guatemala03072016

Le coordonnateur national de l’État pour la prévention des catastrophes (Conrad), David de León, a rapporté vendredi une forte explosion du volcan Santiaguito, situé dans le département de Quetzaltenango, dans l’ouest du Guatemala.

L’expert de l’agence de la Protection civile a affirmé que le colosse poursuit sa phase de haute activité, cette situation engendre des flots pyroclastiques descendant du volcan et une colonne de cendres qui s’élève à environ 5 000 mètres au-dessus du niveau de la mer à l’ouest et au sud-ouest, vers les communautés de San Marcos Palajunoj, Loma Linda et San Martin Chile Verde.

Il s’agit de la quatrième explosion depuis le mois de juin de ce volcan qui culmine à 3 700 mètres de haut, depuis sa reprise d’une activité éruptive en février dernier (sur un total de 61).

Les autorités s’attendent à ce que le processus se poursuive au cours des prochains jours, voire au cours des semaines à venir, et recommandent à ce titre à la population de ne pas approcher la zone à risque.

Au Chiapas, région du Mexique limitrophe située à la frontière avec le Guatemala, les autorités du système de Protection civile de l’État (PC) ont rapporté que, suite à l’éruption du volcan Santiaguito, une surveillance constante est maintenue dans l’État.

Les scientifiques demandent aux habitants de se protéger la bouche avec un chiffon humide ou des masques chirurgicaux; et de se nettoyer les yeux et la gorge avec de l’eau pure; et d’éviter l’utilisation des lentilles de contact pour réduire l’irritation des yeux ; de fermer les fenêtres et de rester autant que possible à l’abri des cendres en restant à l’intérieur des maisons.

Il est également recommandé de n’exercer aucune activité physique, de ne pas manger en public, de bien laver les fruits et légumes qui sont récoltés dans la région impactée.

Pour se protéger au maximum des effets négatifs de cette éruption, la cendre doit être balayée de la rue, par ailleurs il ne faut pas laisser une épaisseur de cendres s’accumuler, car le poids pourrait causer de graves dommages sur des toitures déjà fragiles.

« Après les éruptions du volcan Santiaguito au Guatemala on enregistre des retombées de cendres à Metapa, Tuxtla Chico, Frontera Hidalgo et Tapachula est présenté », a déclaré le ministère de la Protection civile du Chiapas à travers le réseau Twitter.

Les autorités guatémaltèques avertissent qu’il pourrait y avoir d’éventuelles projections de roche pouvant atteindre jusqu’à un mètre de diamètre, ainsi que la possibilité de lahars (flux de matières volcaniques) avec l’arrivée des pluies. Le volcan fait partie de la Sierra Madre du Chiapas qui inclut de nombreux autres volcans qui dominent tous la plaine côtière bordant l’Océan Pacifique. Le volcan Santiaguito, avec les volcans Pacaya et Fuego, est parmi les plus actifs du pays qui en compte pas moins de 33. Il a la forme d’une montagne conique aux pentes régulières, escarpées et symétriques hormis sur la face sud-ouest qui est occupée par une caldeira de 1,5 kilomètre de diamètre en forme de fer à cheval.

Le Santiaguito encore appelé « Santa María » intègre la liste des volcans de la Décennie. Les Decade Volcanoes (« Volcans de la décennie ») sont seize volcans identifiés par l’association internationale de volcanologie et de chimie de l’intérieur de la Terre (IAVCEI) dépendant de l’Union géodésique et géophysique internationale (UGGI) qui méritent une étude renforcée à la lumière de leur histoire éruptive large et destructive et de leur situation géographique à proximité de régions habitées.

Au Chili, hier samedi 2 juillet, le Service national de géologie et des mines du Chili (SERNAGEOMIN) a déclaré alerte jaune en raison d’une activité accrue au sein du stratovolcan Planchón, situé dans la municipalité de Romeral, dans la région de Maule, et dont  les villes les plus proches sont Los Queñes et Paso Vergara.

L’agence a précisé qu’ entre le 6 et 30 juin, le complexe volcanique a généré une plus grande activité au sein de l’édifice volcanique, en particulier dans le fond du cratère principal, cependant cela n’annonce pas forcément un processus éruptif comme le précise le spécialiste.

Le directeur national de SERNAGEOMIN, Rodrigo Alvarez a déclaré : « Bien que les événements enregistrés ont des niveaux d’énergie faibles et ne sont détectés qu’en utilisant le réseau de surveillance sensible installé sur ce volcan, l’augmentation de la sismicité et l’emplacement de ces événements suggèrent des variations dans le niveau d’activité du volcan de base et il a été décidé de passer au niveau de l’alerte jaune ».