mexique10112016Le gouvernement du Mexique a été clair et a réitéré son point de vue en réaffirmant, après les résultats de l’élection présidentielle aux Etats-Unis qui ont sacré le républicain Donald Trump à la barbe des sondeurs et des spécialistes politiques, qu’il était hors de question de financer la construction d’un mur frontalier.

La ministre des Affaires étrangères du Mexique, Claudia Ruiz Massieu, a rappelé la position du gouvernement : « Le Mexique ne payera pas pour un mur, mais cherchera un espace pour le dialogue », a-t-elle déclaré.

« Notre pays va chercher des terrains d’entente avec le nouveau gouvernement des États-Unis afin de créer des opportunités pour le bénéfice des Mexicains », a déclaré Ruiz Massieu à travers son compte officiel sur le réseau social Twitter, réitérant la «volonté et la promptitude » des autorités mexicaines à travailler de façon constructive avec Donald Trump. Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères a souligné la nécessité d’une relation « diversifiée, mature et solide » entre les deux pays dans « le respect mutuel » comme « toujours ».

Peña Nieto a confirmé avoir parlé par téléphone mercredi avec Donald Trump, il l’a félicité à cette occasion pour son succès électoral. Il a appelé à des liens cordiaux, amicaux et respectueux.

« Nous avons convenu que nos équipes seraient en contact pour commencer à définir un nouveau programme de travail qui comprend des questions d’intérêt commun, telles que la sécurité, la coopération et la prospérité de nos sociétés. En accord avec cet agenda, j’ai prévu de le rencontrer de préférence pendant la période de transition (soit avant son investiture prévue le 20 janvier prochain), afin de définir clairement la direction qui sera prise au sujet de la future relation entre les deux pays », a affirmé Peña Nieto.

Le président du Mexique a également déclaré que les réunions avec Donald Trump seront marquées par le respect mutuel tout en soulignant :
« J’assure corps et âme œuvrer pour le bien-être et les droits des Mexicains, où qu’ils soient », a déclaré Peña Nieto. L’homme d’affaires américain devenu chef d’État n’avait pas hésité durant la campagne à qualifier les migrants mexicains de « criminels » et « violeurs » et avait promis de protéger la frontière avec un mur.

« Avec le triomphe de Trump, un nouveau chapitre s’ouvre dans la relation entre le Mexique et les États-Unis, cala implique un changement, un défi, mais aussi une grande opportunité », a affirmé le chef de l’Etat mexicain en précisant: « Nous sommes d’accord sur le fait que nous devons travailler sur une relation de confiance et un avenir commun ».

Au cours de la période de la campagne présidentielle américaine, le peso mexicain a été particulièrement touché. Mardi soir, son cours est tombé à 20,7 pesos par rapport au dollar avant de se redresser légèrement. Jusqu’à présent, le peso mexicain a perdu plus de 15% de sa valeur et il est considéré comme la monnaie avec la pire performance au cours des deux dernières années.

Les autorités mexicaines ont décidé de ne pas prendre des mesures pour soutenir le peso, la monnaie nationale, bien qu’elle ait enregistré une chute historiques durant la nuit des élections américaines. Le ministre des Finances Jose Antonio Meade, et le gouverneur de la Banque du Mexique Agustin Carstens ont annoncé, lors d’une conférence de presse, qu’ils examinent en permanence l’évolution de l’environnement financier avant de prendre des décisions.

Le Mexique exporte à hauteur de 80% aux États-Unis et les menaces américaines de Trump de renégocier l’accord de libre-échange entre les deux pays a généré une incertitude sur les performances économiques futures du pays.

« Payer pour un mur est hors de notre vision. Notre vision est une vision d’intégration, voir la façon dont le Mexique et les États-Unis, en travaillant ensemble, soient plus compétitifs », a déclaré Claudia Ruiz Massieu.

Le Mexique est le principal partenaire commercial de l’Accord de libre-échange nord-américain et, une pierre angulaire de cette relation que le 45e président de la République prétend renégocier.

« Le changement peut créer de l’anxiété, mais comme je l’ai dit à plusieurs reprises, j’ai confiance, notre relation est solidement ancrée dans les valeurs et les intérêts que nous partageons », a tenu à préciser l’ambassadrice américaine au Mexique Roberta Jacobson.

À la fin août, Peña Nieto avait, contre toute attente, reçu Donald Trump à la résidence présidentielle de Los Pinos, ce qui avait déclenché une vague de critiques en raison du discours anti-migrant du candidat républicain. En juin, en pleine campagne, le candidat américain avait lancé : « Quand le Mexique nous envoie ses gens, ils n’envoient pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problème. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs… Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note. Ils se moquent de nous, de notre stupidité. Et maintenant ils nous battent économiquement. Ce ne sont pas nos amis, croyez-moi ».

Autant dire que la communauté internationale attend de voir comment les relations bilatérales entre les deux pays nord-américains vont évoluer au cours des prochains mois.