colombie24062016

« Aujourd’hui c’est un jour historique pour notre pays. Après 50 ans de combats, on a mis fin au conflit armé avec les FARC. La réalisation de cet accord nous remplit de foi et d’espérance », voilà les mots du président colombien Juan Manuel Santos qui, le 23 juin, a fait vivre une journée historique à son pays en scellant l’accord de cessez-le-feu bilatéral et final avec les FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla marxiste qui a insufflé un vent de terreur sur le territoire. À cette occasion, le président colombien Juan Manuel Santos et le chef des FARC ,Timoléon Jimenez, dit Timoshenko, ont échangé une poignée de main en présence, entre autres, du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, une image qui a fait le tour du monde, une étape cruciale vers la concrétisation du processus de paix.

En réponse au message d’espoir délivré par le chef de l’État, le haut dirigeant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), alias ‘Timoshenko’ a répondu « que ce soit le dernier jour de guerre ».

Plus de cinq décennies de conflit armé en Colombie ont laissé un équilibre fragile au sein du pays sud-américain, 220 000 personnes ont perdu la vie au cours de ces années sombres, tandis que cinq à six millions de personnes ont été déplacées, 50 000 personnes restent à ce jour disparues. La signature du cessez-le-feu et la remise des armes étaient l’un des points de discussion les plus tendus durant les négociations qui ont lieu à La Havane depuis la fin de 2012.

Cet accord de désarmement stipule la création de 23 zones territoriales temporaires et transitoires où les guérilleros non armés et sans uniformes militaires se concentreront sur la phase d’adaptation de la trêve et à leur préparation de la transition de la guérilla vers la vie civile. Le gouvernement de Santos a promis de veiller à la lutte contre les gangs criminels qui menaceraient la réalisation de la paix et s’engage à ce que « les armes ne soient plus jamais utilisées en politique ».

La vérification de la remise des armes sera menée par un groupe de travail composé des deux parties et des observateurs de l’Organisation des Nations Unies, principalement formés par les pays de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC). . ‘Timoshenko’ a confirmé que la guérilla continuera les actions politiques, mais « avec des moyens légaux et pacifiques et avec les mêmes garanties que d’autres forces politiques ».

Les délégations du gouvernement national et les FARC-EP ont informé l’opinion publique de la concrétisation du dialogue « nous avons atteint avec succès l’accord du cessez-le et la fin des hostilités bilatérales et définitives », ont affirmé les négociateurs colombiens dans une déclaration commune lue à La Havane.

Les parties sont également parvenues à un consensus sur les questions clés pour mettre fin au conflit comme l’abandon des armes par la guérilla, des garanties de sécurité, la lutte contre le paramilitarisme et la poursuite de tout « comportement criminel qui menace la mise en œuvre des accords et de la construction la paix ».

Les FARC ont déclaré un premier cessez-le-feu, il y a 11 mois, ce qui avait déjà considérablement réduit l’intensité du conflit armé. Le gouvernement avait jusqu’à présent refusé d’arrêter l’offensive terrestre contre le groupe de guérilla, bien que les autorités aient suspendu les bombardements aériens.

De l’Amérique et l’Europe, les présidents, chanceliers et différentes organisations, entre autres, ont exprimé leur joie sur cette étape qui ouvre la voie à la signature d’un accord de paix final.

« Non seulement l’accord met fin aux confrontations, mais il délimite aussi un calendrier précis pour la remise définitive des armes. Cela signifie ni plus ni moins la fin des FARC comme groupe armé », a souligné le chef de l’État.

L’abdication par la guérilla marxiste, composée d’environ 7000 combattants, et la remise des armes se déroulera en trois phases à partir de l’accord final : 30 % dans les quatre-vingt-dix jours à compter de l’accord final, une autre étape du trentième jour au 120e et le reste sous une période de 180 jours.

Le haut dirigeant des FARC, Rodrigo Londoño Echeverri, alias Timoshenko a déclaré que les forces armées colombiennes et que les alliés de la guérilla étaient désormais au service de la paix. « Nous étions adversaires, à l’avenir nous devrons être des forces alliées pour le bien de la Colombie », a déclaré Timoshenko dans un discours sans précédent à La Havane ajoutant que la Colombie a besoin « d’une réconciliation finale ».

Juan Manuel Santos a annoncé que l’accord de paix final sera signé en Colombie, mais aucune date n’a été communiquée pour le moment.

Les FARC ont validé par ailleurs que l’accord de paix à venir soit ratifié par référendum, une procédure de validation souhaitée par Santos qui a longtemps fait l’objet d’un blocage entre les négociateurs.

« J’ai la chair de poule en réalisant que tant de Colombiens ont été tués, comme je l’ai dit plus tôt, des déplacés, des exilés… et aujourd’hui c’est un jour historique… Je pense que ce pays va connaitre une amélioration, un changement à partir d’aujourd’hui dans notre pays « , a déclaré Luis Alberto Acosta, déplacé interne par le conflit en Colombie.