paraguay22082016

Le phénomène est cyclique, les cours d’eau s’assèchent au Paraguay entre le mois d’avril et d’octobre, mais cette année le manque d’eau se fait particulièrement sentir dans le Chaco, une situation qui pourrait s’expliquer par la présence d’un Niño puissant (marqué par le réchauffement des eaux de l’océan Pacifique) qui a touché l’hémisphère sud durant l’été.

Le lit à sec de la rivière Pilcomayo offre un paysage de désolation, faute d’eau et de nourriture, des centaines de caïmans ont péri, le cours d’eau devenant un cimetière pour les reptiles victimes, par ailleurs, des attaques de vautours alors qu’ils agonisent dans le peu de boue stagnante où ils cherchent à survivre.
« Le phénomène a été accentué par le changement climatique et la déforestation », a déclaré Aida Luz Aquino, directeur du Fonds mondial pour la nature au Paraguay, pour justifier la situation actuelle ajoutant « les animaux commencent à mourir massivement, en premier les poissons, puis les capybaras (Hydrochaeris) et les caïmans ».

Il n’a pas plu depuis le mois d’avril dans la région du Chaco, à la frontière avec l’Argentine, il s’agit en fait de la pire sécheresse depuis 19 ans et de la seconde depuis 35 ans.

Le phénomène coïncide avec la sécheresse qui affecte actuellement une grande partie du Chaco et de l’Amazonie bolivienne, avec des pertes dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage déjà estimées à des dizaines de millions de dollars.
Ces derniers jours, diverses mesures ont été prises pour sauver les caïmans adultes et les nouveau-nés, avec le forage de 18 puits pour recueillir l’eau qui est ensuite transportée aux dépôts normalement utilisés par le bétail. Des dizaines d’écologistes se sont rendus sur place pour sauver ces animaux, connus sous le nom de « yacarés » en Amérique du Sud, ils font partie de la faune emblématique du nord-ouest du Paraguay où ils étaient autrefois très appréciés par l’industrie de la chaussure jusqu’à ce que la commercialisation de sa peau soit interdite.

Horacio Cartes, le président du Paraguay est lui-même intervenu dans le débat public pour rejeter les allégations évoquant une« tragédie écologique », les autorités ont réfuté les critiques faisant mention d’un manque d’entretien de la rivière dont le débit serait entravé par l’obstruction de végétaux tels que des troncs d’arbres.

« Il y a une situation critique, mais je pense qu’il y a une mauvaise foi dans le traitement de l’information sur un évènement cyclique », a affirmé le chef de l’État rejetant l’impact désastreux des activités humaines dans cette zone.

La forêt du Chaco, située au Paraguay, subit la plus grande déforestation au monde, c’est donc un système écologique précieux qui est anéanti avec cette destruction environnementale massive, et ce sont également des communautés autochtones (les natifs isolés Ayoreo-Totobiegosode en particulier)qui risquent de disparaître si aucune mesure n’est prise pour freiner et stopper ce massacre alors que le réchauffement climatique global ne fait qu’accentuer les catastrophes naturelles dans le monde.

La déforestation au mois d’octobre 2015 dans le Chaco a eu lieu à hauteur de 55 % sur le territoire paraguayen, 34 % en Argentine et 11 % en Bolivie, selon des chiffres de Guyra fondés sur des images satellites qui peuvent être consultées sur le portail « GeoPortal CartoChaco ».