bolivie25102016

Les natifs vont-ils encore être les victimes de grands projets d’exploitation qui vont à l’encontre de la protection de leurs droits reconnus par l’OIT ? En tout cas, en Amazonie bolivienne, les indigènes s’inquiètent sérieusement au sein du parc Madidi, situé au nord-ouest du département de La Paz, alors que se déroulent des activités de prospection pour mettre en place une centrale hydroélectrique à El Bala, et que les premiers forages aient eu lieu sur ce territoire sans aucune consultation préalable.

Valentín Luna, président de la fédération des communautés des fleuves Quiquibey et Beni, a rapporté la réalisation d’activités de forage et le profond mécontentement de la communauté autochtone qui a déjà fait savoir qu’elle s’opposait totalement à ce projet et qu’elle souhaitait le retrait total de la machinerie déployée sur place.
Les communautés sont déterminées à réaliser une réunion d’urgence pour décider quoi faire en réponse à un droit de consultation préalable, libre et éclairée, visiblement bafouée par le gouvernement d’Evo Morales, alors qu’il est inscrit dans la Constitution et dans la Convention 169 de l’OIT.

Lors d’une réunion du conseil des chefs de l’Organisation du peuple indigène Moseten (OPIM) et de la Organización de la Mujer Indígena Mosetén (OMIM), les natifs ont rejeté la construction de barrages de El Bala et de El Chepete.
Le ministre aux Hydrocarbures et à l’Énergie, Luis Alberto Sanchez, s’est engagé à respecter le mécanisme de consultation préalable pour les habitants des municipalités qui seront touchées par la construction hydroélectrique El Bala et El Chepete que le gouvernement a l’intention de dresser entre les réserves naturelles Pilon Lajas et Madidi.
Valentín Luna a souligné que les habitants de la région ont exprimé leur rejet total du projet hydroélectrique par crainte des dommages sur l’environnement.

« Le gouvernement n’a pas l’intention de nuire à l’environnement, de sorte que la consultation aurait pour but de révéler aux communautés des plans stratégiques pour protéger la flore et la faune du secteur », a affirmé le ministre.
D’autre part, le chef de Chepete a souligné que l’opposition est forte, et qu’à ce titre aucune consultation n’a lieu d’être, car le projet est d’emblée invalidé.
« Nous ne prévoyons pas de consultation parce que nous avons décidé de rejeter les projets Bala et Chepete. Nous voulons seulement que l’environnement soit respecté, parce que la faune de la flore est en danger », a-t-il ajouté.
La société d’État Empresa Nacional de Electricidad (Ende) et la firme italienne data, a signé le contrat pour la conception de l’étude technique de pré-investissement du projet hydroélectrique avec un investissement de 11,8 millions dollars.

L’impact environnemental de la construction du projet hydroélectrique d’El Bala sera « minimal », a déclaré le ministre aux Hydrocarbures et à l’Énergie, Luis Alberto Sanchez. L’autorité garantit l’élaboration de plans d’atténuation qui laisse dubitatifs les locaux. Le gouverneur de La Paz, Felix Patzi, a montré son soutien à la construction du projet qui ne fait pas du tout l’unanimité parmi les défenseurs de l’environnement. Des associations environnementales ont mis en doute le projet qui risque d’affecter les zones protégées et d’inonder les terres de certaines communautés.

Le Ministre Sanchez a déclaré que le barrage sur le Chepete entraînera l’inondation d’une zone de 773 kilomètres carrés, tandis que le projet original de 1958 envisageait de mettre sous l’eau 3800 mètres carrés. Selon le ministre, ce nouveau projet affecterait 0,79 % des aires protégées, pour la Fondation Solón 2 314 personnes vivent sur cette zone potentiellement inondable.

Le complexe hydroélectrique est en phase de conception finale grâce à une subvention de la Société nationale de l’énergie, Sanchez a fait remarquer que l’hydroélectricité est la première source d’énergie propre dans le monde, en rappelant qu’il est essentiel de réduire la consommation de gaz en interne pour exporter davantage et favoriser l’industrialisation sur le territoire.