colombie27052016

L’Union Européenne a fait part de sa solidarité financière avec le gouvernement colombien pour accompagner le processus de paix qui doit mettre très prochainement fin au conflit armé, mené par les guérilleros des FARC, qui a meurtri le pays pendant des décennies.

Hier, jeudi 26 mai 2016, l’Union européenne a, pour témoigner de son soutien dans les négociations de paix, annoncé une nouvelle contribution de 575 millions d’euros pour soutenir la mise en œuvre des accords signés visant à mettre fin aux actions illégales des Forces armées révolutionnaires sur le territoire colombien.
L’annonce a été faite par la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, après une rencontre avec le chef de l’État colombien, Juan Manuel Santos, et la ministre des Affaires étrangères, Maria Angela Holguin.
Le chef de la diplomatie européenne a donné les raisons pour lesquelles les gouvernements du continent européen ont décidé d' »investir dans la paix » en ajoutant, « nous savons que c’est le meilleur choix pour le monde. Nous sommes convaincus dans l’ensemble que cela donnera aussi une opportunité de croissance pour le pays et de la création d’emplois ».

La coopération annoncée prévoit la création de 650 petites et moyennes entreprises rurales, le financement de projets pour des radios communautaires, l’aide aux actions de déminage humanitaire et la mise en œuvre du dialogue social comme un mécanisme visant à la restitution et distribution des terres.
L’aide couvre également une assistance technique en milieu rural et des prêts à hauteur de 400 millions d’euros, qui seront disponibles une fois l’accord final de paix signé.

À son tour, le président Santos a remercié le soutien des 28 pays qui composent l’Union européenne et a mis en évidence le rôle de cet organe dans la gestion postconflit. « L’Union européenne est un élément clé pour parvenir à la paix au sein du pays », a affirmé le chef de l’État.
Lors de la rencontre avec les autorités colombiennes et Mogherini, des accords pour le développement local durable dans les zones marginalisées, la promotion de la garantie des droits de propriété foncière et l’accès équitable à la terre dans les zones protégées et le déminage humanitaire ont été évoqués.
Le 23 mars, l’Union européenne avait déjà approuvé le Fonds d’affectation spécial postconflit, visant le développement rural avec des projets productifs prenant en compte l’approche territoriale.
Le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) négocient la paix depuis trois ans et demi à La Havane (Cuba), un processus qui devrait être achevé avec succès dans les prochains mois, deux points majeurs sont encore à l’ordre du jour à savoir les conditions du désarmement et la démobilisation des guérilleros.
Pour la haute fonctionnaire d’origine italienne, la paix avec les FARC « peut être l’une des meilleures nouvelles mondiales de l’année et peut être la bonne nouvelle qui enseigne au monde qu’un conflit qui a duré si longtemps peur prendre fin grâce à la négociation, la diplomatie et le dialogue ».
« Nous pensons que nous avons besoin de leaders forts pour mener la guerre, mais l’histoire de l’Europe nous enseigne qu’il faut des dirigeants forts pour faire la paix et je pense que c’est ce dont la Colombie a besoin maintenant. Des dirigeants courageux pour y parvenir », a souligné Federica Mogherini.

Le gouvernement de Colombie et la guérilla des FARC se sont déclaré le 25 mai en session permanente dans le but de « parvenir à un accord le plus tôt possible », dans une déclaration commune, les délégations de l’exécutif et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé la poursuite du dialogue en raison de la « dynamique positive relative aux discussions sur la question de la ‘Fin du conflit’.

Les deux parties se rencontreront à nouveau mardi 31 mai pour poursuivre les négociations après quatre jours de réflexions menées séparément : « Le but est de parvenir à une étape nouvelle décisive pour mettre fin à la guerre et parvenir à la paix que nous désirons tous. »

La semaine dernière, il a été convenu que le président Juan Manuel Santos se rendre à La Havane le 4 juin pour assister au septième Sommet de l’Association des États des Caraïbes, un évènement qui coïncide avec un moment clé dans le processus de paix.

Le conflit des FARC a causé la mort de près de 300 000 personnes au cours de ces dernières décennies, alors que six millions de personnes ont été déplacées par la contrainte pour fuir la violence.