venezuela29072016

La crise sociale, économique et même humanitaire qui frappe le peuple vénézuélien depuis plusieurs mois maintenant sous fond de pénurie d’aliments, de médicaments, et de biens basiques, a également un impact sur les animaux… La souffrance n’a plus de limite dans le pays sud-américain, alors que le personnel de santé dénonce des conditions déplorables pour les patients hospitalisés, les responsables des zoos du pays, eux,  s’inquiètent également de la situation au sein de leurs établissements. En effet, faute d’approvisionnement, les animaux meurent de faim.

Les habitants du Vénézuéla franchissent, pour ceux qui le peuvent, la frontière pour s’approvisionner en Colombie, mais les animaux n’ont même pas cet infime pouvoir et dépendent totalement de leur environnement et faute de nourriture, ils agonisent dans leur lieu de captivité. Au zoo de Caricuao, le plus important de Caracas, une cinquantaine de spécimens d’espèces différentes sont morts de faim cette année.

Le responsable de l’Institut vénézuélien des parcs et des zoos a affirmé que des tapirs, des lapins, des oiseaux et des pécaris ont péri par la faim. En outre, le manque de nourriture a poussé les soignants à modifier le régime alimentaire des lions et des tigres, qui, au lieu de viande, s’alimentent de façon végétarienne avec des mangues et des courges.

Marlene Sifontes, représentant syndical de l’Institut national des parcs (Inparques), a déclaré que les animaux « sont restés jusqu’à quinze jours sans manger, ce qui a détérioré leur santé » ajoutant ces mots forts de sens « les animaux de Caricuao sont la métaphore de la souffrance du Venezuela ».

À l’heure actuelle, les autorités du parc n’ont pas offert d’explications sur ce qui est exactement arrivé au zoo et il y a déjà une enquête judiciaire d’ouverte suite aux décès du zoo Caracas. Plusieurs situations critiques sont enregistrées dans les zoos Venezuela: « Les animaux n’ont pas de nourriture »

Au zoo de Paraguana, dans l’état de Falcon, situé à proximité de la côte, les décès d’au moins trois animaux ont été enregistrés au mois de mai dernier. Bien que les responsables du parc n’aient pas confirmé l’origine de ces morts, plus de 300 autres animaux habitant encore le zoo souffrent de graves symptômes de malnutrition et de déshydratation.

Compte tenu de la gravité de situation, Marisabe Santana, directrice du parc, a annoncé que le zoo prévoit de déplacer certains animaux vers le parc animalier situé dans l’état de Mérida, près de la cordillère des Andes. Bien que ce parc souffre également de difficultés, il pourrait fournir une meilleure qualité de vie aux animaux, car il y a plus de ressources, d’espace et un climat plus doux. Parmi les animaux à déplacer, il y a quatre ours à lunettes, une espèce en voie de disparition. Dans des conditions normales, l’animal devrait consommer environ 16 kilos de nourriture, mais dans le parc Paraguá, il consomme à peine huit kilos par jour.

La plupart des zoos et des parcs naturels du Venezuela sont gérés par le gouvernement et les autorités d’État comptent sur les revenus pétroliers pour fonctionner normalement, or la chute des cours du brut a totalement déstabilisé le pays qui vit une période de privation à l’origine de violents mouvements protestataires. Le manque de tout pousse à des actes extrêmes et cruels, ainsi un cheval du zoo de Caracas a été mis à mort par des « visiteurs » qui se sont introduits illégalement dans son enclos afin d’être dépecé dans un endroit isolé du parc pour s’emparer de sa viande.

Selon les responsables de l’établissement, l’incident a eu lieu dans les premières heures, dimanche dernier, lorsque plusieurs personnes sont entrées dans le parc zoologique Caricuao et ont « briser la barrière de la zone » où l’animal se trouvait.

L’activiste vénézuélien, défenseur des animaux Jose Rafael Cordero Sanchez, s’est exprimé sur la situation des animaux durant cette période de restrictions :

« Malheureusement, les gens ne sont pas les seuls à vivre ce cauchemar affreux, au quotidien, nous vénézuéliens, nous subissons les pénuries de nourriture et de médicaments, mais les animaux subissent aussi », a déclaré le militant.

Dans La Laguna, un parc de l’État occidental de Tachira, les administrateurs ont informé qu’ils devaient solliciter des dons auprès d’entreprises locales pour obtenir des fruits, des légumes et de la viande pour les animaux.