continent13052016

Les abus sexuels à l’encontre des mineurs ont malheureusement encore augmenté au cours de ces dernières années au point de devenir un « phénomène endémique mondial », un triste constat établi par l’ECPAT international. Dans une étude, qui vient d’être présentée au Congrès des États-Unis, il est précisé que le nombre de cas d’exploitation sexuelle est croissant y compris dans des endroits très reculés.
L’ECPAT International, le plus grand réseau dédié à la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants, décrit les tendances du « tourisme sexuel » dans différentes parties du monde et met en garde sur le profil des délinquants pédosexuels , ceux qui abusent des mineurs ne sont pas forcément des hommes occidentaux, riches et d’âge mûr, les « abuseurs » ont en fait un profil très varié.
Ainsi, il n’y a pas de « profil type » pour les agresseurs et par ailleurs les crimes sont perpétrés dans de nombreux cas par des personnes voyageant à l’intérieur de leur pays d’origine et même dans leur région, leurs actions sont facilitées par Internet et la technologie mobile, ce qui leur permet de rester anonymes.

L’Asie du Sud reste l’une des régions où l’exploitation sexuelle des enfants par les touristes est la plus concentrée et, à l’heure actuelle, les garçons sont abusés dans la rue et les filles dans des bordels et autres établissements de prostitution, détaille la recherche de l’ONG .
D’autre part, en Amérique latine la maltraitance des enfants a augmenté simultanément avec l’augmentation du tourisme qui a quadruplé depuis 1980.
Les trois quarts des touristes voyageant en Amérique latine proviennent des États-Unis et du Canada, les pays « demandeurs » se rendent à l’étranger pur fuir les dures lois de leur pays envers ceux qui commettent des abus sexuels, alors que la législation est faible dans les pays où ils exploitent des mineurs sans état d’âme.

L’enquête d’ECPAT International a été financée par le ministère néerlandais des Affaires étrangères, soutenue par l’Agence suédoise pour la coopération internationale et le développement et la Fondation Oak (groupe d’associations caritatives et philanthropiques de divers pays), dédiée à aborder divers problèmes sociaux et à l’environnement.
La publication de l’étude coïncide avec le 20e anniversaire du premier Congrès mondial sur l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents, qui s’est tenu à Stockholm (Suède) en août 1996.
Selon les chiffres des différentes ONG, environ 223 millions d’enfants ont connu des rapports sexuels forcés ou d’autres formes de violence sexuelle avec contact physique.

L’UNICEF estime également que « la véritable ampleur de la violence sexuelle est cachée, en raison de sa nature sensible et illégale. La plupart des enfants et des familles ne signalent pas les cas d’abus et d’exploitation en raison de la stigmatisation, de la peur et du manque de confiance envers les autorités ».
En Amérique latine, l’incidence des abus sexuels d’enfants commis par des voyageurs et des touristes « est très élevée, en particulier dans les zones touristiques où vivent les communautés pauvres et les exclus », poursuit le rapport.

« Les arrivées de touristes ont quadruplé depuis 1980 sans que cela implique une amélioration des conditions de vie des populations locales. En revanche, le développement des zones touristiques a souvent privé les familles de leurs moyens traditionnels comme l’agriculture de subsistance leur laissant peu d’alternatives en dehors du travail dans le tourisme », a déclaré le CSTC-VT.
Pour de nombreux enfants et adolescents, la prostitution « est un moyen de survie. Mais d’autres ont des relations sexuelles pour obtenir, par exemple, des téléphones portables ou d’autres produits de luxe », peut-on lire dans le rapport.

Le rapport déplore également « un contexte d’impunité, » étant donné l’existence d’une « complicité indirecte » des fonctionnaires aux plus hautes sphères de la société, des membres de la magistrature et des travailleurs dans le secteur du tourisme avec la propagation de l’exploitation sexuelle des enfants.
L’étude de l’ECPAT International a révélé que les services pour les victimes restent insuffisants et que l’application de la loi et les procédures criminelles des agresseurs sont entravées par le manque de coordination et de partage d’informations entre les autorités.
Le tourisme sexuel à l’étranger est également en train de changer de source, avec un nombre croissant de voyageurs chinois, japonais ou coréens.
Et l’Europe est en train de devenir une zone d’abus sexuel des enfants, en particulier dans les pays de l’Est et le centre du continent, avec de nombreuses lacunes dans la législation.

« Nous devons tous partager le fardeau de l’élimination de l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents dans le secteur du voyage et du tourisme. Agir maintenant pour protéger les enfants et les adolescents contre ce crime choquant partout où ils sont est une obligation morale », a déclaré Najat Maalla M’jid, présidente du Groupe de travail de haut niveau pour l’étude mondiale sur l’exploitation sexuelle des enfants et des adolescents.