continent09092016

La nature continue d’être détruite au niveau mondial, ainsi 10% des zones de nature sauvage sur la planète ont disparu en seulement 20 ans. Encore une fois, l’impact des activités humaines est lourd de conséquences pour l’environnement; ainsi 10% des zones de nature sauvage sur la planète n’existent plus depuis les années 1990, une information donnée jeudi 8 septembre par les scientifiques dans une étude publiée dans la revue Current Biology.

Pour les chercheurs, l’analyse effectuée définit « la nature » comme « un lieu biologique et écologiquement intact, libre de toute perturbation humaine significative ». Les zones les plus touchées sont l’Amérique du Sud, qui a perdu 30% de ses espaces naturels, et l’Afrique, qui a perdu 14%. La superficie perdue est égale à deux fois la masse terrestre de l’Alaska ou près de la moitié de l’ensemble de l’Amazonie. Les pertes en Amazonie sont particulièrement inquiétantes : depuis les années 1990, une superficie d’environ la taille de la France a été déboisée, brûlée ou détruite.

« Les zones naturelles d’importance mondiale -bien qu’elles constituent des bastions d’une biodiversité menacée, des lieux de régulation du climat local, et un soutien pour un grand nombre de populations politiquement et économiquement marginalisées dans le monde- sont complètement ignorées par les politiques environnementales « , a déclaré le directeur de l’enquête en question, James Watson, de l’Université du Queensland en Australie et de la Wildlife conservation Society à New York. Il a ajouté « sans aucune politique afin de les protéger, elles sont victimes du développement à grande échelle. Les mécanismes de la politique internationale doivent reconnaître les mesures nécessaires pour maintenir les zones naturelles avant qu’il ne soit trop tard. On a probablement une à deux décennies pour changer cela ».

Le résultat de cette étude montre également que 20 % de la superficie des terres du monde sont « sauvages », soit près de 30,1 millions de kilomètres carrés. La plupart des sites naturels se situent en Australie, Amérique du Nord, Asie du Nord et Afrique du Nord.

La perte des derniers refuges vierges du monde ne serait pas seulement désastreuse pour les espèces animales et végétales en voie de disparition, mais mettrait aussi à mal les efforts pour lutter contre le changement climatique sachant que les forêts stockent d’énormes quantités de dioxyde de carbone.

Pourtant les efforts pour la protection de la  planète se poursuivent, ainsi d’ici 2020, 17 % de la Planète sera constituée d’aires protégées. Jusqu’à présent, 14,7 % de la surface de la Terre est protégée, c’est ce que révèle l’étude Planeta Protegido 2016 présentée le 2 septembre par l’ONU.

« Le monde doit faire davantage pour protéger efficacement les endroits les plus riches en biodiversité. Les aires protégées doivent être mieux connectées pour permettre aux populations d’animaux et de plantes de se mélanger et de se propager. Il est également important de veiller à ce que les communautés locales soient impliquées dans les efforts de protection. Leur soutien est crucial pour la conservation à long terme », a déclaré Solheim, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement.

« Aujourd’hui, le monde est confronté à des défis environnementaux et sociaux essentiels tels que le changement climatique et la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau », a déclaré Inger Andersen, le directeur général de l’UICN. « Les aires protégées jouent un rôle important dans la conservation des espèces et des écosystèmes qui nous aident à relever ces défis. Assurez-vous qu’ils soient soigneusement cartographiés et gérés de manière efficace, c’est crucial si nous voulons prospérer sur cette planète ».

Selon les scientifiques de l’UICN et du Centre mondial de surveillance continue de la conservation du PNUE, il y a maintenant 202 467 aires protégées couvrant près de 20 millions de kilomètres carrés soit 14,7 % de la planète, sauf en Antarctique.

A ce jour moins de 20% des pays ont respecté leurs engagements pour évaluer la gestion des aires protégées, ce qui soulève des questions sur la qualité et l’efficacité des mesures de conservation existantes.