cuba13102016

En coordination avec le gouvernement de Cuba, Le Programme alimentaire mondial (PAM) se prépare à la livraison de nourriture, 180 000 personnes impactées par le passage de l’ouragan Matthew dans les provinces orientales du pays devraient en bénéficier.
L’aide du PAM sera distribuée à l’ensemble de la population des quatre municipalités de la province de Guantánamo, les plus gravement touchées par le phénomène venteux de force 4 : San Antonio del Sur, Baracoa, Maisí, et Imías. L’aide alimentaire comprendra principalement du riz et des haricots, la base alimentaire des Cubains.

Le représentant du PAM à Cuba, Laura Melo, estime qu’il faudra un budget de 4 millions de dollars pour aider les sinistrés au cours des six prochains mois et a appelé la communauté des donateurs à mobiliser des fonds pour aider les personnes vulnérables touchées par le puissant ouragan.

Une assistance sera également fournie dans la province de Holguín aux personnes les plus vulnérables, y compris les enfants entre 6 mois et 3 ans, les femmes enceintes et les personnes de plus de 65 ans. Comme le décrit l’organisation sur son site officiel, « la première phase de cette opération va utiliser les stocks alimentaires que le PAM possède à Cuba pour soutenir la réponse du gouvernement en cas de catastrophe; ce qui permet d’offrir une aide à la population touchée « .
« La distribution sera plus tard étendue aux groupes vulnérables (enfants âgés de six mois à trois ans, les femmes enceintes et les adultes de plus de 65 ans) de (municipalités) Caimanera, Manuel Tames, Yateras et Moa, dans la province de Holguín ».
Le PAM dispensera également un soutien logistique pour la construction d’entrepôts temporaires, en plus de distribuer des ustensiles de cuisine.
Tout en poursuivant l’évaluation des dommages, les premiers rapports sur le terrain indiquent que les secteurs les plus endommagés sont à ce jour le logement, les infrastructures publiques, l’agriculture et les stocks alimentaires.

L’ouragan Matthew a laissé une traînée de mort dans les Caraïbes, à l’exception de l’île de Cuba qui ne pleure aucune victime. À Haïti, au moins 1000 morts sont à déplorer selon un dernier bilan et l’épidémie de choléra menace plus que jamais des habitants démunis.
« Matthew » a été classé comme l’ouragan le plus puissant dans cette région au cours des neuf dernières années avec des vents de plus de 200 km par heure correspondant à la catégorie quatre sur l’échelle Saffir-Simpson.

La Défense civile qui opère à Cuba est louée pour son efficacité à gérer les catastrophes au niveau national, provincial, municipal, la phase d’alerte est le premier niveau qui permet d’informer la population sur les risques encourus par le phénomène, des mesures d’évacuation sont prises dans les zones de danger, il s’agit alors de l »alerte cyclonique ».
« Cuba dispose de protocoles exceptionnels, tant dans la préparation et la mise en place. C’est une gestion très organisée, et toutes les mesures prises visent en priorité à sauver des vies humaines », a affirmé le directeur du Programme alimentaire mondial (PMA), Laura Melo à l’AFP.

Les chefs de la Défense civile peuvent utiliser les autobus, les camions et les machines-outils de toute entreprise pour procéder aux évacuations évitant ainsi les sorties dans les véhicules individuels et les embouteillages aux allures apocalyptiques. Par ailleurs, les habitants sur l’île possèdent une culture du danger lié aux cyclones, tous les Cubains suivent de près les bulletins d’informations et suivent volontairement les consignes d’évacuation.

Il y a très peu d’individus qui refusent de se déplacer vers des endroits sûrs, dans de tels cas, les membres de la défense civile finissent par imposer leur autorité. Personne ne peut rester dans des zones dangereuses ou des maisons. Une privation de liberté individuelle qui dans ce cas précis permet de sauver des vies… Par ailleurs, la solidarité fonctionne à plein régime entre les gens, une autre explication à cette capacité à faire face.

Depuis la tragédie de l’ouragan Flora, qui a laissé 1200 morts en 1963, la Défense civile mène un exercice annuel national contre les catastrophes naturelles, avant le début de la saison des ouragans dans l’Atlantique qui a lieu entre juin et novembre.