colombie30052016

Une vaste opération policière composée de 2500 agents a permis la libération, samedi 28 mai, d’environ 200 esclaves sexuelles retenues dans le quartier chaud du « Bronx »,  dans la capitale colombienne Bogotá. 70 jeunes filles mineures se trouvaient sexuellement abusées parmi une centaine de femmes, durant les perquisitions, un jeune homme séquestré a pu être aussi libéré, 14 armes à feu (y compris 11 armes automatiques), ainsi qu’un laboratoire de traitement de la drogue ont été retrouvés.

Le directeur du CTI (Cuerpo Técnico de Investigación), Julian Quintana, a informé aux médias que le jeune homme libéré était une personne apparemment originaire de Bucaramanga, qui serait passé pour acheter de la drogue, il aurait alors été enlevé et séquestré : le cou enchaîné, les mains et les pieds liés, il survivait caché derrière un mur en bois dans un bâtiment délabré. Parmi les enfants secourus, 50 sont des adolescents hommes, 68 des jeunes femmes, ainsi que neuf petites filles et neuf jeunes garçons. Chacun d’entre eux a été pris en charge par les fonctionnaires de l’Institut colombien du bien-être familial.

« Quand on arrive dans le ‘Bronx’, on se rend compte que l’enfer existe dans la vie. Nous avons trouvé environ 200 filles qui ont été exploitées sexuellement et qui vivaient dans des conditions inhumaines« , a déclaré le maire de la ville à Caracol Radio. Les mafias du secteur rendent leurs victimes dépendantes de la drogue et les obligent par la suite à se prostituer, certaines victimes n’avaient même pas 13 ans .

Le quartier de la capitale malfamé surnommé le Bronx est gangrené par le crime organisé, plusieurs gangs contrôlent le trafic de drogues, de personnes, d’armes, mais aussi les réseaux d’exploitation sexuelle parmi lesquels des réseaux de pédopornographie. Les autorités de Bogotá cherchent à mettre fin à la criminalité organisée dans ce domaine et ont mis sur pied durant quatre mois le raid de ce week-end, « un coup dur contre les criminels » et un succès dans la lutte « visant à protéger les enfants exploités », a affirmé le maire de la capitale, Enrique Penalosa.

Deux dirigeants présumés de ces réseaux criminels ont été capturés. Selon les autorités, ces hommes reçoivent plus d’un million de dollars par mois pour leurs activités illégales liées au trafic d’armes, à la prostitution et au jeu.

À son tour, le maire de Bogotá, Enrique Penalosa, a déclaré que le dispositif dans le « Bronx », situé à quelques pâtés de maisons du Congrès, du siège de la présidence et de la mairie, et habité par une population fluctuante d’environ 3 500 personnes, principalement des habitants rue, « cela ne constitue pas une opération contre ces gens de la rue, c’est une opération visant à protéger les enfants exploités et à démanteler les gangs criminels ».

Enfin, le président Juan Manuel Santos, dans un communiqué de presse réalisé conjointement avec le maire de la capitale, a déclaré: « Il s’agit d’une intervention pleinement coordonnée, un exemple de la façon dont le travail doit être coordonnée entre municipalité et gouvernement national pour donner de bons résultats » ajoutant « sans aucun doute, cette intervention dans le Bronx rend la ville plus sûre ».

Le chef de l’État a indiqué que le dispositif a permis de s’attaquer à trois gangs opérant dans la région’ Gancho Mosco’, ‘Gancho Manguera’ et ‘Gancho Payaso’

À son tour, la directrice de l’ICBF (Instituto Colombiano de Bienestar Familiar), Cristina Plazas, a déclaré: « Ceci est un processus de récupération de la vie, de la reconnaissance des droits et bien sûr de l’offre institutionnelle qui veille à ce que les citoyens les plus vulnérables aient accès à nos services ».

Il a ajouté:  « Nous avons 250 fonctionnaires qui accueillent les enfants libérés, nous communiquons avec les parents et nous les remettrons aux familles quand ce sera possible ».

Les autorités ont déclaré au sujet de l’intervention « Nous allons maintenir la pression intensivement dans le secteur au cours des trois prochains jours. On ne va pas partir jusqu’à ce que l’ordre soit rétabli ».