perou16092016

Comme craint par les spécialistes et annoncé par Actu Latino dans un précédent article, l’Amazonie connait une forte sécheresse propice aux incendies de forêt, depuis deux jours un feu ravage une partie de la selva au Pérou, dans le département de Junín. 10 000 hectares ont d’ores et déjà brûlé dans cette zone qui abrite un écosystème précieux. Le feu a également détruit selon l’Institut National de Défense civile 194 hectares de champs cultivés dans plusieurs localités de la province de Satipo. Les secours sont sur place pour enrayer le feu, et aujourd’hui une brigade de 50 intervenants en provenance de Cuzco doit prêter main-forte aux pompiers déjà sur place.

Selon les premières informations, le feu pourrait être lié à des pratiques agricoles, la Fondation péruvienne, la Conservación de la Naturaleza, avait déjà signalé que la majorité des départs de feu sont liés aux activités humaines, des incendies souvent déclenchés par les paysans qui pratiquent la technique du brûlis, « les feux de forêt dans les Andes et l’Amazonie sont causés presque entièrement par les humains; principalement en raison de la coutume de brûler les herbes sauvages, la végétation naturelle et les mauvaises herbes lors de belles journées ensoleillées ».
« Nous avons besoin de lancer un appel pour que les gens comprennent qu’ils ne sont pas autorisés à mettre le feu sur les cultures. Regardez ce qui se passe et l’ampleur que cela pourrait avoir »,a affirmé la directrice de SERFOR, Fabiola Muñoz.

La région touche une partie de la zone du VRAEM au Pérou, où les trafiquants de cocaïne et des membres Senderoso Luminosos sèment le chaos et la terreur.
Le Pérou abrite un dixième de la forêt amazonienne, la végétation est une importante source d’oxygène et de l’absorption du dioxyde de carbone. Comme l’a indiqué la NASA au mois de juillet, l’Amazonie vit sa période la plus sèche depuis 2002. Une condition critique qui fragilise sérieusement la forêt avec la multiplication d’incendies particulièrement dévastateurs, a déclaré Doug Morton, cocréateur du système de prévision Amazon fire forecast, un système s’appuyant sur les observations climatiques et détections d’incendie, par le biais des satellites de la NASA pour prédire l’avenir de la selva (forêt tropicale).
Une sécheresse dans le sud de l’Amazonie qui s’explique aussi par la présence cet été 2016 (austral) en Amérique du sud d’un Niño puissant qui a privé cette région de pluies.

Le 12 septembre un groupe de 24 experts ont signé une lettre ouverte pour alerter les autorités de différents pays sur le risque d’incendie causé par la sécheresse dans la région amazonienne qui s’étend entre la Bolivie, le Brésil et le Pérou.
Ce document met en garde contre « l’avènement de ce qui pourrait être la plus grave sécheresse dans la région des Andes-Amazonie au cours du dernier demi-siècle ». Trois peuples autochtones de la région de Junin, évoluant au sein du Parc national Otishi, une zone protégée pour la tribu Ashaninka sont menacés par les flammes.

Des images de télévision ont montré des forêts couvertes de cendres et de braises, et des arbres brûlés couverts. La sécheresse dans la forêt tropicale du Pérou associée au changement climatique a accéléré la propagation du feu, selon Fabiola Muñoz.