continent19082016

L’une des plus fortes sécheresses depuis 50 ans frappe actuellement le bassin amazonien entre la Bolivie, le Pérou et le Brésil, l’alerte rouge a été décrétée et les incendies se multiplient mettant à mal la végétation et les populations locales.

Pour la fondation péruvienne, la Conservación de la Naturaleza, la majorité des départs de feu sont liées aux activités humaines, des incendies souvent déclenchés par les paysans qui pratiquent la technique du brûlis, « les feux de forêt dans les Andes et l’Amazonie sont causés presque entièrement par les humains; principalement en raison de la coutume de brûler les herbes sauvages, la végétation naturelle et les mauvaises herbes lors de belles journées ensoleillées ».

Au Brésil, la Fondation Survival, qui défend les droits indigènes dans le monde, s’inquiète de la multiplication des incendies en Amazonie brésilienne qui menacent de ravager la terre des natifs awá, des indigènes non contactés.

Selon le ministère de l’Environnement du Brésil, les incendies qui se sont aussi produits dans la région d’Arariboia, dans le centre du pays, sont «pires» que ceux qui ont eu lieu l’année dernière et qui ont détruit plus de 50 % de la forêt qui couvrent le territoire.

Pour le directeur de Survival International, Stephen Corry c’est une crise humanitaire « urgente » et « horrible ». Il a prévenu que les incendies allaient croître pendant la saison sèche et pourrait « décimer » les peuples autochtones isolés.

Cette année, ce sont 12 500 incendies qui ont été enregistrés en Amazonie, 2016 s’annonce au moins aussi catastrophique que l’année 2003 en terme de déforestation par le feu, une véritable tragédie pour le poumon vert mondial, car l’Amazonie perd peu à peu sa capacité à absorber le CO² en raison des sécheresses récurrentes, des conditions engendrées également par le changement climatique. 

L’Institut national de recherche spatiale (INPE) a répertorié plus de 53000 foyers d’incendie de forêt au Brésil le 5 août dernier et a souligné que le temps chaud et sec peut aggraver la situation si le travail de supervision n’est pas intensifié.

Selon l’Institut, la saison des incendies vient seulement de commencer, avec un pic prévu en septembre. Par conséquent, les habitants sont invités à ne pas brûler la végétation à cette époque de l’année, parce que cette action, combinée avec une météo chaude et sèche, augmente considérablement les risques d’incendie de forêt.

Comme l’a révélé la NASA au mois de juillet, l’Amazonie connaît sa période la plus sèche depuis 2002. Une condition extrême qui met en danger la forêt avec la multiplication d’incendies particulièrement dévastateurs, a déclaré Doug Morton, cocréateur du système de prévision Amazon fire forecast, un système utilisant des observations climatiques et détections d’incendie, par le biais des satellites de la NASA pour prédire l’avenir de la selva (forêt tropicale). Une sécheresse dans le sud de l’Amazonie qui s’explique aussi par la présence cet été (austral) en Amérique du sud d’un Niño puissant qui a privé cette région de pluies.

En Bolivie, le gouverneur du Beni (département situé dans l’Amazonie), Alex Ferrier a placé le département en situation d’urgence en raison de la sécheresse, des incendies et de la présence de peste sylvatique liée aux rats.

Quatre municipalités sont concernées par cet épisode de canicule (Magdalena, Loreto, San Andrés et Huacaraje) et par la prolifération de rongeurs sauvages.

Pendant ce temps, le Centre des opérations d’urgence relaie la préoccupation des secteurs productifs, tels que les agriculteurs et éleveurs qui déplorent des pertes énormes à cause de ces conditions météorologiques défavorables. Le président de la Fédération des éleveurs du Beni (FEGABENI), Abdon Nacif, a averti qu’au moins 270 000 têtes de bétail dans le département risquent de mourir devant une telle situation, le manque d’eau et de pâturage tue le bétail, les animaux sont en train de mourir. Jusqu’à présent, les pertes du secteur sont estimées à environ 130 millions de dollars.

Alors que dans Santa Cruz, selon les informations de Fegasacruz, environ 500 000 bovins sont menacés par les mêmes lacunes.

Par ailleurs, le faible niveau des rivières Beni constitue un problème pour la navigation des bateaux. Les rivières Ichilo, Grande, Ibare, Yacuma, Mamoré, Beni, Isiboro et Sécur affichent des niveaux très bas selon le Servicio de Mejoramiento de la Navegación Amazónica du Beni.