venezuela29082016

Ils ont entrepris une longue marche de plusieurs centaines de kilomètres en direction de Caracas, des centaines de natifs de la région amazonienne ont décidé de parcourir une distance de 700 km pour rejoindre la capitale du Venezuela afin de prendre part à la manifestation contre le gouvernement qui se tiendra le 1er septembre et réclamer ainsi la tenue d’un référendum pour demander la destitution du président Nicolas Maduro.

Le gouverneur de la région Amazonas (État situé au nord du bassin versant du fleuve Amazone), membre de l’opposition de la région, Liborio Guarulla, a affirmé qu’environ 1500 personnes ont quitté Puerto Ayacucho en précisant que les manifestants espèrent atteindre la capitale mercredi, un jour avant la marche protestataire appelée par la coalition du Bureau de l’unité démocratique (MUD), les opposants de Maduro réclament haut et fort une consultation populaire (référendum révocatoire).

Liborio Guarulla soutient ceux qui, parmi une population excédée par une situation économique et sociale désastreuse, souhaitent fixer une date de référendum en recueillant quatre millions de signatures (20 % des électeurs inscrits) pour demander la révocation du chef de l’État.

Les natifs mobilisés ont dénoncé le fait que des agents de police aient tenté de les bloquer pour empêcher leur arrivée à Caracas, une manifestation à laquelle ils souhaitent participer pour exprimer leur grand mécontentement. Guarulla a également ajouté que les indigènes avaient pour objectif de réclamer la liberté de deux prisonniers politiques indigènes et de dénoncer le manque de médicaments et d’aliments dont souffre l’Amazonas les privant d’accès aux soins.

Les participants ont noté qu’avec le départ des groupes ethniques a commencé la « Prise de Caracas », le nom donné à la manifestation prévue par l’opposition pour exiger que le CNE fixe la date du référendum et que l’opinion puisse s’exprimer librement sur l’avenir du pays sud-américain.

Guarulla a rappelé que la Cour suprême du Venezuela a empêché l’investiture de trois députés autochtones qui ont été élus lors des élections législatives de décembre dernier et a également dénoncé l’arrestation de parlementaires « pour des raisons purement politiques ».

Le gouverneur a rappelé l’absence de transport public et d’installations pour se rendre à Caracas, mais la motivation de la population a permis la mobilisation d’un contingent indien qui avale des centaines de kilomètres depuis plusieurs jours pour faire entendre sa voix.

La manifestation du 1er septembre mobilise également le parti au pouvoir qui menace de ne pas laisser les personnes venant de régions voisines atteindre Caracas,  Maduro a affirmé vouloir lancer une « offensive » contre le peuple mobilisé jusqu’au 31 décembre.

La coalition menée par Henrique Capriles du Bureau de l’unité démocratique (MUD) s’organise pour que la consultation relative à la destitution du chef de l’État ait lieu cette année. Si elle a lieu après le 10 janvier 2017, quatre ans après le début de mandat présidentiel, et que Maduro perd le référendum, le vice-président gouvernera pour les deux années à venir. L’opposition souhaite que de nouvelles élections soient organisées avant la fin de l’année afin de permettre la libre expression des votants.

L’opposition vénézuélienne a menacé le gouvernement d’une véritable explosion sociale populaire si ce référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro n’a pas lieu, « si vous obstruez la voie démocratique, nous ne savons pas ce qui peut arriver dans ce pays. Le Venezuela est une bombe qui, à tout moment, est susceptible d’exploser. Et par conséquent, nous appelons tous les gens à être mobilisés », a déclaré le chef de file Henrique Capriles il y a quelques semaines.

(vidéo du 10/08/2016)