Laguna Colorada, Uyuni, Bolivia Carlos Adampol Galindo (wikipedia)
Laguna Colorada, Uyuni, Bolivia
Carlos Adampol Galindo (wikipedia)

Selon les données officielles de la Réserve nationale de faune andine (REA), la population de flamants a atteint 10 000 spécimens dans la zone de la Laguna Colorada, un lieu naturel privilégié qui constitue une attraction pour les touristes en raison de sa faune avicole privilégiée. Mais tout n’est pas rose pour autant dans cette partie de la Bolivie, car le niveau de l’eau du lac salé d’altitude (4 278 m) décroit constamment en l’absence de précipitations suffisantes.

La Laguna Colorada couvre une superficie de 60 kilomètres carrés avec une hauteur de 60 à 80 cm, il est appelé « miroir d’eau ». Sa couleur rouge vif, en raison des pigments d’espèces microscopiques d’algues flagellées appelées Dulanielia Salina, constitue une curiosité, un paradis pour tous les amateurs de paysages grandioses.

Cependant, le sénateur unité démocratique (UD), Edwin Rodriguez a exprimé sa préoccupation au sujet des problèmes posés par ce patrimoine naturel, c’est pourquoi il a demandé un rapport au ministre de l’Environnement, Alexandra Moreira, sur les mesures prises pour la conservation de la lagune.

La Laguna Colorada abrite trois des cinq espèces de flamants roses répertoriés dans le monde et offre un centre de nidification à de nombreuses espèces d’oiseaux du monde, environ 100 000 touristes visitent ce lieu par an. Le responsable du secteur touristique de Potosi, Jorge Perez, a souligné que le niveau de Laguna Colorada est passé de 70 centimètres à 40 centimètres entre 2009 et 2016.

« La perte d’eau est un problème certain dans le sud-ouest de Potosi. La Laguna Colorada, l’une de nos attractions touristiques, s’évapore par la sécheresse et l’exploitation minière », en accusant aussi bien la pollution de l’exploitation minière (très avide d’eau) que le changement climatique. Une situation similaire se produit également à la Laguna Verde à Potosi.

Cette année, en raison de la sécheresse, de nombreux animaux sont absents, le ministre de l’Environnement, Alexandra Moreira,  doit d’ailleurs soumettre un rapport au Sénat prochainement sur l’impact du changement climatique sur cet écosystème précieux. Toutefois, le Service national des zones protégées (SERNAP) vient d’assurer que la Laguna Colorada ne s’asséchera pas, mais dans le cas où « le miroir d’eau » atteindrait des niveaux historiquement bas, un moyen a été prévu pour amener l’eau de Silala et Huayllajara.

Les flamants ont commencé leur migration depuis plusieurs semaines parce que le niveau de l’eau a commencé à baisser de façon alarmante. Cependant, les autorités affirment qu’en fait, la migration se produit à cette saison et qu’il n’y a aucun risque de voir la Laguna Colorada à sec, pas sûr que cela rassure pleinement la population locale et les soucieux de l’environnement.

Les animaux ne sont pas les seuls à souffrir de ces conditions dans le département de Potosi, la communauté de Chaquí a lancé un appel au gouverneur de ce département pour obtenir une aide concrète afin d’affronter la sécheresse intense qui affecte la région, ce qui nuit considérablement à la production agricole.

200 familles sont impactées par le manque d’eau dans cette région, ce qui a des conséquences désastreuses sur les récoltes et l’élevage de bétail. Autour de 25 000 camélidés (vigognes, lamas) sont touchés par la pénurie d’eau dans la province de Modesto Omiste (Potosi) en raison de la sécheresse qui menace leur survie si elle se poursuit.

Au milieu de l’Altiplano, les petits cours d’eau et d’autres sources de liquide vital diminuent progressivement par manque de précipitations dans la région.

Le Ministère du Développement rural doit présenter un rapport sur les dégâts agricoles causés par la sécheresse qui touche actuellement une grande partie de la Bolivie. Des pertes importantes sont enregistrées dans les cultures de riz, maïs, soja, sorgho, ainsi que dans la production de lait, en raison de l’absence de précipitations sur un tiers du territoire de la Bolivie.

Le maire de Arampampa, dans le département de Potosi, Raul Lorocachi a rapporté la mort de trois enfants après avoir bu de l’eau non potable en raison de la sécheresse. Lorocachi a indiqué que population en raison de la sécheresse a été contrainte de creuser des puits et puiser de l’eau qui n’est pas potable.

« C’est la pire sécheresse, il n’y a aucune comparaison avec ce que nous vivons maintenant, parce que cela affecte non seulement le Chaco, aussi les hauts plateaux de Potosi, Oruro, La Paz, et aussi les vallées », a déclaré Oscar Cabrera, sous-ministre de la défense civile, à chaîne privée Teledifusora A.