chili16092016

L’avortement est interdit au Chili sans exception (même à des fins thérapeutiques) depuis 1989, lorsque la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990) a modifié le code de la santé, mais avec le retour de Michelle Bachelet aux plus hautes fonctions, on assiste à une petite évolution, bien qu’encore très limitée, concernant le droit des femmes.

En effet, la dépénalisation de l’avortement pour trois motifs majeurs a déjà été approuvée à la Chambre des députés, et a également été légitimée par le Comité de santé du Sénat le 6 septembre, maintenant le projet doit être validé par la Commission de la Constitution et ensuite par la Chambre du Sénat. Ce projet, un engagement de campagne présidentielle de Michelle Bachelet pour son second mandat, pourra autoriser l’IVG dans trois cas, si la grossesse fait peser des risques sur la santé de la mère, si le fœtus n’est pas viable, et si la grossesse est le résultat d’un viol.

« Bien que l’adoption de cette loi constitue une avancée importante, les dérogations sont très restrictives ce qui conduit les femmes à avorter clandestinement, mettant en danger leur vie et leur santé, » a déclaré dans un communiqué le président de la FIDH, Dimitris Christopoulos.
L’organisation a mis en garde sur le fait que les lois interdisant ou limitant l’avortement « engendrent de nombreuses violations des droits des femmes et des jeunes filles, compromettent leur santé physique et mentale, leur droit à l’éducation et à la non-discrimination », en ajoutant que les femmes doivent avoir « la possibilité de choisir d’avoir des enfants ».

La FIDH a demandé à la présidente du pays sud-américain, Michelle Bachelet, de donner au projet une priorité législative pour empêcher la discussion « inutilement prolongée » et a noté que, bien que la dépénalisation de l’avortement soit formalisée dans certains cas, le défi sera la mise en œuvre effective.

L’aspiration de Michelle Bachelet est motivée par une réalité dramatique. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels, les Nations Unies estiment que chaque année entre 60 000 et 70 000 cas d’avortements clandestins ont lieu au Chili.
En Amérique latine, l’interdiction d’avorter conduit les femmes à des situations extrêmes en particulier au Chili, mais aussi au Nicaragua, au Salvador, au Honduras et à Haïti. Madame Bachelet a informé que près de 16 500 femmes sont admises chaque année dans les hôpitaux pour des grossesses de moins de 22 semaines exposant la mère à des risques médicaux ou le fœtus a des malformations incompatibles avec la vie. 500 décès par an sont enregistrés pour malformation fœtale.

Selon le calendrier proposé par l’exécutif, avec cette urgence, le projet devrait être voté par la Commission de la Constitution à la fin septembre et voté au Sénat au début du mois d’octobre, avant les élections municipales.

Selon les dernières données disponibles, en 2012, il y a 221 Chiliennes qui ont purgé une peine pour avoir avorté illégalement ou pour avoir aidé quelqu’un dans cette pratique. À l’heure actuelle, le débat autour de la question de l’avortement cristallise de nombreuses tensions en particulier parmi les secteurs catholiques du pays. Au début du mois, plus de 100 000 personnes ont manifesté dans la capitale du Chili pour la défense de la vie et contre le projet d’avortement lors d’un événement appelé « Celebration of Life ».