perou29092016
Pérou, exemple de géoglyphe à Nazca

Voilà une nouvelle découverte qui risque de passionner tous les amateurs d’archéologie en quête d’explications rationnelles, comme les passionnées de théories abracadabrantes liées aux extraterrestres, un groupe d’archéologues nord-américains, dirigé par le Canadien Justin Jennings, a publié dans la revue Live Science la découverte de géoglyphes près de Quilcapampa (Santa Isabel de Siguas) à Arequipa (ville andine).

Selon les premières expertises des scientifiques, qui ont eu recours à des images satellites et à des drones pour établir une cartographie précise des lieux, ces cercles dessinés sur le sol auraient eu une valeur symbolique pour les anciens habitants de la région sud-américaine.

Jennings a expliqué au magazine américain que ces géoglyphes auraient eu une signification symbolique: représenter la circulation des personnes et des biens qui se tenait dans la ville à ce moment-là, sous la période dénommée par les historiens Intermédiaire tardif (1050-1400). À cette époque, Quilcapampa s’étendait sur 70 hectares, et l’activité principale était le commerce. « Il y avait beaucoup d’interaction entre la côte et les montagnes », explique l’archéologue, qui travaille en tant que conservateur au Musée royal de l’Ontario (Canada) et a ajouté que les cercles pouvaient, faute d’écriture, traduire et représenter la circulation des biens et des individus.

Certains cercles représentent un simple anneau, unique. D’autres témoignent néanmoins d’une plus grande complexité. Le plus important d’entre eux est constitué de 6 cercles dessinés avec un motif irrégulier, qui forment une sorte de tourbillon ou de spirale. La plupart des géoglyphes ont été réalisés « en retirant les pierres de la surface pour exposer, le sol sablonneux ci-dessous » explique, les archéologues. Jennings a souligné que les recherches de l’équipe montrent que la plupart des géoglyphes sont situés à proximité des routes utilisées pour l’activité commerciale. Le « mouvement » des personnes et des biens (y compris la nourriture) le long de ces routes était indispensable à la vie de tous les jours, et des dessins circulaires pourraient témoigner de cette activité précieuse pour la communauté de l’époque selon l’archéologue.

La taille des géoglyphes varie considérablement, les plus petits font de deux à quatre mètres de diamètre, tandis que le plus grand atteint jusqu’à 800 mètres, « l’équivalent de deux terrains de basket-ball de la NBA, » comme le précise la publication. Les géoglyphes les plus connus du Pérou, ce sont de Nazca, ils se composent de centaines de dessins au sol représentants des êtres vivants comme des animaux, mais aussi des figures géométriques.

Les géoglyphes de Nazca et de Pampas de Jumana se répartissent sur environ 450 km². Ces lignes, tracées dans le sol entre 500 av. J.-C. et 500 apr. J.-C., sont toujours sources de questionnements pour l’archéologie en raison de leur quantité, de leur nature, de leur taille et de leur continuité. Les scientifiques du monde entier pensent que ces dessins auraient eu une fonction rituelle liée à l’astronomie, mais le mystère rode encore, nul doute que ces « nouveaux » géoglyphes vont poser une nouvelle énigme à ceux qui s’intéressent de près aux cultures précolombiennes, et à leur cosmogonie, car le rapport avec le ciel était précieux, d’où le volonté d’être vus de haut par leurs divinités peuplant leur paysage rituel, ou pour d’autres par des êtres venus d’ailleurs !