perou26092016

Voilà qui risque de mettre un peu plus le feu aux poudres, alors que les natifs protestent depuis plusieurs semaines déjà contre la pollution pétrolière qui contamine leurs terres, voilà que deux autres déversements ont été enregistrés ce week-end dans la selva amazonienne, dans le Loreto, zone fortement impactée cette année par les fuites d’hydrocarbures.

Hier dimanche, les autorités gouvernementales ont en effet révélé deux autres déversements, ce qui porte à sept le nombre d’accidents pour 2016, la société d’État Petroperu a confirmé la préparation d’un plan d’urgence dans la zone de nouveau touchée par un sinistre écologique.

« Une équipe d’urgence composée de spécialistes de Petroperu a fait le déplacement dans la région afin de mettre en œuvre des mesures immédiates de confinement, selon les plans d’urgence », a affirmé un représentant précisant que « les conditions météorologiques ont empêché une arrivée en hélicoptère ».
La société finlandaise Lamor, spécialiste du confinement et de l’assainissement sur zones contaminées est déjà présente dans la ville et ses spécialistes sont en attente d’une autorisation d’entrée par l’Apu de la communauté de Monterrico (chef local), à proximité de l’endroit où le déversement de brut a eu lieu.
Les communautés autochtones dans les régions d’Amazonas et de Loreto ont été les plus touchées par la marée noire, ce qui induit une restriction de l’approvisionnement en eau et des terres agricoles endommagées, sans oublier l’impact sur la pêche, l’un des fondements de l’alimentation des populations natives.

Le système de pipelines Nor Peruano, constitue l’une des œuvres majeures du Pérou, construit il y a quatre décennies, il transporte le brut depuis la région amazonienne de Loreto jusqu’à la côte de Piura, en bordure de l’océan Pacifique, soit sur une distance d’environ 800 kilomètres.

Petroperu a été sanctionné par le gouvernement à payer plus de sept millions de dollars pour les fuites enregistrées depuis le début de l’année.
Le gouvernement du Pérou a organisé une réunion avec les dirigeants autochtones qui bloquent depuis le début de mois le trafic fluvial dans un secteur de la rivière Maranon dans l’Amazonie péruvienne, pour exiger le nettoyage des déversements répétés de pétrole qui se sont produits.
Les leaders autochtones proposent que le dialogue ait lieu dans la ville de Saramurillo où se produit la manifestation, situé à Urarinas, à dix heures de navigation d’Iquitos.
Le gouvernement péruvien a déclaré, quant à lui, qu’un dialogue de bonne foi dans « une atmosphère de paix, de confiance et d’harmonie est nécessaire, sans mesures coercitives ».

La commission gouvernementale est présidée par le vice-ministre au Multiculturalisme, Alfredo Luna et conseiller du président Pedro Pablo Kuczynski en matière de conflits sociaux, Jorge Villacorta.
La délégation est également composée de représentants des ministères de l’Energie et des Mines ; de l’ Environnement; et du logement, de la construction et de l’assainissement.

Les indigènes de la province de Loreto – Nauta exigent, entre autres, que les communautés impactées par ces catastrophes à répétition soient correctement indemnisées pour le préjudice subi, ils réclament également le changement des pipelines jugés vétustes , et donc peu sûrs, à l’entreprise Petroperú pour que de telles catastrophes ne se répètent plus sur leurs territoires.