cours des dernières années.

Le mois dernier, des dirigeants des communautés paysannes du district de Challhuahuacho dans la province d’Apurimac (Cotabambas), ont entamé une grève illimitée pour protester contre le gouvernement, ils l’accusent de violer leur droit à participer aux discussions autour du projet minier Las Bambas.
Les questions des droits de l’homme, des mesures socio-environnementales, et des projets d’investissement de l’exécutif, mais aussi la responsabilité sociale de la société MMG Limited, qui détient la mine, doivent être analysées .
Cependant, aucune mine pleinement opérationnelle au Pérou n’a été sérieusement affectée par les protestations.
Dans un contexte de faiblesse économique en Amérique latine, la croissance prévue du PIB du Pérou par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2016 a été revue à la hausse (de 3,3 % à 3,7 %),cette révision favorable est attribuable à la reprise du secteur de l’extraction.

L’avenir des mines d’or péruviennes et mondiales sera discuté lors du 12e Symposium international d’or et d’argent, qui se tiendra le 17 et le 18 mai dans la ville de Lima.