continent17102016

Ce sont entre 25 et 30 millions de Latino-Américains qui risquent de renouer avec la pauvreté, ce qui équivaut à plus d’un tiers de la population, des prévisions peu optimistes données par le Programme des Nations-Unis pour le développement. Pour sa part, la Commission économique pour Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) a souligné au printemps dernier dans son rapport « Panorama social 2015 » qu’elle mettait en garde contre une éventuelle augmentation de la pauvreté dans la région.

Si les taux de pauvreté n’ont pas augmenté en 2013 et 2014, la donne a été changée en 2015, selon les projections de l’agence, en 2015 le taux de pauvreté régional a atteint 29,2 pour cent (contre 23,3 pour cent en 2014), ce qui équivaut à 175 millions de personnes pauvres, tandis que le taux d’indigence est de 12,4 pour cent, soit 75 millions de personnes.

Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Jorge Familiar, a affirmé que le Pérou avait connu une transformation sociale reflétée dans la réduction de la pauvreté et a exprimé le soutien de l’institution financière internationale pour l’intégration du pays à l’OCDE.

« Le Pérou a subi une profonde transformation sociale, le pays a bien réussi dans la réduction de la pauvreté, l’expansion de la classe moyenne et l’amélioration des conditions de vie des citoyens », a -t-il souligné au forum 2016 de l’OCDE.

La Banque mondiale a exprimé par contre sa surprise et sa préoccupation devant le taux de pauvreté de 32,2% en Argentine, mais elle a salué les autorités du pays sud-américain qui après des années de silence a accepté de fournir des statistiques transparentes.

« Le taux de pauvreté est à la fois surprenant et inquiétant », a déclaré le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, se référant à ce chiffre en ajoutant « mais ce qui est positif c’est que l’Argentine s’est engagée à fournir à nouveau des statistiques de manière transparente ».

L’indice de pauvreté est également plus élevé par rapport à voisins sud-américains. En Amérique du Sud, seul le Venezuela serait proche de ces chiffres alarmants, selon des chiffres officiels, il atteindrait 33,1% en 2015, bien que des organismes privés l’estiment à plus de 70%.

Selon les derniers rapports sur la pauvreté de la Banque mondiale, la pauvreté générale en Amérique latine impactait 23,3% de la population en 2014.

En 2014, la Colombie possédait un taux de 28,9%, suivi par le Mexique avec 27,5% et la Bolivie avec 25,9% selon des chiffres des autorités nationales.
Le pays avec l’indice le plus bas est le Chili avec 11,7%, en 2015, selon les derniers résultats de l’enquête CASEN. Pendant ce temps, la pauvreté en Amérique centrale a atteint 41,8% de la population, la situation se détériore étant donné les problèmes liés à la violence, au crime organisé et aux dommages du trafic de drogue, en particulier dans les pays du Triangle du Nord en Amérique centrale (Guatemala, Honduras et El Salvador).

L’Amérique latine et les Caraïbes, une région de « forte inégalité » a fait preuve depuis 2003 « de progrès soutenus considérables » pour réduire la pauvreté, cependant les progrès à long terme dans la réduction des inégalités en Amérique latine a été limitée, et en fait, la récente tendance à la baisse semble se ralentir.

La Banque mondiale recommande d’investir dans le développement de la petite enfance, les soins de santé, l’éducation, les programmes de microfinance et l’amélioration de l’infrastructure rurale.

L’un des points mis en évidence cette année par la Banque mondiale c’est que l’Amérique latine est non seulement parvenue à augmenter son volume d’exportation, mais elle voit aussi le développement de nouveaux produits avec une qualité supérieure, des prix et des catégories plus élevés avec un plus grand potentiel.

La Banque mondiale a pour but de réduire l’extrême pauvreté (ceux qui vivent avec moins de 1,90 $ par jour) de 3% en 2030, dans cette optique elle étudie les différentes lignes de cette situation dans la région.

Les responsables du FMI ont exprimé leur déception relative au taux de croissance mondiale faible et a averti d’une éventuelle stagnation de l’économie mondiale a donc exhorté à renforcer les réformes dans les pays développés et en voie de développement.