perou22062016

Au Pérou, tous les chemins mènent au Machu Picchu, ose-t-on dire… Eh oui, les autorités du pays sud-américain surfent sur le succès de la citadelle inca comme pôle d’attraction touristique pour offrir de nouveaux points d’accès aux visiteurs toujours plus nombreux qui souhaitent profiter de la mystérieuse cité des Andes, perchée à 2430 m d’altitude, au coeur d’une végétation luxuriante.

La semaine prochaine, trois ponts en acier de type « acrow » vont être inaugurés, ils ont été construits au-dessus des rivières Quellomayo, Acomayo et Huaquiña dans le but d’améliorer la circulation des transports touristiques vers ce lieu emblématique.

Selon le ministère du Tourisme, responsable de la construction des ponts, au moins un million de touristes visitent le sanctuaire historique au cours d’une année. Le Machu Picchu se situe dans le sud du département touristique de Cuzco et abrite plus de 200 sites archéologiques parmi lesquels des places, des temples, des routes et des plates-formes. Il a été construit au XVe siècle et, malgré les incertitudes qui demeurent, il aurait servi comme centre de culte et comme lieu d’observation astronomique du vaste Empire Inca.

Le Président de l’Association péruvienne des Tour Operateurs et du tourisme interne (APOTUR), Enrique Quinones, a révélé que le tourisme contribue à 56 % des exportations totales de services, alors ce haut lieu identitaire fait l’objet de toutes les attentions.

Cette inauguration survient alors que l’effervescence est de rigueur au Pérou, et plus particulièrement dans les Andes, en effet chaque année, à la mi-juin se tiennent les festivités de l’Inti Raymi, à l’occasion du solstice d’hiver dans l’hémisphère sud et Cuzco se pare alors de ses plus beaux atours.

Au temps des Incas, l’Inti Raymi était la célébration la plus importante des quatre festivals organisés à Cuzco, comme le rapportait le chroniqueur Garcilaso de la Vega (1539-1616), la cérémonie s’étendait sur 15 jours et se caractérisait par les danses et des sacrifices visant à satisfaire les divinités.

L’ancien rituel inca de l’Inti Raymi aura lieu vendredi 24 juin sur l’esplanade du Parc archéologique de Sacsayhuaman, raison pour laquelle le ministère de la Culture décentralisée de Cuzco a ordonné une série de mesures visant à protéger ce patrimoine culturel précieux.

« Il s’agit de l’Inti Raymi, l’une des fêtes les plus somptueuses Cuzco. La date centrale est le 24 juin et devrait rassembler plus de 50 000 personnes, beaucoup d’entre elles en provenance de différentes régions du pays », a souligné Magali Silva Velarde-Álvarez, ministre du Tourisme.

La Fiesta del Sol ou Fête consacrée au dieu Soleil (Inti) se tient chaque année à Cuzco, la capitale du Tawantinsuyo, ancien empire inca, entre la fin de la période de récolte et le début de l’équinoxe dans les Andes. À l’époque des Incas, ce jour était l’équivalent de la nouvelle année. Le solstice d’hiver de l’hémisphère sud marque une nouvelle année, mais aussi un nouveau cycle agricole, le temps des récoltes marque cette célébration qui commémore la plus grande et la plus majestueuse tradition précolombienne en hommage au Soleil.
Les Incas organisaient cette fête l’un des jours les plus courts de l’année dans l’hémisphère sud (certainement le 21 juin, à l’origine), par crainte que le soleil (leur père nourricier), source de vie et d’énergie, abandonne ses fils, « les créatures du soleil ».

Scientifiquement le solstice commence le 21 juin, mais selon le Pacha Unachaq, un cadran solaire utilisé par les Incas, le soleil reste quelques jours au même endroit avant de se lever le 24 juin. Ce jour a donc été proclamé par le haut prêtre comme nouvelle année : Inti Raymi.

La ville de Cuzco, située à 3 400 m d’altitude, se rappelle avec faste sur l’esplanade du sanctuaire de Sacsayhuamán, mais aussi au temple de Qoricancha et sur la Place d’Armes (Plaza de Armas) de la ville « nombril du monde », cette célébration préhispanique, symbole de la splendeur d’une civilisation passée et annihilée par la Conquête et le système colonial espagnol.