equateur03052016

Le responsable de l’ONU, qui a visité les zones impactées par le séisme en Équateur 48 heures après le drame qui a fait 660 morts, a affirmé que la communauté internationale a donné une « bonne réponse » à la demande de soutien, mais que les besoins restent néanmoins importants.

L’ONU cherche à lever 72,7 millions de dollars pour aider au cours des trois prochains mois les quelque 350 000 sinistrés et a déjà alloué à cet effet un peu plus de 7 millions de son fonds d’urgence.

O’Brien a souligné que l’impact du tremblement de terre de 7,8 sur l’échelle ouverte de Richter a été « massif » pour l’Équateur en ce 16 avril, à la fois en ce qui concerne le nombre de morts et de blessés, mais aussi en rapport avec la destruction des infrastructures et des bâtiments. Selon O’Brien, la recherche et les opérations de secours déployées dans la province côtière d’Esmeraldas à la frontière sud avec la Colombie ont permis de sauver plus d’une centaine de vies et de rétablir rapidement les moyens de communication.

Plusieurs agences de l’ONU telles que l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial ont soutenu depuis les milliers de personnes frappées par cette catastrophe, a rappelé l’organisation, à ce jour 42 personnes sont toujours portées disparues, tandis que 30 000 personnes sont logées dans des centres d’hébergement provisoires.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a fourni des comprimés de purification d’eau, des réservoirs d’eau et des latrines installées dans les zones les plus touchées.  L’UNICEF a effectué un appel aux dons, environ 23 millions de dollars sont nécessaires pour répondre aux besoins des 250000 enfants équatoriens qui ont tout perdu lors de ce tremblement de terre, le pire que le pays ait connu depuis 1979.

Les autorités de l’Équateur ont annoncé ce lundi que le réseau d’eau portable a été restauré entre 50 et 100% dans les zones touchées par le séisme.

Selon les informations fournies par l’agence d’information d’État ANDES, les populations de Manta, Bahia de Caraquez et Sucre ont retrouvé seulement 30 % de la couverture des besoins en eau.

Dans le cas de la production de l’eau pour la consommation humaine dans la province de Manabi, la moyenne est de 77%, alors que la couverture du réseau domestique atteint 62 %.

La ministre de la Santé publique de l’Équateur, Margarita Guevara, a déclaré qu’il n’y a pas d’épidémies jusqu’à présent à signaler dans la zone sinistrée, les autorités restent attentives à d’éventuelles épidémies et maladies qui peuvent être évitées avec une surveillance accrue.

Le titulaire de ce portefeuille a noté que les cas de fièvre ou de symptômes infectieux sont signalés et traités afin d’éviter tout type d’épidémie. Pour répondre aux besoins de la population sur la zone touchée, cinq hôpitaux mobiles et 111 antennes médicales avec du personnel soignant et des médecins de la santé publique équatorienne ont été déployés dans le cadre de l’aide humanitaire envoyée par la communauté internationale.

Le représentant de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), Gine Tambini, a déclaré que « ce qui est souhaité maintenant c’est une surveillance active, en particulier dans les abris et refuges afin de détecter tous les cas qui peuvent se produire, que ce soit des maladies diarrhéiques ou des maladies transmises par les moustiques ». L’arrivée de fortes pluies sur la zone sinistrée constitue une préoccupation supplémentaire du point de vue sanitaire, l’accumulation d’eau peut devenir des foyers propices au développement du moustique aedes aegypti qui transmet diverses maladies infectieuses comme la dengue ou encore Zika.

Face à cette situation, les autorités du gouvernement de Rafael Correa ont mis en place un programme de fumigation pour éliminer les sources de contamination. Par ailleurs, il y a quelques jours, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a averti d’une éventuelle expansion de ces virus, et des maladies telles que l’hépatite A ou les épidémies de gastro-entérite et de grippe.

L’Organisation des Nations Unies (ONU) a salué les mesures prises par le gouvernement d’Équateur pour canaliser l’aide internationale et nationale pour les victimes et a félicité l’administration du président.

Le coordonnateur des Nations Unies résident en Équateur, Diego Zorrilla, a déclaré que depuis le tremblement de terre en Haïti en 2010, l’Amérique latine n’avait pas enduré une catastrophe d’une telle ampleur que celle subie par le pays andin.

La CAF (Banque de développement de l’Amérique latine) a fait un don de 200 000 dollars pour la reconstruction en tant qu’aide humanitaire. Selon le Secrétariat technique pour la coopération internationale (SETECI), la banque régionale a également fait au pays sud-américain un prêt de 100 millions de dollars pour financer les efforts de rétablissement. Les deux fonds remboursables et non remboursables peuvent être utilisés pour soigner les victimes du tremblement de terre, rétablir les services, mais aussi pour réaliser des études de préinvestissement et la reconstruction des infrastructures totalement ou partiellement endommagées.

Pour sa part, le gouvernement a réitéré sa gratitude envers la communauté internationale pour son soutien dans cette douloureuse épreuve, tandis que le ministre des Affaires étrangères Guillaume Long considère que l’aide des pays étrangers « doit être durable dans les étapes d’hébergement et de reconstruction des villes ». Le président Rafael Correa avait décrété le 23 avril une période de deuil national de huit jours pour rendre hommage aux victimes.

Ministère des Affaires étrangères français :
Dernière mise à jour le : 17 avril 2016 – Information toujours valide le : 3 mai 2016
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Séisme près de Muisne
« Un séisme de magnitude 7.8 a frappé les provinces des Esmeraldas et de Manabi, au nord-ouest de la capitale Quito. Une alerte au tsunami a été lancée puis a été levée. Les réseaux téléphoniques sont saturés.
Les autorités équatoriennes ont décrété l’état d’exception, autorisant la mobilisation de tous les services de l’État. Une vigilance particulière est demandée pour les déplacements dans les provinces de Esmeraldas, Manabi, Santa Elena, Guyas, Santo Domingo et Los Rios ».