cuba06102016
Floride, Ouragan Dennis, année 2005

Il était aussi attendu que craint par les populations des Caraïbes, l’ouragan Matthew a déchargé mardi toute sa force sur l’extrême oriental de l’île de Cuba, quatre municipalités de Guantánamo restent isolées après le passage dévastateur du cyclone qui n’aurait néanmoins pas fait de victimes selon un dernier bilan donné mercredi soir.

Baracoa, Imías, Maisí et San Antonio del Sur ont dû faire face pendant plusieurs heures à la déferlante Matthew marquée par des vents puissants à plus de 200 km/ h et des précipitations torrentielles, après avoir traversé Cuba il a atteint les Bahamas et se dirige vers la côte est des États-Unis où les habitants se préparent à faire face à un puissant cyclone de catégorie de 3 sur une échelle de cinq, selon le Centre national des ouragans (NHC) basé à Miami.

Avec près de 82 000 habitants, Baracoa est la plus ancienne ville de Cuba. Elle a été fondée il y a 505 ans et est aujourd’hui un centre touristique à Guantanamo, où opère également une base américaine qui a été partiellement évacuée avant l’ouragan. « À Baracoa il y a beaucoup de destructions, nous n’avons aucune perte humaine de rapportée, mais les pertes matérielles semblent importantes », a déclaré le ministre général et adjoint des Forces armées, Ramon Espinosa.

Environ 1,3 million de personnes de six provinces de l’est de Cuba avaient été évacuées préventivement des zones à risque avant que l’ouragan n’entre dans les terres, extrêmement dangereux, Matthew est le plus grand ouragan à frapper les Caraïbes en près d’une décennie, selon le NHC.

Lors de son passage par Haïti et la République dominicaine, il a laissé une vingtaine de morts, selon un bilan encore provisoire, et des dégâts considérables qui ne sont pas encore évalués.

Après avoir déménagé loin de Cuba, le phénomène météorologique a frappé les Bahamas avant de frapper les États-Unis jeudi  6 octobre, où les évacuations sont en cours et les habitants sur le pied de guerre.
L’ouragan a laissé derrière lui les stigmates de sa puissance, un paysage de désolation marqué par des traînées de débris, des glissements de terrain, des inondations, et des destructions, il s’est abattu sur l’île de Cuba durant environ dix heures, avec des rafales de vents atteignant 300 kilomètres par heure !

Baracoa, à l’extrémité orientale de Cuba, a été la ville la plus touchée par l’impact de Matthew: les maisons près de la côte ont été totalement dévastées par les vents, près de 90 % des foyers ont été endommagés. L’aéroport de Baracoa de et la tour de contrôle ont également souffert de dommages.

À Haïti, les dégâts matériels sont considérables. L’Organisation des Nations Unies a d’ores et déjà signalé qu’il s’agissait de la pire crise humanitaire depuis le séisme dévastateur de 2010, durant lequel plus de 200 000 personnes ont perdu la vie. Le sort s’acharne puisque la tempête a affecté des dizaines de milliers de personnes qui vivent encore dans des tentes et des abris de fortune à la suite du tremblement de terre. Mourad Wahba, sous représentant spécial de l’ONU pour Haïti, a déclaré dans un communiqué que beaucoup de gens ont été forcés de quitter leurs foyers et que le système de télécommunications a été désactivé dans le sud-ouest du pays gravement touché. Il a ajouté qu’au moins 10 000 personnes se trouvent dans des abris provisoires.

En République dominicaine, près de 18 000 personnes vivant dans des zones considérées à haut risque ont été évacuées avant l’arrivée de l’ouragan qui a touché terre mardi matin sur l’île d’Hipaniola. Trois enfants âgés de 5, 7 et 8 ans, plus un adulte de 55 ans ont péri. Le Centre des opérations d’urgence (COE) a également précisé que les fortes pluies ont affecté 3174 maisons, dont 25 ont été complètement détruites. Environ 46 villages sont coupés du reste du monde en raison des inondations causées par ce phénomène. Sur les 32 provinces, 20 d’entre elles et le district national sont en alerte rouge et 11 en jaune, a ratifié mercredi le COE.

Reste à savoir quel impact aura Matthew aux États-Unis où l’inquiétude règne…