equateur23102016

Pour l’Église catholique romaine, le 2 novembre correspond à la Commémoration des fidèles défunts, célébration des morts par des messes, en particulier pour les défunts de l’année écoulée. Dans une grande partie de l’Amérique latine, le jour des Morts est une journée marquée par le syncrétisme culturel et religieux, c’est le cas en Équateur, où l’hommage aux disparus s’exprime par différentes traditions y compris alimentaires, avec la confection et la dégustation de « guaguas de pan », de petites brioches décorées d’un glaçage. En Équateur, la préparation des repas a été un moyen, on le constate encore aujourd’hui, de préserver et de faire perdurer la culture vivante de leurs communautés ancestrales.

Les « guaguas de pan »( bébés en pain), en raison de la forme évoquant des bébés emmaillotés, sont les éléments centraux de la célébration, bien que les historiens diffèrent pour expliquer leur symbolisme et leur origine. Dans les cultures du monde entier, certaines dates sont destinées à commémorer les morts et à célébrer leur mémoire. La culture andine et en particulier la culture quechua en Équateur et Pérou, on célébrait le « Ayar Marca » (le mois des morts), qui coïncide avec la fête catholique, un bel exemple d’un syncrétisme né de la Conquête.

Certains considèrent que les natifs équatoriens ont adopté cette coutume avec l’évangélisation imposée par la Couronne d’Espagne pendant la Conquête et la Colonisation, bien que le rite varie selon les communautés, dans certains cas, la nuit avant le 2 novembre, les indigènes viennent se recueillir sur les tombes afin de partager la journée avec les défunts. Dans le cas des petits pains, certains spécialistes en Histoire, affirment que, l’Église catholique ayant puni les natifs sous l’ère inca pour déambuler lors de cérémonies avec les corps momifiés de leurs ancêtres (comme leurs « caciques »), ils ont commencé à utiliser des produits tels que le blé pour faire ces pains anthropomorphes en souvenir de leurs morts.

Sur tout le territoire équatorien, il y a une grande variété de coutumes, de croyances et de manières de commémorer la famille et les amis qui ont perdu la vie. Plusieurs études mentionnent que le culte des morts est une pratique des ancêtres précédant l’arrivée des conquistadors qui se tenait fin octobre au moment de l’équinoxe.

Chaque communauté du pays sud-américain a ses propres traditions et croyances, en accord avec ses racines et sa vision du monde aussi appelée cosmogonie. La Colada morada est une tradition unique des peuples autochtones de l’Équateur. La boisson est préparée pour le 2 novembre afin de commémorer la Journée des Morts et elle symbolise le deuil, on dit que les anciens peuples visitent leurs morts ce jour-là. Ils mangent sur les tombes et parlent avec les morts de tout ce qui leur est arrivé dans l’année.

La Colada morada est une boisson pouvant être consommée froide ou chaude contenant des ingrédients typiques des hauts plateaux équatoriens avec de la farine de maïs, de la cannelle, des fruits comme les mûres et myrtilles qui fournissent la couleur pourpre, elles accompagnent les petites brioches.

Les communautés autochtones de la région andine, en particulier dans les zones rurales, y compris dans la province de Tungurahua, sa consommation a lieu au cimetière, ce qui permet de sceller les retrouvailles avec ceux qui s’en sont allés.

Pour les habitants de la côte, el Día de los Difuntos , marque une date permettant de maintenir les traditions religieuses autochtones qui évoquent ceux qui ont entrepris leur voyage vers l’éternité.

Dans les cimetières de Guayaquil et d’autres zones rurales de la province de Guayas, les familles affluent avec des musiciens et des mariachis qui chantent la sérénade au défunt. Et s’ils n’ont pas les moyens de louer leurs services, ils viennent avec une radio pour mettre de la musique au défunt.

Les proches affluent vers les cimetières avec des bougies pour éclairer les tombes. Les communautés autochtones ont l’habitude d’apporter des vivres, à Shiramentsa, la communauté Shuar Morona Santiago, par exemple, déguste la chicha, une boisson à base de maïs fermenté.

Les repas sont variés. Par exemple, à Ibarra (Imbabura), en plus de la traditionnelle colada morada y guaguas de pan, on porte un plat à base de poulet, cochon d’Inde, des œufs et des haricots. À Pucayacu Pastaza, les communautés andoa et kichwa consomment de la viande de tapir rôtie.