salvador05102016

Les efforts déployés par les autorités du Salvador, petit pays d’Amérique centrale gangrené par la violence, pour mettre en place une politique sécuritaire efficace, porteraient-ils leurs fruits ? C’est en tout cas ce que semblent indiquer les chiffres du mois de septembre concernant le taux d’homicides,  » le mois de septembre a enregistré une baisse par rapport au mois d’août de 25 % ». Parmi les mesures phares du responsable de la Police nationale, Howard Cotto, pour lutter contre la criminalité, il y a une plus forte surveillance des détenus en prison afin de faire en sorte qu’ils ne puissent plus commanditer des meurtres et poursuivre leur trafic depuis les enceintes carcérales où ils purgent leur peine.

Par ailleurs, un contingent de militaires et de policiers a été déployé dans les quartiers les plus chauds du pays où les trafiquants appartenant à des gangs sans foi ni loi opèrent, des forces de l’ordre équipées de fusils M-16, de véhicules blindés et appuyés par des hélicoptères traquent aussi les gangs qui ont migré vers les zones rurales où il y a eu plusieurs affrontements.

Ainsi dans cinq municipalités ( Cojutepeque, Ciudad Delgado, Jiquilisco, Sonsonate et Zacatecoluca) sur les 10 concernées par le Plan de sécurité « Salvador Seguro », il n’y a pas eu d’homicides au mois de septembre. Howard Cotto a déclaré que le mois de septembre 2016 a enregistré 344 morts ; à savoir une réduction de 50 % par rapport au même mois en 2015 (685 assassinats). En cette année 2016, une réduction de 22,4 % des plaintes pour diverses infractions a été enregistrée selon le chef de la police.

En 2016, 234 membres de gangs ont été arrêtés, et 429 membres ont été tués pendant des combats, plus de 13 000 membres de gangs peuplent les prisons du pays et les leaders sont détenus dans une prison de sécurité maximale où ils restent totalement isolés et ne sont pas autorisés à recevoir de visites.

 Il a également noté que durant les deux premiers jours d’octobre, 35 meurtres ont été enregistrés, 15 de moins sur la même période l’an dernier, ce qui signifie une réduction de 32 %.

Bien sûr le chemin pour assainir le pays est encore long, les activités illégales et criminelles polluant le quotidien des habitants. En 2016, El Salvador a dépassé 4000 homicides pour la deuxième année consécutive depuis la rupture d’une trêve controversée entre les gangs en 2014.

2016 continue de se positionner comme la deuxième année la plus violente de l’histoire récente. Les autorités salvadoriennes ont lancé au mois de septembre une campagne de sensibilisation pour prévenir la violence et promouvoir la tolérance : « Avec cette campagne, nous attirons l’attention sur la population, depuis leur domicile ils peuvent commencer à abaisser les taux de criminalité relatifs à des infractions liées à l’intolérance », a déclaré le procureur général Douglas Melendez.

Plus d’un millier de personnes ont été forcées de quitter leurs foyers en raison des menaces de gangs et, dans certains cas, sous la pression de la police et de militaires depuis 2015, ont récemment dénoncé des organisations de défense des droits humains. Celia Medrano, du Bureau de la société civile contre les déplacements forcés au Salvador, a déclaré à la presse que le phénomène touche principalement les zones rurales et est le fruit de la violence en Amérique centrale.

Le représentant au Mexique du UNHCHR, Manbly, a déclaré que le Honduras, le Guatemala et El Salvador réunissent une population d’un peu plus de 30 millions d’individus, et le pourcentage de victimes d’homicides parmi les mineurs au Salvador et au Guatemala est plus élevé que dans tout autre pays dans le monde. Au Salvador l’an dernier, le taux d’homicides était de plus d’une centaine par cent mille habitants, ce qui équivaut à cinq fois le taux d’homicides au Mexique. De nombreuses personnes, y compris des mineurs, font le choix de quitter leur pays en passant par le Mexique.

Le représentant au Mexique du Haut Commissariat des Nations Unies (HCDH), Mark Manly, a déclaré au Sénat qu’à la suite de l’augmentation de la violence au Honduras, Salvador et au Guatemala, le nombre de migrants a fortement augmenté « les gens ne viennent pas à la recherche d’une vie meilleure, mais ils fuient par crainte de perdre la vie, ils ont besoin d’une protection internationale en tant que réfugiés ».

Cette année, Le Salvador a été particulièrement exposé aux exactions d’un gang, La Mara 18, qui est reconnu comme l’un des plus puissants, ce conflit interne crée des milliers de déplacés. Les paysans ont quitté leurs maisons, leurs emplois et les animaux domestiques à la recherche d’abris de fortune pour échapper aux menaces et aux extorsions. Des déplacements forcés qui rappellent les conséquences ravageuses de la présence de la guérilla marxiste des FARC sur le territoire colombien.