bolivie20052016

Les répercussions du phénomène climatique El Niño marqué par le réchauffement des eaux de l’océan Pacifique n’ont pas été anodines sur le territoire sud-américain divisé entre sécheresse et précipitations intenses.  Pour les dirigeants des pays fortement impactés comme la Colombie, le Pérou, le Venezuela, le Paraguay ou encore la Bolivie, il a fallu prendre des mesures d’urgence pour pallier ses impacts.

Concrètement, entre octobre 2015 et février 2016 les températures dans les parties centrale et orientale du Pacifique tropical ont dépassé la moyenne de plus de 2 degrés Celsius, ce qui en fait un épisode comparable en intensité avec ceux enregistrés entre 1982 et 1983, et 1997 et 1998, les phénomènes les plus forts enregistrés jusqu’à présent.

En Bolivie, 48 % du pays a été touché par la sécheresse en cette saison, tandis que 16 % du territoire a souffert de la grêle et du gel. Selon un rapport de la Défense civile, en raison du phénomène naturel particulièrement puissant depuis la fin 2015, 132 000 familles ont été victimes de sinistres et 30 personnes ont été tuées, principalement par la foudre. Par ailleurs, ces conditions climatiques extrêmes ont valu la perte de 80 000 hectares de cultures enregistrées depuis novembre 2015.

Le sous-ministre de la Défense civile, Oscar Cabrera, a rapporté que les départements les plus touchés sont Chuquisaca, Potosi, Oruro, Cochabamba et La Paz, les dommages sont davantage liés à la sécheresse qu’aux précipitations. Les autorités ont souligné que la priorité du gouvernement consiste à fournir de l’aide humanitaire, de l’eau pour la consommation humaine et pour le bétail.

Du 1er novembre 2015 à avril 2016, les événements naturels causés par El Niño ont affecté 48,4 % du pays par la sécheresse, 16,5 % par la grêle et le gel, 2,3 % par des débordements soudains, et 9,3 % de rivières en cru. Cabrera, veille à ce que le Plan d’action immédiate (PAI) se poursuive, il compte sur un budget de 37 millions de bolivianos dont un montant de 13 millions est destiné à l’envoi de l’aide humanitaire.

Par exemple, le directeur du développement productif de Cochabamba, Wilson Camacho, a rapporté que près de 300 hectares de cultures ont été affectés par la sécheresse qui a été enregistrée pendant quatre mois dans les districts 3 et 4 de la municipalité de Punata. Le ministre du secteur impacté a déclaré que la région de l’Altiplano est la plus touchée principalement en ce qui concerne les cultures de pommes de terre et la quinoa. Le gouvernement estime qu’en raison du phénomène El Niño « la production agricole sera affectée à hauteur de 15 % ».

« 6% de la production de pommes de terre devrait être perdue soit environ 6 000 tonnes, alors nous devons travailler pour compenser, » a affirmé le ministre du Développement rural et des terres, César Cocarico.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM), peut-on consulter sur la page de l’UNESCO Bolivie, que l’épisode actuel du phénomène météorologique, l’un des plus dévastateurs dans l’histoire, s’affaiblit rapidement et est très peu susceptible d’être réactivé avant la fin de cette année. Parlant aux journalistes à Genève, la porte-parole de l’OMM, Claire Nullis, a toutefois souligné que cette tendance ne va pas continuer à influencer les conditions météorologiques dans certaines régions du monde jusqu’à ce milieu d’année.

Selon les experts de l’OMM, les températures de surface du centre du Pacifique se modéreront entre mai et août, cependant entre juillet et septembre et pendant le reste de l’année 2016, les températures de la zone baisseront de plus de 0,5 degré Celsius en dessous de la moyenne. Cette baisse de température est caractéristique d’un épisode à venir, quoique faible selon l’OMM, de  « La Niña », le phénomène inverse, de sorte que les parties du monde qui ont souffert des sécheresses sont désormais susceptibles d’avoir des précipitations supérieures à la moyenne.

Le Ministère de la Défense civile a annoncé en février dernier la construction d’au moins 40 puits dans les régions montagneuses et dans le Chaco bolivien, des zones fortement touchées par le manque d’eau.

Le gouvernement bolivien a indiqué que « les hauts plateaux ont été fortement affectés par la question de la sécheresse, la grêle et dans certains cas de la neige », ce qui induit un changement dans l’environnement habituel au sein duquel les animaux sont habitués à vivre. Les autorités ont distribué des médicaments pour les animaux, des vitamines et de la nourriture, en particulier pour les éleveurs de l’Altiplano.

(16/03/2016)