bolivie28102016

Le président bolivien Evo Morales a obtenu un prêt sur 30 ans de 77,3 millions de dollars de la BID pour procéder à l’assainissement du lac Titicaca, « le Titicaca est malade », a déclaré Morales à la cérémonie qui s’est tenue au palais présidentiel dans la ville de La Paz.

8,4 millions, sur un total de 85,7 millions, sont un apport de l’Union européenne, comme l’a souligné séparément la ministre de l’Environnement Alexandra Melandri et aussi le président de la Bolivie, ce dernier a d’ailleurs noté que le prêt accordé par la BID est « très doux », avec un taux d’intérêt annuel de 0,75 %, et il a également remercié le don de l’UE visant à « prendre soin » du lac Titicaca » souillé par la pollution.

La priorité est maintenant de soigner le « lac sacré » de la civilisation inca, le président de la Bolivie a noté que les efforts doivent se concentrer sur les usines de traitement d’eau de la ville d’El Alto, qui sont en mauvais état, et se déversent de façon insidieuse dans le célèbre lac d’altitude.

À son tour, le représentant de la BID en Bolivie, Alejandro Melandri, a décrit le lac comme un « lieu très précieux pour le tourisme » tout en étant fondamentalement « une source de vie et de développement pour des milliers de personnes dans la région ».

« Cette opération a pour objectif général de contribuer à la décontamination du bassin du Katari et par conséquent du lac Titicaca Menor à travers la mise en œuvre d’un modèle de gestion intégrale du bassin, la hausse de la couverture de l’assainissement, le traitement des eaux usées, l’élimination des déchets solides urbains et d’autres soutiens qui permettent la gestion des bassins et la durabilité de services », a-t-il ajouté.

Les principaux facteurs de pollution dans le lac de 10 000 kilomètres carrés, partagé entre la Bolivie et le Pérou à la frontière andine, sont les eaux usées rejetées en particulier celles de la ville d’El Alto. Le lac binational perché à 3812 mètres d’altitude a souffert divers degrés de dégradation. Le Pérou a récemment annoncé une enquête sur la mort de quelque 10 000 grenouilles géantes dont l’habitat est le lac, ces décès sont attribués à une pollution d’une rivière qui se jette dans ses eaux. Les premiers enregistrements de décès de masse de grenouilles dans la région ont commencé en 2008, mais il s’agit là d’un record.

Confrontés à cette situation, les écologistes et les citoyens ont lancé un appel aux gouvernements du Pérou et de la Bolivie, pays partageant le lac Titicaca, pour élaborer un plan de conservation commune avant que ne se produise une catastrophe irréversible. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a placé cette espèce d’amphibien en danger critique d’extinction en 2004.

Des études menées au cours des dernières années rendent compte de l’élimination progressive de ces amphibiens dans la région.

La grenouille géante Titicaca se caractérise par sa grande taille et les plis de sa peau, pour préserver cet écosystème unique autour du lac, la ministre de l’Environnement et de l’Eau, Alexandra Moreira, a déclaré que l’une des tâches essentielles est la mise en oeuvre de 13 stations d’épuration dans les municipalités situées à proximité du bassin Katari, et la mise en œuvre de 11 décharges.

« C’est un crédit accordé avec un très faible taux d’intérêt. C’est une obligation des autorités de soigner ensemble, non seulement le lac, mais aussi la Terre mère. Maintenant, c’est le moment d’un important travail de décontamination si nous voulons, sauver le Titicaca », a affirmé, Moreira.

Le Programme d’assainissement se compose de quatre éléments : le premier consiste à « l’assainissement et le traitement des eaux usées domestiques » ; le second a pour but une « Gestion intégrée des déchets solides dans le bassin du Katari », le troisième consiste au « Renforcement de la gestion du bassin du Katari », et le quatrième est en relation avec les « Études d’actions stratégiques pour la gestion du bassin du Katari ».