colombie25082016

Voilà une nouvelle qui était attendue après quatre ans de négociations à La Havane, le gouvernement colombien et les FARC ont signé l’accord final qui clôt un long processus de paix menée sur l’île de Cuba devant être néanmoins approuvé par le peuple colombien lors d’un référendum populaire qui se tiendra le 2 octobre prochain.

Le document a été paraphé par les négociateurs en chef des deux délégations, Humberto de la Calle pour le gouvernement et Luciano Marin Arango, alias « Ivan Marquez », représentant de la guérilla, ainsi que les ambassadeurs de Cuba et de la Norvège, les pays garants du bon déroulement du processus de paix.

Les six points qui composent l’accord final ont été entérinés lors d’une cérémonie présidée par le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, le document signé cumule près de deux cents pages. Le contenu a été discuté durant plusieurs mois, parmi les points tendancieux, il y a eu la création de la compétence spéciale pour la paix et la mise en place du cessez-le-feu bilatérale. Les six points généraux de l’accord sont regroupés sous les rubriques « Réforme rurale complète », « La participation politique: ouverture démocratique pour construire la paix », « Cessez le feu et fin des hostilités bilatérales avec l’abandon des armes », « Solution au problème des drogues illicites « , » victimes et mécanismes de mise en œuvre et de vérification ».
« Les délégations du gouvernement national et les FARC annoncent que nous sommes parvenus à un accord final, global et définitif sur tous les points à l’ordre du jour de l’Accord général de fin de conflits et de la construction d’une paix stable et durable en Colombie », a déclaré Rodolfo Benitez, ministre des Affaires étrangères cubain et garant du processus de paix.

« Nous sommes parvenus à un accord final, complet, définitif, qui va mettre fin au conflit armé avec les FARC », a déclaré le président Juan Manuel Santos dans un message adressé au peuple colombien peu après la signature de l’accord ajoutant « aujourd’hui commence la fin de la souffrance, la douleur et la tragédie de la guerre », tout en reconnaissant que tout allait dépendre des résultats du référendum : « La décision est entre vos mains », a-t-il dit aux Colombiens en les invitant à voter Oui au référendum, qui aura besoin d’un peu plus de 4,5 millions de votes dans un pays où près de 35 millions de personnes possèdent ce droit.

L’ancien président Alvaro Uribe, un personnage clé dans la campagne pour le Non au référendum, a publié une photo de la réunion des équipes de négociation et a affirmé que c’était un accord avec le «terrorisme».

Le parti d’opposition Centre Démocratique, mené par celui qui est aujourd’hui le sénateur Alvaro Uribe, critique le fait que le référendum puisse être approuvé avec seulement 13 % pour cent des suffrages. La consultation sera validée avec environ 4,4 millions de « oui ».
Si le Non l’emporte, des accords pourraient être réévalués d’un point de vue juridique, mais ce serait très complexe à gérer politiquement, l’échec n’est donc pas vraiment envisageable.

Selon les chiffres officiels, les FARC possèdent dans leurs rangs environ 7000 combattants, il a également été établi que la restitution et le stockage des armes détenues par les FARC auraient lieu en trois phases (à 90, 120 et 150 jours après la signature de la paix), tout cela sera supervisé par des membres de l’ONU. « Les FARC ne rendront pas les armes devant les forces armées colombiennes, car cela ressemblerait à une vexante reddition », a souligné Léon Valencia, directeur de la fondation Paz y Reconciliacion. Les guérilleros remettront leurs armes et leurs explosifs aux délégués de l’ONU « qui veilleront à leur neutralisation au sein de 23 zones transitoires de normalisation ».
Les armes seront fondues pour ériger trois monuments symboliques, la guérilla marxiste deviendra progressivement un mouvement politique.

Le conflit armé a perduré cinq décennies dans la nation sud-américaine, l’un des plus anciens dans le monde, il a coûté la vie à plus de 200 000 personnes et a forcé des millions de personnes à se déplacer. Si la fin du conflit avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie est scellée, il restera aux autorités à mettre fin aux violences occasionnées par l’Armée de libération nationale (ELN) et les bandes criminelles qui s’acharnent à défier le gouvernement.