chili14092016

Le parc marin Nazca-Desventuradas, le plus grand d’Amérique, se trouve dorénavant dans les eaux chiliennes, il se compose d’une zone protégée d’une superficie de 300 000 kilomètres carrés où la pêche et les activités extractives sont purement et simplement interdites.

La mise en place de ce parc protégé couvre les îles San Felix et San Ambrosio situées dans l’océan Pacifique, respectivement à 892 et 927 kilomètres de la côte chilienne, une annonce faite par la présidente Michelle Bachelet lors de la conférence « Notre océan en 2015 », il couvrira 12 % de la superficie marine du Chili en triplant les zones océaniques protégées du pays.

La directrice exécutive de l’organisation de conservation marine Oceana, Liesbeth Van der Meer, a salué l’initiative en affirmant qu’il s’agit d’un grand pas pour les mers du Chili et du monde.

« À une époque où les océans souffrent de la surexploitation des espèces, de la pollution et des phénomènes tels que le changement climatique, la protection de ces îles est un grand pas pour les mers du Chili et du monde« , a déclaré Liesbeth van der Meer.

Le ministre chilien des Affaires étrangères Heraldo Munoz a déclaré : « Nous sommes un pays océanique et nous semblons vivre parfois vivre dos à la mer. Nous avons la responsabilité de conserver et utiliser durablement l’océan pour les générations présentes et futures ».

Miriam Fernandez, directrice du centre pour la conservation marine à l’Université catholique du Chili, émet néanmoins des réserves sur cette initiative environnementale : « L’engagement du Chili ne peut pas compter sur la création de ces méga-zones aussi éloignées que possible des zones de conflit, parce que nous avons besoin de mesures de conservation sur le continent et nous avons besoin des citoyens, des pêcheurs, voir que la conservation n’est pas quelque chose de négatif, et que cela peur avoir des avantages directs », précisant « au Chili on a évité de créer des zones de conservation importantes dans les zones où il y a des personnes, des besoins et des conflits d’utilisation. Alors oui, c’est super positif, mais à un moment donné, vous devrez arriver à des endroits où il y a des gens, pour couvrir tous les écosystèmes concernés au Chili », a déclaré la chercheuse.

La proposition de créer le Parc Nazca-Desventuradas est née en réponse à une expédition menée par le National Geographic et Oceana en février 2013, où les experts ont rencontré un écosystème sans aucun signe d’impact humain.

En outre, au cours de ces expéditions d’abondantes espèces endémiques, comme des forêts de varech et des stocks de poissons tels que du thon, et des requins d’eau profonde ont été répertoriés. 72 % des espèces de poissons sont propres à ces îles, et les taux d’endémisme pour les espèces d’eau profonde sont de 41 % pour les poissons et de 46 % pour les invertébrés. Les taux d’endémisme les plus élevés jamais enregistrés en mer.

Le Parc Nazca-Descenturadas est, selon les autorités chiliennes, une percée pour témoigner de l’engagement pris par le Chili relatif à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique. L’île de Pâques est aussi un objectif du Chili dans la préservation de l’écosystème marin. Un nouveau parc pourrait être créé.