colombie17052016

Le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé le 15 mai, à La Havane, un accord afin que les mineurs de moins de 15 ans puissent quitter la guérilla marxiste et par ailleurs les forces armées révolutionnaires se sont engagées à élaborer une feuille de route pour démobiliser progressivement les moins de 18 ans. L’accord comprend un programme spécial afin d’apporter une attention particulière aux jeunes qui seront démobilisés pour assurer leur transition vers la vie civile. Cette initiative fait partie des mesures visant à mettre fin au conflit armé colombien, elle a été précédée par l’annonce en février dernier des FARC de ne plus recruter de mineurs de moins de 18 ans, ce un an après leur engagement de ne plus accepter dans leurs rangs des jeunes de moins de 17 ans.

Cet engagement devrait contribuer à « renforcer la confiance » entre les deux parties alors que s’amorce la phase finale des négociations de paix menées à La Havane, un processus débuté en 2012. L’intérêt principal de l’accord est la reconnaissance des droits des enfants et des adolescents victimes de conflits. Sous cette condition, l’accord prévoit des garanties pour la protection complète des mineurs, y compris leur réintégration au sein de leur famille ou communauté et leur réinsertion sociale.

L’organisation des FARC, qui n’a pas révélé le nombre d’enfants enrôlés dans leurs rangs, au sein de laquelle on dénombre encore 7 000 combattants, a affirmé dans une déclaration distincte vouloir libérer un premier groupe de « 21 individus de moins de 15 ans ».

Le gouvernement colombien n’a pas révélé le nombre exact de mineurs combattants des FARC, mais selon des données officielles, quelque 6000 enfants ont été utilisés au sein d’organisations armées illégales au cours des 17 dernières années, 60 % d’entre eux parmi les FARC.

« Nous avons atteint un accord historique à La Havane pour sortir les enfants sur la guerre », a déclaré le président de la République Juan Manuel Santos sur son compte Twitter, et a annoncé que les enfants seront rendus à leurs familles. Selon les données de l’ICBF, les cinq départements où il y a plus d’enfants dans les rangs des groupes armés sont Tolima, Arauca, Putumayo, Antioquia et Valle del Cauca. Parmi les enfants qui se sont dissociées du combat des FARC, 72 % sont des garçons et 82 % des filles.

D’après les autorités de ce pays sud-américain, les FARC, entre 1975-2014, ont tenu une « politique de recrutement systématique et généralisée », qui leur a valu l’enrôlement de 11 556 mineurs (33 % de femmes et 67 % d’hommes) dans leurs rangs.
Malgré ces informations, le Parquet n’a donné aucun détail sur le nombre d’enfants et d’adolescents qui sont actuellement sur les différents fronts de la guérilla.

« Il n’y a pas de chiffres officiels, seulement des informations historiques sur les enfants eux-mêmes et le nombre d’enfants et adolescents victimes de conflit armé en Colombie qui ont déjà quitté leurs rangs », a déclaré Cesar Gaviria.

Selon un rapport publié par l’ICBF, l’UNICEF et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les enfants qui ont combattu dans le conflit colombien témoignent de l’existence de liens d’affection avec des membres de la guérilla qu’ils considèrent comme des mentors ou encore des membres de leur famille.
« Ce n’est pas étrange étant donné que beaucoup de ces enfants entrent très jeunes dans ces groupes et créent des relations significatives en son sein. Mais le fait que ses enfants aient exprimé leur volonté de faire partie du groupe armé ne signifie pas que les effets de la guerre soient moins dévastateurs. Selon le rapport, les enfants démobilisés montrent des difficultés émotionnelles telles que « des manifestations somatiques, de l’anxiété, des difficultés relationnelles et des problèmes d’attention ».

L’accord annoncé dimanche précède les derniers pourparlers qui devraient mettre une fin définitive au conflit armé qui, depuis plus de 50 ans, a opposé les FARC aux autorités colombiennes. L’accord prévoit que les enfants de moins de 14 ans ne peuvent en aucun cas être tenus pénalement responsables et bénéficieront d’indulgence dans la mesure où ils n’ont pas commis des actes contraires à la législation colombienne. La situation des mineurs accusés ou reconnus coupables d’avoir commis des crimes impardonnables sera étudiée ultérieurement. Tous les enfants qui quittent la guérilla seront considérés comme des victimes du conflit et dans le cas des enfants de moins de 14 ans, ils ne peuvent être tenus pénalement responsables.

Les parties impliquées dans le processus de paix ont déjà conclu des accords sur les mécanismes d’accès à la terre pour les paysans pauvres, mais aussi sur la transformation de la guérilla en un parti politique, la lutte contre le trafic de drogue, le déminage et la recherche de personnes disparues. Reste des questions complexes non résolues telles que le cessez-le-feu bilatéral, l’abandon des armes par les insurgés et les zones d’occupation de transition de la guérilla.

Le conflit des FARC a causé la mort de quelque 300 000 personnes au cours de ces dernières décennies, alors que six millions de personnes ont été déplacées par la contrainte de leurs villes natales.